@rib News, 01/05/2010 Par Régine Cirondeye
Peuple Murundi, Peuple résilient, Ô mon peuple ! Souvenez-vous, peuple Murundi, peuple du Burundi, ma patrie. L’autre jour en 1892, sous Mwezi IV Gisabo et vous-même, en harmonie, Tippu Tip et Rumariza ont fui la canicule de votre intendance. Lorsque le traité de Versailles[2] A transpercé vos entrailles, « Warapfunywe ntiwapfuye, warahabishijwe, ntiwahababuka ! ». Avant-hier, en concert unique, vous avez escamoté votre indépendance. Hier, en un duel bien dispendieux, sans fanfare, sans cérémonie, Vous avez étreint la bouillonnante démocratie. Et aujourd’hui, en euphonie syndiquée et en habile acrobatie, Vous clamez toujours bien haut votre fiducie, suprématie et hégémonie. « Ab Imo Pectore », je m’incline devant tant de diplomatie.
Rappelez-vous, peuple Murundi, peuple du Burundi, ma patrie. Peuple résiliant et résolu, phratrie concurrente et conciliante. Vous avez jadis succombé à tant d’acrimonies humiliantes, A la privauté de vos capitaines « anacoluthes », Et à la prévarication des milices et armées almées. Mais vous vous êtes relevés comme un phénix aérolithe. Plus, pour répondre à vos craintes de survie quotidienne Mais aussi, pour ramollir vos plinthes sans complainte Et pour renouer haut et fort avec votre ego palmé mais calmé, Par instinct primaire. Sans aucune contrainte rachidienne. En rimes, je fais l’éloge de votre constante alacrité Inexplicable et inexpliquée comme votre résilience sacro-sainte. « Ab Imo Pectore », j’exhorte votre vitalité. Accrochez-vous peuple Murundi, peuple du Burundi, ma patrie Vous savez détecter les galimatias pouacres et logomachies étincelles Ceux-là même qui ont fait que le Burundi chancelle. « Motu proprio ». Des milliers de héros nationaux et familiaux, C’est plus qu’assez. Et c’est primordial de rester tous verticaux. Puisez dans votre stock inépuisable de résilience, La force de naviguer à bon port durant ces cycles d’obédience Ils sont, heureusement, bien éphémères, Mais sont émérites de laisser à nous tous des saveurs bien amères. Tenez bon peuple Murundi, peuple du Burundi, ma patrie Aujourd’hui, comme vous, je suis bien angoissée Par tant de sonneries d’alarmes dévissées Durant ces phases prodromiques Et ces écrémages de nos satrapes souvent dogmatiques. Célébrez. Plus que vous et moi, les échansons sont hérissés, Ils sont incapables de prédire la direction de votre boussole électorale. Demain, au moins un des dieux ne sera plus le dieu de notre sapience, D’autres ou les mêmes reviendront en dieux ou demi-dieux plus vissés. Durant leurs euphories et/ou folies successorales, Je croirai toujours en vous mon peuple, en votre force et en votre résilience. « Ab Imo Pectore », cette prière est aussi la leur. Que le Dieu œcuménique et omniscient qui passe la journée ailleurs, Continue de rentrer au Burundi chaque soir pour protéger nos valeurs Contre les habitudes, désuétudes, turpitudes et fureurs D’avant, durant et d’après les élections. Ces dernières sont notre ultime lueur. Le peuple Murundi et moi y croyons avec vigueur. Comme toujours, la résilience de mon peuple est espoir, Savoir, miroir, abreuvoir, accoudoir et même perchoir. « Ab Imo Pectore », l’écrire c’est notre devoir. Régine Cirondeye, Mai 2010, Ottawa, Canada
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