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Melchior NDADAYE, Héros de la Démocratie & Prince Louis RWAGASORE, Héros de l’Indépendance

Feu Cyriaque SABINDEMYI, premier président de l'ARIB asbl


 

Umusambi (grue couronnée)

Sites touristiques

La Source du Nil : Petite pyramide à la fois indicative et commémorative, au sommet du mont Gikizi, à 2.145 mètres d'altitude. C'est au pied de cette montagne que surgit, d'abord frêle et timide, la source la plus méridionale du Nil, découverte en 1934 par l'explorateur allemand Burckhard Waldecker.

Pyramide "Source du Nil"

 

Au sud-est du Burundi, dans la province de Rutana, commune de Mpinga-Kayove, sur  la colline de Shanga, se trouvent les chutes et la grotte de Karera. Karera est constituée de quatre chutes d’eau qui sont d’une hauteur variant entre 30 et 60 mètres.

Les chutes de Karera

 

La Faille de Nyakazu, située en province de Rutana dans le Sud-Est du Burundi. L'histoire de cette faille débute en 1914, au début de la Première Guerre mondiale, Nyakazu était un poste militaire allemand construit pour contrôler toute la partie orientale du pays. Le plateau de Nkoma sur lequel il a été édifié aurait été, dit-on, entaillé par les bottes des soldats allemands en fuite devant les forces belges.

La "Faille des Allemands"

 

La "Pierre Stanley et Livingstone" à Mugere où l'explorateur Stanley rencontra le célèbre savant Livingstone le 25 novembre 1871.

Pierre 'Stanley-Livingstone

Les informations contenues dans les articles publiés sur ARIB.INFO ne reflètent pas nécessairement les vues de l’Association ou de ses membres. [La Rédaction] – « Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai pour que vous ayez le droit de le dire. » [Voltaire]
Rose Ntwenga : "le temps de la Restitution est arrivé" Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Opinion

@rib News, 05/11/2012

Dix-sept ans après l’enlèvement de Djuni, le 5 octobre 1995.

Injustice et Barbarie au Burundi.

Contribution à la Commission Vérité et au Mécanisme de Justice transitionnelle.

Montpellier, le 4 novembre 2012.

Par Rose Ntwenga.

Félix Ntwenga junior, dit Djuni, mon demi-frère a été enlevé à Bujumbura le 5 octobre 1995, par de jeunes hommes de sa connaissance, dans le quartier de Buyenzi, tout près du marché de Ruvumera. Après que l’un des ravisseurs l’ait désigné du doigt, d’autres jeunes[1] l’ont sorti du lot des passagers du bus pour le conduire au quartier de Bwiza. C’était à l’adresse de Bosco Sindihebura, dit Cehusi, mon demi-frère du côté de ma mère, Marcelline Ndikumana.

Arthur Nshimiye, l’ami de Djuni, avec qui il partageait la navette, a assisté médusé à la scène. Il a eu la présence d’esprit de ne pas faire de commentaires dès les premiers ordres en vue de l’enlèvement. Par contre, il s’est empressé de retourner à Katumba avertir ma nièce, Espérance Nahimana, de la situation impensable en cours. Elle devait convaincre son oncle Cehusi de laisser la vie sauve à son autre oncle[2]. Malgré toutes les demandes répétées de ma nièce, Djuni n’a plus réapparu au grand jour et son corps n’a jamais été retrouvé. Une  situation très difficile à revivre se présentait à nouveau pour la famille de Venant Ntwenga.

Après les fusillés du 21 octobre au 31 décembre 1965, ceux de décembre 1969, les innombrables exécutions arbitraires d’avril 1972 à la fin de l’année 1973,[3] ces pratiques de maltraitance des corps des individus sont insupportables. Elles durent dans le temps, et se sont poursuivies, y compris jusqu’aujourd’hui, sans véritablement heurter les consciences de façon intelligible.

A l’évocation de ce cas familial de « personne disparue » en 1995, je félicite les membres du personnel de la Croix Rouge internationale au Burundi, qui, deux années plus tôt en octobre 1993, ont pesé sur les décisions initiales des putschistes. Ces derniers ont été contraints, à leur demande, d’exhumer le corps du président Melchior Ndadaye, enfoui à la sauvette à l’intérieur du camp militaire[4] des parachutistes dit « camp Muha ». J’ai également une pensée pour  les nombreuses personnes d’origine Hutu disparues en 1994 victimes des opérations dites « Ville-Morte » dont les auteurs mènent, depuis ces crimes, une vie tranquille dénuée de la sensation d’avoir commis un délit.

A l’occasion du dix-septième anniversaire de l’enlèvement de Félix Ntwenga et lors de la cérémonie de son deuil, quelques explications sont présentées au grand public dans un souci de respect élémentaire dû aux disparus, surtout dans ces circonstances, et au rappel, dans le cadre de la commission Vérité, de l’injustice et de la barbarie qui les[5] a frappés.  Elles sont la conséquence des décisions prises par un groupe de personnes dont des Ba Hima dit Tutsi (Burundais comme Rwandais) pour s’accaparer, par tous les moyens, la gestion du pouvoir et des biens d’innombrables personnes du Burundi à leur profit exclusif, officiellement depuis 1966. Ce groupe informel, tapi dans l’ombre des cercles de décisions légitimes, avait entrepris dès les années 50, une véritable guerre silencieuse contre les familles[6] principalement d’origine Hutu afin d’en détruire la cohésion. Par l’intrusion de femmes placées avec une descendance programmée à leur solde et en créant un code de relation artificiel, la portée des actions politiques ou sociales des personnes ciblées était amoindrie, à défaut d’être anéantie. Entretemps, avec cette disposition, la famille demeurait constamment parasitée par une série de tracas insensés. C’est le procédé de  « l’ichneumon[7] ».

A l’attention de l’ancien exilé Tutsi rwandais, receleur de la maison de Venant Ntwenga, mon père, sise au 112-113 du quartier de Cibitoke (Zone urbaine) et des initiateurs du système de spoliation consécutif au Conseil de guerre du 6 mai 1972, je leur annonce que cette parcelle appartient à Valère Ntwenga. Cette modeste parcelle deviendra, en concertation avec lui, le lieu de Mémoire de l’ensemble des disparus, bénéficiaires de la distribution des parcelles par Venant Ntwenga[8] à partir de 1968 dans cette partie de la ville de Bujumbura.

Quarante ans après l’arrestation de Venant Ntwenga sur ce même lieu[9], le temps de la Restitution est arrivé.

Rose Ntwenga.

Montpellier, le 4 novembre  2012.

ANNEXE :

SERIE DE COURRIERS & GALERIE DE PORTRAITS

A PROPOS DE L’ENLEVEMENT DE FELIX JUNIOR NTWENGA, DIT DJUNI.

  • Extrait de la lettre de R. Ntwenga à Père C. Marano, Kamenge, les 4 et 6 octobre 1995

(…) Merci Père de rester, de garder cette conviction qu’il faut continuer à témoigner malgré l’épreuve dramatique que vient de subir votre communauté. Voyez ici l’expression de mon estime et de ma reconnaissance. (…) 4 octobre 1995

(…) Alors que j’ai écrit ces mots il y a deux jours, et que j’en étais à penser combien il va devenir de plus en plus difficile de réconforter, voilà à mon tour que je viens de perdre mon frère Kwizera Félix Juni. Il a été lynché à Bwiza hier à midi. On n’a pas encore retrouvé son corps. Ayez une pensée pour lui au cours de vos offices religieux. Il était tailleur, 30 ans, habitait à Kavumu 19 (la maison a été brûlée). Sa vie a été identique à celles de tous les artisans du quartier, avec pour tout bagage et pour tout horizon, Kamenge. (…) 6 octobre 1995

  • Transcription entretien téléphonique entre R.Ntwenga et J. Mujiji, 6 octobre 1995

(…) je viens d’appeler Mujiji de la Ligue. Il m’a confirmé la mort puis m’a donné les détails. Ngo, l’enlèvement yabaye mu Buyenzi au niveau du marché de Ruvumera. Ngo bamutwara mu Bwiza 5e avenue puis Ijabe. Ngo, les tueurs sont connus, ce sont Aimé et Dico, des amis de Cehusi. Kandi, ngo bagarutse kumurondera Cehusi, ngo bamwice nawe, heureusement siho yarari.

Nubu, ngo yamuhaye conseil ngo narondere ahoyinyegeza

Na Espé nawe, baramuhakije. Ngo, le procureur général a été saisi.

(…)

  • Extrait de la lettre de R. Ntwenga à H. Ouedraogo, Union inter-africaine des droits de l’Homme (UIDH), 9 octobre 1995

(…)Merci de nous conseiller sur les démarches éventuelles à entreprendre pour récupérer le corps de Djuni Félix Kwizera, de la façon de porter plainte et de demander aux autorités d’ouvrir une enquête.

Djuni Félix Kwizera, né Ntwenga Félix Junior le 2 mai 1964, à Ngagara, n° 135-136 de Mfubusa Joséphine (Décédée en 1992) et de Venant Ntwenga (décédé en 1972), résidant au n°19 du quartier Kavumu  jusqu’à la dernière opération militaire.

Concernant Espérance Nahimana, qui depuis vendredi est en danger de mort, veuillez nous indiquer comment faire pour la protéger. Elle a 19 ans et est inscrite dans un lycée. (…)

  • Extrait de la lettre 000795/95/UIDH  / Objet : Disparition du corps de Kwizera Félix Junior, de H. Ouedraogo, Union inter-africaine des droits de l’Homme à H. Abdela, représentant du S.G. de l’ONU à Bujumbura, 9 octobre 1995

 (…) J’ai été saisi par la famille de Kwizera Félix de ce que ce dernier âgé de 30 ans, tailleur de son état, a été enlevé jeudi dans la matinée à Buyenzi puis conduit à Bwiza sur la 5e avenue où il aurait été poignardé à la gorge et sur le côté. Son corps avait été déposé dans la camionnette du chef de zone. Le corps de l’intéressé a été jeté à la décharge publique du jeudi au samedi puis aurait disparu.

La Famille souhaiterait retrouver le corps pour les cérémonies coutumières. Elle souhaiterait que le corps soit déposé à la morgue. L’intéressé qui s’appelle « Djuni » de son surnom n’avait pas de problème avec les personnes de son entourage.

Résoudre ce problème, retrouver le corps du dénommé Félix Kwizera dit « Djuni » constituerait un symbole d’espoir dans le Burundi d’aujourd’hui.

Je vous prie de tout mettre en œuvre pour se faire. (…)

  • Extrait de la lettre de R. Ntwenga à des amis, 12 octobre 1995

Voici la suite de l’Histoire :

Mardi matin le 10 /10/1995, j’ai appelé Mujiji pour lui demander où en étaient les recherches. Mamès (de son côté avec son service), avait été à la mairie au service de ramassage quotidien des cadavres sans succès, sans trace d’un début d’indice sur Juni. Tiens-toi bien, Mujiji m’a dit : « Mais ton frère a été retrouvé sur l’avenue de la mort plus haut que Jabe. Les gendarmes ont enlevé son corps. Moi-même j’ai procédé à l’identification de son corps à la morgue avec Cehusi. Puis les gendarmes ont été l’enterrer on ne sait où. C’était vendredi soir. ». J’étais effondrée, atterrée. Mujiji, tu n’as pas pu me faire une chose pareille. Faire jeter mon frère dans une fosse commune.

C’était inadmissible qu’il n’ait pas envoyé un fax pour prévenir. Vous vous imaginez. Juni a été tué jeudi midi. Mujiji a aussitôt été en charge du dossier à la Ligue Iteka et n’a pas pris la peine de prévenir, mais prend la décision de l’enterrement à la sauvette ! Ca veut dire beaucoup de choses, de complicité avec les assassins, dissimulation de preuves pour l’enquête ultérieure, en tous cas, beaucoup de vilaines choses. En tant « qu’ami » [Mujiji était un de mes collègues de longue date à l’Agence burundaise de presse], c’est bizarre ce silence autour d’un événement pareil, en tant que militant des droits de l’Homme, couvrir les assassins est inouï, symptomatique de la mécanique du crime parfait, qui est bien rôdée au Burundi.

Mam’Rose tient tranquillement son stand au marché de Jabe, comme si de rien n’était. Juni n’est pas son fils. Cehusi est menacé de mort selon Mujiji. Et Philo pensait le contraire ! Priez pour eux. Je n’ose plus appeler. Je me suis mis à dos toute la Ligue. Ngo mvuga nabi… je devrai utiliser des mots plus polis. Avec mes requêtes j’ai mis toute ma famille en danger de mort. Ils risquent de se faire tuer parce qu’ils sont témoins, selon Mujiji. Et lui, n’est-il pas témoin ? Est-il en danger ? Je ne savais pas que demander le corps d’un assassiné induirait autant de dégâts. C’est trop tard maintenant. Il aurait dû me le dire vendredi après-midi.(…)

  • Extrait de la lettre d’A. Nshimiye à  R. Ntwenga, 28 octobre 1995

(…) Nous sommes bien portants. Espérance est déjà au Zaïre et suit bien ses cours. (…)  J’y étais lui rendre visite…. je ne peux pas passer la rivière Risizi [frontière vers le Burundi] car il parait-il que Cehusi veut ma peau.

La maison de Kamenge est déjà démolie : plus de toiture ; portes, antivols, fenêtre, pillés, compteurs (eau et électricité) partis ; Ivyerekeye  l’assassinat de DJUNI, narakubwiye ko je vais tout suivre jusqu’à la fin. Djuni a été tué après une semaine, enfermé dans une cellule au Jabe, là où Cehusi passait pour faire des interrogatoires et des tortures atroces. Il a faussé toutes les pistes pour qu’on ne le trouve pas et nous faire croire qu’après huit jours Djuni n’existait plus. Soit disant qu’il [Cehusi] possède les papiers des parcelles de Kamenge, il doit éliminer aussi Valère [mon frère].

[à propos d’Espérance] On se croisa. Elle s’étonna de me voir vivant et me raconta le tout. Mu buzima yuko kw’isi wemera vyinshi

  • Extrait de la lettre d’A. Nshimiye à  R. Ntwenga, 10 novembre 1995

(…) de notre part c’est un peu bien, on s’arrange pour vivre bien que je ne suis pas autorisé de mettre mes pieds en ville (…)

  • Lettre de Vincent Munyerari à Cehusi, 8 janvier 1996

(…) Beau frère Bosco, Bonjour !

Bosco bite ? aho y Buja mumeze mute twebwe ino twamaze kumenyera kandi ubu naronse aho nkora na maman Anaïs Urumva twagize chance ; na Anaïs ameze neza ntiyigeze agira probleme nimwe. Nashaka nawe uze utubwira amakuru yawe aho kuko ndaziko hari ama histoires menshi.

Bosco vraiment nizere ko wadutegereye kuko ntakundi byari kugenda nizereko ko tuzabonana vuba.

Iyi photo niyo bamufotoye kuri Bonne Année urabona ko yari aberewe. (…)

Traduction approximative

  • Extrait de la lettre de G. Kankindi à  R. Ntwenga, 10 janvier 1996

(…) On m’a dit que Espé a été obligée de s’exiler parce qu’elle a assisté à l’enlèvement de Juni. Yo hari kwi Jabe et votre sœur qui avait fait l’ESTA (la brune là, j’oublie son nom) était en connivence avec les « sans-échecs » qui l’avaient enlevé. Espé et Arthur ont traité votre sœur pour qu’elle fasse libérer Juni, mais elle a refusé, pour ne pas se faire mal voir, disait-elle. Il parait même que c’est elle qui préparait la nourriture pour ces jeunes.

Alors ces jeunes ont menacé de s’en prendre aussi à Espé pour qu’elle ne les dénonce pas, ce qui l’a poussée à s’exiler. Parce qu’il parait que Juni a passé toute une semaine dans les mains de ces vampires avant d’être lâchement assassiné. Et voilà l’ignoble histoire, comment elle s’est passée. Rose, sache que « c’est le cheval que tu engraisses qui te tue ». Si ce n’était pas votre sœur, Juni ne devait pas mourir. Mais c’est ça la récompense des humains.

Et Arthur aussi. Comme c’est lui qui a recherché les moyens de s’exiler [pour Espérance], il est recherché jusqu’à l’heure où on s’est vu à Gatumba et il ne pouvait pas quitter cette zone sauf pour aller au Zaîre. (…)

  • Extrait de la lettre de Valère  Ntwenga  à  R. Ntwenga, 6 juin 2000

(…) Au sujet de la disparition de Junior, Cehusi en sait beaucoup. Il a tenté et a voulu faire tuer ARTHUR pour qu’il n’y ait aucune trace derrière lui. Parce qu’ARTHUR est le seul et vrai témoin qui vécut les dernières minutes de notre cher petit frère. ARTHUR a passé entre les mailles étroites d’un filet tendu dans l’ombre par les ravisseurs de Jr [Junior]. ARTHUR est déjà de retour au pays. Il est à BUYENZI. Nous nous sommes rencontrés. Il est en forme mais il a maigri. Tu sais les souffrances de l’exil. (…) Cehusi quant à lui, il est à NAIROBI avec les papiers des 2 parcelles qui nous restent. (…)

GALERIE DE PHOTOS

De gauche à doite :

Bosco Sindihibura (Cehusi), Félix Junior (Djuni),Rose Ntwenga à Kamenge, milieu des années 80.

 

Cehusi et Djuni, à Kamenge, milieu des années 80.

 

De gauche à droite : Désiré, ami Zaïrois, Djuni, Cehusi, ami burundais (nom à compléter), L’un des fils du voisin chauffeur de poids lourds,  de Kavumu (Kamenge) Piston. Milieu des années 80 au cercle nautique de Bujumbura.

 

Photo datant des années 80.

Bosco Sindihibura (Cehusi), né le 25 novembre 1965 à Bwiza de père muhussa (nom à préciser pour lui) et de Marcelline Ndikumana , ma mère (divorcée légalement de Venant Ntwenga en 1963). Le père naturel de Cehusi s’est retrouvé sanctionné pour sortie frauduleuse  de pierres précieuses du Congo en 1966 ou 1967 par le régime de J.D.Mobutu. Des indications plus précises sont à trouver dans la presse congolaise de l’époque.

 

Photo datant des années 80.

 Félix Junior Ntwenga ( Djuni) est né le 2 mai 1964 à l’Ocaf au 135/136  de Venant Ntwenga, mon père, et  de Joséphine Mfubusa, femme placée par Bernard Kayibigi, (fonctionnaire au ministère de la justice, puis, Procureur de la République au moment du génocide de 1972-1973).

 

Photo datant des années 90.

 Dieudonné Nicimpaye (Diyé), demi-frère de Djuni (du côté de sa mère) est né à l’Ocaf au 135/136 (date approximative) en 1966 de Joséphine Mfubusa, (la mère de Djuni) et de Bernard Kayibigi, fonctionnaire au ministère de la justice, puis, Procureur de la République au moment du génocide de 1972-1973. Cette naissance a eu lieu pendant la longue incarcération de Venant Ntwenga d’octobre 1965 à décembre 1966.

 

Photo datant des années 90.

 Espérance est née le 11 décémbre 1974 à Kamenge secteur C n°29 d’ Honorata Christine Ntwenga et de Robert, l’un des neveux ou cousins de Paul Morisho, notre Tuteur de  juillet 1972  au 31 décembre 1973.

Elle était présente sur le lieu de détention illégale de Djuni dans une maison du quartier de Jabe.

 

Photo au mileu des années 80

Selon, les messagers du major Ndabemeye, Il a été partie prenante dans la préparation et l’élaboration de l’enlèvement de Félix Junior dit Djuni pour brouiller les pistes de recherches.

 Tout aussitôt, après la disparition de Djuni, il a décidé de s’établir avec ma sœur Patricia Philotée  à Kibungo( Rwanda) ville d’origine de ses parents établis à Kamenge après le troubles de novembre 1959.

 

 

Au centre, Patricia Ntwenga (en blanc) entourée de ses amies et voisines.

Patricia Philotée Ntwenga (en bas à droite sur la photo ci-contre) est née le 8 octobre 1968 à Kamenge Secteur C n°29 de Venant Ntwenga et de Marcelline Ndikumana. Sa marraine,  Véronique Nyabworo, l’épouse de Nicodème disparu en 1972, a été institutrice à l’école primaire de Nyabagera.

 

Photo : Groupe d’amis et connaissances milieu des années 80 (à compléter)

Joseph Mujiji, d’abord instituteur dans la province de Muramvya, puis photographe à l’agence burundaise de presse, A.B.P. (années 80). Il est salarié de la Ligue ITEKA en 1995. Actuellement, président de la Coalition des hommes contre la violence faite aux femmes …


[1] Certains ont des liens de famille (ou autres) avec le service de guet et de nuisance, mis en œuvre par des Tutsi rwandais et Burundais, notamment contre ma famille française, dans l’agglomération de Montpellier (France), mon lieu de résidence depuis 1989. En plus de la médisance et les divers actes de dégradation, ils ont réussi à dérober le courrier daté de 1979 du procureur Bernard Kayibigi au moment du génocide de 1972-1973 sans laisser de trace d’effraction. (…)

[2] Extrait du témoignage d’Espérance, consigné en 2003.

«  … Ainsi, le  4 octobre 1995, à proximité d’une barrière proche du marché de Ruvumera dans le quartier de Buyenzi, le bus dans lequel se sont trouvés Félix Junior et son ami Arthur, a été sommé de s’arrêter. Deux jeunes adultes de leur connaissance sont montés à l’intérieur du bus. Ils ont retiré les clés de contact du tableau de bord. Félix Junior a été prié de descendre. Son ami Arthur a tourné son visage de côté pour passer inaperçu.

 - Descends !  lui ont dit les deux jeunes hommes de sa connaissance. C’est ton frère Basalt [surnom donné à Bosco Sindihebura, dit aussi Cehusi] qui demande à te parler.

 - Moi, aussi, a répondu Junior, j’ai des choses à lui dire. »

De la position de Ruvumera, lieu de l’arrestation, ses ravisseurs et lui, ont marché tranquillement. Mais après avoir traversé l’avenue du peuple murundi, celle qui sépare les quartiers de Bwiza et de Buyenzi, les ravisseurs ont eu des propos insultants. Quelques pas ensemble plus loin, sur la cinquième avenue de Bwiza, ils ont commencé à le frapper.  Conduit violemment dans la cour intérieure de la parcelle où Basalt louait en colocation un deux pièces,  F. Junior a été sommé de s’asseoir. Entre-temps, Arthur s’est dépêché avertir Espérance, ma nièce dans le quartier de Katumba.

- Voilà, ils l’ont capturé ! C’est Basalt qui l’a demandé. C’est ce que les ravisseurs ont dit. Alors,  Espérance,  Basalt est ton oncle, a rappelé Arthur.

Toi, tu peux lui parler, a-t-il ajouté. Vas - y ! Il ne faut pas qu’il arrive malheur à Djuni.

Elle a accouru avec l’assurance et l’autorité de quelqu’un pour qui le rappel des liens de famille suffit. Du simple fait de franchir l’entrée de la parcelle chez son oncle Cehusi à la cinquième avenue de Bwiza, Espérance s’est retrouvée en état d’arrestation aux côtés de son oncle Djuni. Les ravisseurs les ont ensuite dirigés vers le quartier de Jabe, dans une maison de quatre à cinq pièces, désertée de ses propriétaires, en ces temps d’épuration ethnique. Et là, plusieurs personnes connues par des membres de ma famille sont passées les voir, animées d’une curiosité satisfaite. Un va - et - vient de voitures et de personnes se sont rendus sur ce lieu improvisé de détention.

L’insulte à la bouche, Espérance a protesté contre l’injustice de cette séquestration. Elle s’est adressée aux ravisseurs avec une telle véhémence que Djuni lui a demandé de se calmer. Entre-temps, l’un des ravisseurs lui a glissé un chapelet. Mon frère l’a tenu bien en main et  a prié. Puis, tout à coup, les ravisseurs sont revenus vers eux. Ils ont offert à Djuni une cigarette qu’il a fumée. A peine entamée, ils lui ont ordonné de les suivre, seul.

L’instant d’après, Espérance a entendu de grands cris.

A son tour, les ravisseurs lui ont ordonné de partir. L’insulte toujours à la bouche, elle a d’abord refusé.

« - Où est Djuni? Qu’avez-vous fait de lui ? » Elle s’est débattue. Sans lui répondre, l’un des ravisseurs l’a accompagnée de force prendre le bus afin de regagner son quartier. 

[3] Description du cas de génocide de 1965 et de celui de 1972 au Burundi. Cfr  Rapport Whitaker : Rapport sur la question de la prévention et de la condamnation du crime de génocide, préparé par Benjamin Whitaker, Conseil économique et social des Nations Unies, commission des droits de l'Homme, ss-commission sur la prévention de la discrimination et la protection des minorités, 38ème session, item 4 de l'agenda prévisionnel, http://www.preventgenocide.org/prevent/UNdocs/whitaker/, E/CN.4/Sub.2/1985/6 — 2 Juillet 1985,

[4] … comme à Gitega fin avril 1972, le même procédé a été utilisé pour se débarrasser du corps du prince Charles Ndizeye intronisé Ntare V en 1966.  Dans d’autres camps militaires des Forces armées burundaises (FAB) à travers le Burundi, de nombreux Hutu assassinés en 1972-1973 ont subi le même traitement de négligence.

[5] Djuni, … ainsi que de nombreux jeunes Hutu, survivants et descendants des « disparus de 1972-73 », dont :

-Bosco …, inscrit à l’Ecole Technique secondaire en 1972. C’est Bosco Sindihebura qui a indiqué aux autres jeunes sa cachette dans le quartier de Bwiza.

- Baudouin, son grand frère, inscrit à l’Athénée secondaire en 1972. C’est l’un des  fils de la femme placée, c’est à dire (le demi-frère du demi-frère de Baudouin) qui a livré aux militaires la cachette dans les végétations de la rivière Ntahangwa, de Baudouin, sa femme et ses trois enfants.

-Alexis Hatungimana, alias Bucucu, inscrit à l’Athénée secondaire en 1972. Il a été arrêté en début de soirée à une position militaire à la sortie de Kamenge, … Les  noms des guetteurs et des commanditaires. A compléter.

- Emmanuel, le fils de Daniel et Léocadie (mes Tuteurs depuis 1963, après le divorce légal de mes parents) résidait à Isale (dans la province de Bujumbura Rural) où il animait une association rassemblant les Taxi-vélo des alentours.  Les circonstances de sa disparition, … A compléter.

- Savimbi, de la résistance armée à Kamenge après octobre 1993. Il n’est pas mort au combat, ni sur un champ de bataille, mais dans un sombre cachot de la ville de Bukavu (Sud Kivu- RDC. Congo) à la demande de Sylvestre. « - Lequel ?  

-Celui qui est devenu président. Son lieu d’attache, c’est  chez  Sylvana et son mari Dominique, le chef de quartier, membre de l’Uprona, quartier Kavumu, partie Fonds d’avance. » - Pourquoi cet ordre ?

 Parce qu’il ne voulait pas suivre ou accepter les ordres de Sylvestre. Savimbi les trouvait absurdes.  (Premier récit en Swahili).

Témoignage oral que ses amis m’ont fait parvenir. A eux d’indiquer, aussi,  l’emplacement de cette prison, les noms des deux militaires qui l’ont battu à mort.

Savimbi est visible dans un reportage, dans la série « Populations en danger », pour le compte de Médecins du Monde. Titre : Burundi/Sous la terreur. Un film de Eyal Sivan, documentaire de 13mn, réalisé en 1996 ;

A compléter par d’autres témoins et dépositaires.

Lire, aussi, pour mieux comprendre cette période : Rencontres pour la Paix, - DOSSIER     BURUNDI – préparé par Alain De Brouwer, Octobre 2010. http://www.burundibwacu.info/IMG/pdf/Le_bilan_burundais.pdf

[6] Le cas d’Anaclet Burundi en 1964. Cfr le procès dit de l’Affaire Kamatari.

 Les conversations des connaissances de sa deuxième femme (Tutsi rwandaise) dans son Bar de Kamenge,  ont été à l’origine de son incarcération à vie, malgré la défense de Maître Simonian, le chargé des questions juridiques à la cour royale. (…)

[7] Il s’agit d’un insecte hyménoptère. « Les ichneumons (nom en Kirundi, à compléter) pondent leurs oeufs sur ou dans le corps d’un hôte (un autre insecte, souvent une chenille ou un autre type de larve) qui servira de garde-manger pour leur progéniture. C’est ainsi qu’une fois l’œuf éclos, la larve de l’ichneumon s’installe confortablement dans le corps de l’hôte et commence à déguster méthodiquement l’hôte en question: d’abord ce qui n’est pas vital comme les graisses, l’intestin et certains muscles puis, alors que le développement de la larve est bien avancé, les organes vitaux sont ingérés. » (Extrait du Blog de J.S. Bouchard)

Cette stratégie à l’œuvre au Burundi consiste ainsi à s’introduire, coûte que coûte, dans l’intimité d’autrui. Et, le moment choisi, par touches anodines, commencer à critiquer et à afficher un certain mépris. Puis, harceler et peser sans cesse sur une orientation ou une décision importante de quelqu’un (quelque soit son statut social) jusqu’à le dévitaliser au point de lui faire perdre son sens critique. Après l’anéantir et le spolier de tout, ne sont que les conséquences recherchées de la manœuvre de départ.

[8] C’est en compensation de son désengagement de la société Industrie et Commerce au Burundi (I.C.B.)  que cette responsabilité avait été donnée à mon père, au cours de tractations forcées, menées par le major Thomas Ndabemeye, chef d’état -major de l’armée burundaise dont les bureaux étaient situés dans le centre-ville de Bujumbura. Quant à la transaction finale, elle avait été demandée  par Désiré Makuza, capitaine dans l’armée libération du Rwanda (A.L.R.). En cette année 1968, son état-major provisoire était localisé dans le quartier 1 de l’Ocaf/Ngagara,

[9] Sur d’autres lieux, nombre d’autres personnes d’origine Hutu ont été arrêtées puis « portées disparues » :

-Léocadie Ndikumana, à l’école primaire du Copico, Daniel Mpfanuguhora, à la Banque de crédit de Bujumbura, Valentin Sebusa, à la station d’essence du Q, 3 , Muyogoro, à compléter, le père de Kid (Garde du corps civil du candidat Melchior Ndadaye), à l’école primaire du Q.3 dont il était le directeur, Jean ou Joseph, le père adoptif de Hatiya, à compléter, Nicodème, le parrain de Philo, sur le marché de Ruvir,  Simon Mumpaye, à compléter, Moteri, à compléter, le deuxième  fils de Moteri, à l’école secondaire de l’Ecole normale de l’Etat, Nègre-Fûté, au ministère de géologies et mines, Mamera, à l’université officielle du Burundi (U.O.B.)  A Rappeler et à Compléter  pour le respect de Chacun et de Tous. …

 
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