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Melchior NDADAYE, Héros de la Démocratie & Prince Louis RWAGASORE, Héros de l’Indépendance

Feu Cyriaque SABINDEMYI, premier président de l'ARIB asbl


 

Umusambi (grue couronnée)

Sites touristiques

La Source du Nil : Petite pyramide à la fois indicative et commémorative, au sommet du mont Gikizi, à 2.145 mètres d'altitude. C'est au pied de cette montagne que surgit, d'abord frêle et timide, la source la plus méridionale du Nil, découverte en 1934 par l'explorateur allemand Burckhard Waldecker.

Pyramide "Source du Nil"

 

Au sud-est du Burundi, dans la province de Rutana, commune de Mpinga-Kayove, sur  la colline de Shanga, se trouvent les chutes et la grotte de Karera. Karera est constituée de quatre chutes d’eau qui sont d’une hauteur variant entre 30 et 60 mètres.

Les chutes de Karera

 

La Faille de Nyakazu, située en province de Rutana dans le Sud-Est du Burundi. L'histoire de cette faille débute en 1914, au début de la Première Guerre mondiale, Nyakazu était un poste militaire allemand construit pour contrôler toute la partie orientale du pays. Le plateau de Nkoma sur lequel il a été édifié aurait été, dit-on, entaillé par les bottes des soldats allemands en fuite devant les forces belges.

La "Faille des Allemands"

 

La "Pierre Stanley et Livingstone" à Mugere où l'explorateur Stanley rencontra le célèbre savant Livingstone le 25 novembre 1871.

Pierre 'Stanley-Livingstone

Les informations contenues dans les articles publiés sur ARIB.INFO ne reflètent pas nécessairement les vues de l’Association ou de ses membres. [La Rédaction] – « Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai pour que vous ayez le droit de le dire. » [Voltaire]
Hommage au commandant du camp Kamenge disparu en octobre 1965 Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Opinion

@rib News, 29/10/2009

Honneur à toi,

Commandant[1] du camp militaire de l’Ecole Normale de l’Etat  en Octobre 1965, actuel camp Kamenge

- Au fil des morceaux de souvenirs -

Transmission de Mémoire et Contribution à la Commission Vérité.

Par Rose Ntwenga, le 29 octobre 2009

Commandant,

Je ne me souviens pas de ton nom.

Mais, ma sœur Honorata et moi, avons été tes demoiselles d’honneur à ton mariage.

Tu as disparu depuis octobre 1965.

Toutes les péripéties de tes derniers instants nous ont été relatées.

Plusieurs choses étaient à retenir.

Je ne me souviens plus exactement de tout.

Beaucoup de mensonges ont été, aussi, racontés depuis.

En ton absence, des années après, ton épouse a traversé des difficultés.

Elle est venue demander de l’aide.

Au lieu de l’aider et  de comprendre,

Mon père, Venant Ntwenga, a gesticulé,

Avant tout, exaspéré par son  triste état.

C’est à ce moment que les hommes qui se reconnaissent en toi,

Qui ne t’ont pas oublié,

Ont rappelé que j’étais « ta fille[2] ».

Je ne devais pas l’oublier.

Commandant,

Je me souviens, de « leur » insistante requête que tu es venu confier à mon père.

Tu appréhendais de parler à l’instructeur belge des « Défenseurs aux pieds nus », descendants de ceux qui, jadis, avaient résisté face aux raids esclavagistes.

Pour toi, c’était très folklorique.

Ils étaient insatisfaits de la parade de la fête de l’Indépendance du 1er juillet 1962.

Le dépositaire des « Défenseurs aux pieds nus »  rappelait avec force :

- Nous avons défendu l’Entité Burundi à pied !

Ils te reprochaient d’oublier que « Tous avaient marché pieds nus des kilomètres et des kilomètres pour aller à l’école. 

Tous savaient  prendre soin de leurs pieds par une connaissance des plantes antiseptiques,

Celles à cueillir au bord des routes et des sentiers,

Ainsi que les épines appropriées pour extraire et panser les chiques. »

- Même si c’est folklorique, avait constaté mon père, il faut l’exposer à l’instructeur belge tel quel.

L’un des dépositaires des « Défenseurs aux pieds nus » insistait.

Il nous (ma sœur Honorata et moi) avait fait dessiner à même le sol.

Nous devions reproduire les Invisibles,

Les animaux, (des chiens en particulier)

Les oiseaux de diverses variétés,

Des femmes et des enfants, tous mêlés et pieds nus,

Les tenues d’apparat, …

A part, quelques peaux de léopard,[3]

Je ne me souviens pas des autres tenues.

A l’adresse du Commandant,  le Défenseur s’était étonné : 

- Comment se fait-il que les adultes ne comprennent pas ce que les enfants matérialisent facilement ?

Pour Honorata et moi, le Défenseur décrivait une fancy-fair ou un  carnaval.

Tu t’es exclamé :

- Si j’ai des enfants, je veux qu’ils soient comme vous ! 

C’est farfelu.

Mais, le récit m’est revenu ainsi.

… Il a été question d’une école d’infanterie.

Une école pour apprendre à marcher et  à porter un paquetage !

Les ancêtres n’ont fait que courir pour contenir les assauts des raids esclavagistes.

Les filles et les garçons auront à prendre des décisions, les mêmes.

- S’il faut une école, déclarait le « Défenseur », ce serait une école pour manier le fusil.

Le fusil, celui qui Crachote ( Icuma Cira-cira)

Celui de l’Averse ( Icuma Tasura)

Celui du Tremblement de terre ( Icuma Gigima).

Honneur aux « défenseurs aux pieds nus »

Les « Défenseurs aux pieds nus », aux côtés d’autres personnes, avaient assuré la protection du 135 et 136 de l’Ocaf le 30 juin 1962[4].

Mon tuteur, Daniel Mpfanuguhora m’avait conduit les saluer avant le départ pour l’aéroport d’Usumbura.

Avec eux, je récite :

Nous survivrons.

Et, nous vivrons du mieux que nous pourrons.

Par delà les frontières,

Nous serons là.

Nous survivrons.

Par delà la vie,

Nous survivrons.

Nous vivrons.

(…)

J’ai fouillé dans mes souvenirs sans retrouver le nom de l’un des « Défenseurs aux pieds nus »

Pourtant, à chacune de leurs apparitions, c’était le signal d’un vrai problème.

Gardiens de la mémoire, « Défenseurs aux pieds nus », « Invisibles »  se succédaient au 135-136 de l’Ocaf sans se télescoper. Ils venaient avec des instructions sur tout et n’importe quoi (parfois de l’apparemment très banal) dont eux seuls comprenaient l’importance et l’urgence.

Je me souviens avec exactitude de leurs exigences et des remarques pertinentes sur tous, y compris sur mon père.

- Nous ne parlons pas des mêmes personnes, répondait toujours mon père.

 Dans le même sens que lui, Lazare, l’employé de maison, doutait tout haut et trouvait leurs recommandations excessives.

- Tu fais ce qu’ils ont dit, ordonnait mon père.

Ils demandaient que les filles ne parlent pas swahili en leur présence.

Il avait fallu insister.

- Le swahili est une langue comme une autre, avait expliqué mon père.

- Pas pour eux.

Eux, par contre,  quelques mètres plus loin, communiquaient dans un parfait swahili.

De temps en temps, certains parmi eux récitaient :

« Dans la boue,

Comme dans la poussière,

Nous marcherons.

Sur l’arbre,

Nous grimperons,

Tout près d’un autre arbre,

Tu deviens un arbre comme lui ( Ugeze ahari igiti, uca uba igiti nkaco) ».

Commandant, honneur à Toi.

 J’évoque deux des discussions, tenues à Kamenge, pour entretenir le souvenir du Disparu[5].

Première discussion

Lors de ces séances de discussion et mémorisation avec quelques uns des adolescents de mon groupe d’âge après le génocide de mai et juin 1972, les commentaires allaient bon train.

Comment incorporer l’Hommage aux anciens sans casser le rythme de la parade militaire ?

Comment le Commandant aurait pu le présenter à l’instructeur belge ?

Fallait-il disposer les « Défenseurs aux pieds nus » et leur cortège comme dans une pantomime sur un engin motorisé.

Les uns pourraient porter la coiffe du Lion et les autres mimer la bravoure du Singe ou la danse de l’Aigle …

Nous avons tenté de trouver une explication sur la présence des oiseaux au cours d’une parade militaire traditionnelle.

Nous n’avons pas trouvé un sens qui soit conforme aux connaissances modernes de la science militaire.

Cependant, les vétérinaires décrivent certains animaux comme sentinelle de la nature. A leur comportement, on peut y déceler les signes avant coureurs de l’éruption d’une maladie, d’un changement climatique…

A défaut de précision, finalement, cette parade des Anciens telle que racontée par les gardiens de la mémoire et les dépositaires des « Défenseurs aux pieds nus » est, pour moi, la plus belle de toutes les parades.

Puis, la Révolution du 28 novembre 1966 a eu lieu.

Pour fêter le premier anniversaire de l’avènement de la Première République, le major Thomas Ndabemeye (le Buffle) l’a fait préparer avec soin.

Il s’est exclamé avec emphase : « Les Bouviers ont tronqué le bâton de berger pour le fusil. Ils marcheraient au devant de leurs hommes pour la parade militaire de 1967 »

Les hommes du major Ndabemeye ont marché au pas, fiers, d’avoir débarrassé le pays des princes et consorts.

Ils ont porté des chaussures, des habits neufs avec plis apparents…

Mais, nulle trace d’hommes aux pieds nus.

Sans avoir lu les grands stratèges chinois, c’est à contre-emploi, que le Buffle a excellé.

( …) 

Deuxième  discussion

Les syndicalistes[6] de Kamenge massacrés en janvier 1962  étaient liés aux gardiens de la mémoire.

- Nous avons compris, avaient déclaré les dépositaires.

Au cours d’une courte cérémonie empreinte de recueillement à l’Ocaf en 1963, ils avaient expédié le souvenir de l’un d’eux. Peu après sa disparition, un fils était né.

« Il l’aurait appelé Rubens »

Il aurait dessiné.

Tout en devisant sur les qualités du regretté disparu, le petit comité en conciliabule écoutait les remarques des « Défenseurs aux pieds nus » et des Gardiens de la mémoire.

- Vous ne comprenez pas ce qui vous arrive. « Ils » (que vous considérez comme vos amis) vous ont désigné comme un problème à votre insu.

C’est la pire déclaration de guerre.

Les enfants doivent être mis au courant parce que des choses désagréables sont dites et entreprises contre vous.

Vous avez beaucoup de mal à vous en rendre compte.

Les « Défenseurs aux pieds nus » reprenaient les gestes de réorganisation de l’entité familiale et sociale, survivance des réflexes de repli et de résistance du temps des raids esclavagistes.

Les Bâtisseurs n’iraient pas voir la mère de Rubens.

Les gardiens de la mémoire, de leur côté, s’en chargeraient. De toutes les façons, avec les menaces ambiantes, ils n’auraient jamais le temps de rien faire.

Puis, tous assis en cercle, sur un genou replié, ils avaient chanté les yeux fermés un chant particulier avec les trémolos dans la voix.

Un chant bourdonnant.

Commandant, que ton honneur te soit rendu.

En 1976, un de ses hommes est venu me demander de lui choisir un surnom. ( …)

Aujourd’hui, je demande que le nom du commandant  soit cité en entier.

Il est souhaitable de retrouver, au minimum, l’une des photos de son mariage, prise par le photographe Kasuku ou Ndongozi pour preuve de son passage sur terre.

Je demande que la cour martiale qui a ordonné des condamnations et des exécutions  immédiates rende publique aujourd’hui la pertinence de ces décisions.

Je demande que la réhabilitation du commandant du camp de l’E.N.E. en poste en octobre 1965, mon « père selon la tradition », soit enclenchée.

La création de la Commission Vérité donne l’occasion à la société burundaise d’entreprendre l’immense et indispensable travail de thérapie collective.

Ce témoignage contribue à sortir nos Aînés de l’oubli et de la négligence.

Rose Ntwenga.

Montpellier, le 29 /10/2009


[1] 1965 (oct. 11) Aborted attempted coup by Tutsi. [le 11 octobre : tentative avortée de putsch par les Tutsi.]

Source: traduction libre d’après Warren Weinstein, Historical dictionary of Burundi, 1976

Source : Robert Cornevin : L’Année africaine, Chronologie de  1965.

-          Le 21 octobre : Un conseil de guerre, réuni à Bujumbura, condamne à mort cinq officiers de gendarmerie, deux officiers de l’Armée nationale, et vingt-sept militaires qui sont immédiatement exécutés.

-          Le 27 octobre : Exécution de sept officiers et  de deux adjudants  de gendarmerie.

-          Le  28 octobre : Exécution  de dix personnalités impliquées dans le complot : M.M Nyangoma, Directeur général du Premier Ministre ; Emile Bucumi, Président de l’Assemblée Nationale ;

-          Mirerekano, Premier Vice-Président ; Ntimpirageza, Président du Parti Populaire ; Burarame, Ministre de l’Economie ; Mayondo, deuxième Vice-Président de l’Assemblée Nationale ; Nirikana, Chef de Cabinet au ministère de l’Economie ; Ndimanya, premier Vice-Président du Sénat ; Louis Bucumi, Directeur des Impôts.

-           M. Ncahoruri, Ministre de l’Education nationale, a été condamné à la détention à perpétuité.

Le 16 décembre : Exécution de 22 condamnés (dont M. Joseph Bamina, Président du Sénat)

Rappelons que plusieurs autres personnes ont été exécutées au stade la nuit à la lueur des phares de Jeep.

[2] Dans la tradition, la demoiselle d’honneur d’un mariage est considérée comme la fille des mariés.

[3]Croquis du Mwami Mwambutsa IV (revêtu de peaux de léopard, de singe …) au début du 20ième siècle.

Source : Hallet.

[4] Date du départ de mon père pour l’Europe

[5] Au Burundi, après l’enterrement physique d’une personne, les gens (la famille, les amis, les voisins) se regroupent. Ils peuvent boire, parler, participer à des séances d’ablution (d’eau, elles ont divers sens).  C’est surtout l’occasion de revenir sur le parcours du défunt et de livrer au public une sorte de testament.

Au cours de ces rencontres,  des révélations sont faites des plus sérieuses aux plus ludiques.

A compléter par les personnes de bonne foi.

[6] (…) M. J. Nduwabike, S. Ndinzurwaha, .S. Ntawumenyakaziri et J. Bavura, ont été tués dans Usumbura. (…)

Selon les plaignants, ces assassinats perpétrés par des membres de la Jeunesse de l'Uprona ont été commis à l'instigation des autorités.  (…)

Source : voir sur le site de l’agence onusienne, le Bureau international du travail (BIT) http://www.ilo.org/ilolex le document No. (ilolex): 031966085282 : Cas(s) No(s). 282 et 401, Rapport No. 85 (Burundi): Plainte contre le gouvernement de Burundi présentée par Confédération internationale des syndicats chrétiens; Union panafricaine des travailleurs croyants

 
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