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Melchior NDADAYE, Héros de la Démocratie & Prince Louis RWAGASORE, Héros de l’Indépendance

Feu Cyriaque SABINDEMYI, premier président de l'ARIB asbl


 

Umusambi (grue couronnée)

Sites touristiques

La Source du Nil : Petite pyramide à la fois indicative et commémorative, au sommet du mont Gikizi, à 2.145 mètres d'altitude. C'est au pied de cette montagne que surgit, d'abord frêle et timide, la source la plus méridionale du Nil, découverte en 1934 par l'explorateur allemand Burckhard Waldecker.

Pyramide "Source du Nil"

 

Au sud-est du Burundi, dans la province de Rutana, commune de Mpinga-Kayove, sur  la colline de Shanga, se trouvent les chutes et la grotte de Karera. Karera est constituée de quatre chutes d’eau qui sont d’une hauteur variant entre 30 et 60 mètres.

Les chutes de Karera

 

La Faille de Nyakazu, située en province de Rutana dans le Sud-Est du Burundi. L'histoire de cette faille débute en 1914, au début de la Première Guerre mondiale, Nyakazu était un poste militaire allemand construit pour contrôler toute la partie orientale du pays. Le plateau de Nkoma sur lequel il a été édifié aurait été, dit-on, entaillé par les bottes des soldats allemands en fuite devant les forces belges.

La "Faille des Allemands"

 

La "Pierre Stanley et Livingstone" à Mugere où l'explorateur Stanley rencontra le célèbre savant Livingstone le 25 novembre 1871.

Pierre 'Stanley-Livingstone

Les informations contenues dans les articles publiés sur ARIB.INFO ne reflètent pas nécessairement les vues de l’Association ou de ses membres. [La Rédaction] – « Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai pour que vous ayez le droit de le dire. » [Voltaire]
Ntare V est-il un Roi Constitutionnel ? : "Non !", répond Jean Bwejeri Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Opinion

@rib News, 25/06/2009

NTARE V. LA CONTROVERSE POST MORTEM FACE AU PRESCRIT DU CODEX

Par Prof Yochanan Bwejeri - Bruxelles, le 22 Juin 2009

Jean BwejeriIl y a deux façons d’aborder la question soulevée par l’Ambassadeur Baranyanka et reprise en controverse par l’Ambassadeur Laurent Kavakure : l’aborder comme une affaire du passé, ou au contraire, l’examiner comme une affaire du présent. Je constate que les deux intervenants, tout en marquant leurs points d’accord et de désaccord respectifs, conviennent tacitement de considérer la question au passé. Je vais, en ce qui me concerne, marquer mon point de divergence fondamentalement méthodologique, en abordant la question au présent. Les points d’accord ou de désaccord secondaires suivront.

Je me présente : Professeur Yochanan Bwejeri. Ma titulature princière abrégée est Seruhinda Wa Semukara, Prince de Nkoronko. Je suis le dernier Patriarche, Légiste, Archiviste et Théologien, dans la longue succession de la Dynastie Zagwe, cette lignée salomonique qui détient une place bien connue dans l’histoire spécifique de la Région du Sud Abyssin (Voir notamment le Tracé des Cartes de l’Afrique en1617, ainsi que quelques repères des Royaumes des Benengwe chez le savant Dominicain, Historien, Anthropologue, Linguiste et Théologien, le Père Bernardin Muzungu). Il faut développer la largesse de vue des peuples montagnards établis dans le « Triangle (BTA) » où ils exercent une transhumance réglementée depuis des millénaires de domestication des bovins. La Dynastie de Ntare Rushatsi à laquelle s’accrochent trop facilement les historiens actuels n’est pas née de la légende. C’est la légende qui est née de l’incapacité des générations d’après la rupture de 1567 de reconstituer les faits et gestes de leurs ancêtres. La dynastie Ntare Rushatsi et ses descendances sont une branche des nombreux descendants Zagwe, en ligne directe, sur des générations qui remontent au moins à la Reine de Saba. Seuls les clans qui ont gardé les codes peuvent reconstituer cette majestueuse épopée.

Jean BwejeriNotre Dynastie ancienne est connue localement dans les manuels d’histoire coloniale simplifiée, sous le nom de « Jabwe ». « Jabwe » n’est rien d’autre que « Zagwe », le frère de Ménélik I, fils du Roi Salomon et de la Reine de Saba, appelé à être le premier souverain masculin du Royaume de Saba, désormais réunifié avec Israël. Il n’y a donc aucune surprise que les traditions dynastiques et théologiques de nos ancêtres soient en tous points hébraïques, conformément à la Loi de Moise. Sur  les images ci-dessus, je porte la Kipah juive, le Keter Kushitique, et le Shevet patriarcal. Je discute méticuleusement des points de rituel et de doctrine pour Pesach-Kurya Umwaka, avec des rabbins et des ‘parnassim’ responsables de communautés Juives en Diaspora. Ces attributs se retrouvent tels quels sur nombre d’images des anciens, que l’Institut a méticuleusement annotées et archivées.

La « Question Royale » au Burundi, au Rwanda, et dans les Grands Lac en général, n’est pas une question du passé. Pour faire simple, nul n’ignore que le dernier Roi du Rwanda est encore en vie : un géant de 2m 10, dont le statut est toujours placé en suspens par les vicissitudes de la transition post-coloniale, et qui vit actuellement en exil aux Etats-Unis. J’ai eu le privilège de le rencontrer et de discuter avec lui, à Washington durant l’hiver 2004. Au Burundi, en tout cas, la question royale figure au nombre de ces apories irrésolues, qui forment le noeud gordien de l’ordre constitutionnel, la monarchie ayant été abolie par un coup d’état dont la valeur constitutionnelle n’a jamais été établie. La parenthèse constitutionnelle, dans la vie d’un peuple, n’est jamais de tout repos ni de bonne augure. Et lorsqu’il s’agit d’un régime multi-millénaire, parfaitement démocratique, comme l’est en général le modèle de Monarchie  Constitutionnelle (appelé chez-nous « Démocratie Pastorale »), qui coule encore de longs jours dans des pays de haute référence en termes de développement et de démocratie, aux quatre coins de la planète, l’affaire prend une tout autre proportion.  Il faut donc tourner sept fois la langue dans sa bouche avant de prendre position dans la controverse post mortem Ntare V. Pour prévenir toute suspicion de généralisation, d’exagération ou de tricherie, je parlerai donc à la première personne, avec, autant que faire se peut, des événements vérifiables, des dates, des noms.

  1. UNE QUESTION QUE JE DECLINE AU PRÉSENT

a-     Pendant que je me préparais à rédiger ces indications doctrinales et factuelles, en cet après-midi du Dimanche, 21 Juin 2009, la chaîne de télévision AB3 diffusait un reportage intitulé : « Le Pays des Origines ». Il était produit par la très sérieuse équipe « Ushuaia », que les amateurs de grandes sensations éco systémiques connaissent et apprécient. L’émission concernait les terres mystérieuses du pays des montagnards « Afar », là où des phénomènes volcaniques d’une importance géologique capitale pour la planète, perpétuent une activité sismique qui donne au paysage des Hauts Plateaux du Nord Abyssin un aspect des plus singuliers. L’émission commence à peu près par les mots suivants : « Nous sommes ici sur la terre de l’ancien royaume biblique de Saba. Tout ici rappelle la terre des origines ».

b-     Les Afars sont les cousins des Tutsi dans le Nord Abyssin. Leurs cousins Issas aussi. Les conflits fratricides Afar/Issas, nés des conjonctures coloniales, ne changent rien à notre commune fraternité. J’ai longuement discuté de ces réalités à plusieurs reprises, durant ces 10 dernières années, avec les meilleurs représentants de toutes ces nations kushites. Il n’y a aucune possibilité pour qui que ce soit de nier l’authenticité de ces discussions fraternelles, que ce soit avec les Massais, en marge de la Conférence d’Arusha, que ce soit avec les Falashas, en Ethiopie, ici en Belgique, et aux Etats-Unis.

c-     J’ai en plus l’immense privilège de m’être vu confier de précieuses pièces du fonds Falasha-Ethiopien, par le Rabbin Hailu Paris, de New York, aujourd’hui âgé de plus de 80 ans. Il est sans conteste le plus ancien rabbin Falasha reconnu aux Etats-Unis depuis plus de 40 ans, et qui  a été sur la ligne de front durant le long combat de reconnaissance de la question Falasha. Ce combat a commencé avec le Professeur Joseph Halevi dans les années 1850 ; il a continué avec le Dr Jacques Faitlovitch et Emmanuel Tammrat, Dignitaire à la Cour de l’Empereur Hailé Sélasié vers 1930 ; il est perpétué aujourd’hui par une multitude de comités et d’organisations, en Afrique, aux État-Unis, en Angleterre et en Israël. La question Royale en Abyssinie se profile toujours en filigrane de la question Falasha, notamment avec la mémoire de la Reine Yoddit au Xème siècle. Mais ça c’est une trop longue histoire…

d-     Au cours de l’été 2001, très exactement, le 21 Juillet, alors que je présidais le « Conseil de la Couronne » pour la « Maison Royale de Nkoronko », et en pleine controverse post-Arusha, je pris l’initiative de convier la Princesse Iribagiza Rosa Paula, dernière descendante directe du dernier Roi Constitutionnel, « Rubangisha Miheto Zivyukirije i Kiyenzi », intronisé sous le nom dynastique de « Mwambutsa IV »,  pour une conférence conjointe à  Bruxelles, sur le Thème : «Désormais, la Question Royale est une Question Nationale au Burundi». Mwambutsa IV est justement le père de Ntare V. Si l’événement passa inaperçu dans les milieux burundais d’obédience hutu, alors en pleine lutte de positionnement pour l’accès aux dividendes post-Arusha, il n’en fut pas de même dans les milieux intellectuels, diplomatiques et nobiliaires internationaux. Je me proposais alors de suggérer une mise en parenthèse provisoire de la « Loi Salique », afin de trouver une issue à l’impasse constitutionnelle que traversait le pays. La précipitation des événements en décida autrement. C’est ainsi que la parenthèse autour de la question royale continue.

e-     La princesse adressa au Médiateur de l‘époque, l’ancien Président Sud Africain, Nelson Mandela, une lettre historique,  pour lui faire part de nos préoccupations. Dans cette lettre, mes titres étaient simplement déclinés : « Grand Chambellan de la Couronne ; Gardien des Armoiries ; Maître des Livres ». La lettre fut envoyée à tous les Rois, Princes et Reines, en charge d’Etat, aux quatre coins du monde, via leurs chancelleries établies à Bruxelles. 

f-      Nous avons reçu depuis cette Conférence emblématique, des messages de sympathie et de soutien des organisations princières et nobiliaires, et même d’organisations non princières, mais intéressées au devenir des anciennes dynasties, écartées de leurs fonctions par les vicissitudes des révolutions et de l’histoire. Parmi elles, l’Association de Défense de la Noblesse Française et Etrangère (ADNFE), dirigée par Johan Domas, nous écrit à partir du Mardi, 12 Novembre 2002, pour nous demander de faire partie de leurs fédérations.

g-     Le Mardi, 15 Avril 2003, je reçois la lettre d’introduction du Dr Simon Turner, chercheur dans une université danoise, qui demandait à rencontrer l’équipe de l’Institut pour discuter des nouvelles tendances créées par la vague des propositions mises sur la table par le Conseil de la Couronne de Kush.

h-     Le Jeudi, 03 Mai 2003, je recevais la lettre du Professeur René Lemarchand, de l’Université de Floride, demandant un rendez-vous d’urgence pour une mise au point théorique sur les questions soulevées par les propositions et le sort des théories antérieures. Sa lettre du 05 Février 2005 commencera par ces mots : « Merci Cher Prince… »

i-       Le mardi, 13 Juillet 2004, je recevais la délégation de son Excellence le Mwata Yaamv, l’Empereur de la Nation Lunda, dont les territoires s’étendent sur le Shaba et sur l’Angola. Nous nous sommes promis de rester en consultation permanente depuis lors.

j-       Lorsque le drame du 11 Septembre 2001 frappa l’Amérique, nous avons adressé un message de condoléances et de soutien au peuple américain, par la voie de son Ambassadeur à Bruxelles, SE Stephen Brauer. Dans la réponse qu’il me fit parvenir personnellement, après un coup de fil personnalisé de son Secrétariat, l’Ambassadeur Stephen Brauer, me remercia en commençant par décliner mon titre régulier : «Prince Bwejeri, … ». La lettre est bien classée dans les archives de l’Institut que je dirige.

k-     En quelques mois, c’est toute la vision traditionnelle de la grande presse sur les nations d’Afrique Centrale qui va s’en véritablement trouver ébranlée. Le Vendredi, 27 Août, 2004, la livraison du journal britannique, The Economist, titre son reportage sur les Tutsi: The Jews of Africa.

l-       A l’occasion de la fête de Tu Bishvat, Shevat 15, 5764 (Samedi, 7 Février, 2004), je fus invité par l’Ambassadeur d’Israël à Bruxelles, SE Yehudi Kinnar, au Dîner de Gala où la fine fleur des organisations juives de Belgique avait envoyé ses représentants. Ma délégation fut installée à la « Table de Kush » portant le numéro 12, le chiffre sacré des 12 Tribus d’Israël. Ceux que j’ai invités à m’accompagner en cette soirée mémorable  s’en souviennent encore.  Le Professeur Frédéric Encel, une grande figure de  la Géopolitique et de la Géostratégie Israélienne, délivra la leçon inaugurale. Je fus invité moi-même à  produire un bref speech, gratifié d’un véritable ‘standing ovation’ par l’aréopage.

m-   Lors de la fête juive de Yom ha Shoah de la même année, 27 Nisan, 5764 (Samedi, 18 Avril, 2004), je fus invité par la Synagogue Beth Hillel, dirigée par le Rabbin Abraham Dahan, à la cérémonie d’hommage aux 6 millions de Juifs assassinés durant la Shoah. La présentation que le rabbin fit de ma personne, de mes ancêtres israélites et de mes mérites à l’Institut, fut retentissante. Je fus invité à allumer la 12eme bougie, après l’Ambassadeur d’Israël, l’Ambassadeur des Etats Unis,  l’Ambassadeur d’Allemagne, le Président des Anciens Combattants, le Président des Enfants cachés, etc. De grandes figures des partis et du Gouvernement belge étaient reconnaissables dans la synagogue pleine d’éminentes personnalités: Madame Joelle Milkey, Monsieur Elio Di Rupo, Monsieur Charles Michel, Feu Jacques Simonet, etc.

n-     Le 15 février 2005, je fus reçu au bureau de l’Honorable Barack Obama, alors Sénateur, pour présenter une motion orale en 17 points, et soumettre une proposition écrite pour l’avenir du Burundi et de la Région des Grands Lacs, dans la perspective Havilienne. Je portais dans mes mains l’insigne princier qu’est le Sceptre ou Bâton de Commandement (qu’on l’appelle comme on veut…), et que ceux qui m’ont vu à Arusha connaissent bien. La proposition, sous la forme d’un livre d’une centaine de pages, visait à la pacification générale des peuples de la région, qui avaient un besoin urgent de réconcilier les trois axes de fracture qui constituent les nœuds d’étranglement du Burundi et des Grands Lacs : La Mémoire et L’Histoire ; La Tradition et La Modernité ; Le Droit et La Théologie. La proposition est encore sur la Table du Sénateur Obama, devenu entretemps Président de la plus puissante Nation du Monde.

o-     En février 2006, je fus reçu à la Synagogue Nationale de Washington pour l’ouverture du Tabernacle, et la réception de la promesse solennelle d’un Sefrei Torah pour la Nation Juive de Kush, en ma qualité de Maggid. Lors de cette cérémonie sans précédent, où je fus accompagné prophétiquement par douze jeunes ‘Bar Mitzvah’ de la communauté juive de Washington, je portais également, en plus de mon tallit rabbinique, mon sceptre princier. L’Ambassadeur de France à Washington était présent à la Synagogue ce jour-là, et il devait présenter une communication extrêmement sensible à la Communauté Juive de Washington après l’Office. C’était, en effet, des moments tendus pour la France et le monde Juif, puisqu’un jeune Juif venait d’être assassiné en France. Durant le dîner offert par le Rabbin Shmuel Herzfeld, je fus installé à la table de l’Ambassadeur et du maître de séant, Rabbi Herzfeld.

Je pourrais ainsi continuer cette longue liste de situations actuelles, des plus ordinaires aux plus formalisées, qui attestent que la question royale ne se décline pas chez-moi au passé. Les correspondances et les publications déposées par l’Institut que je dirige, tant à  l’ONU, à  l’UNESCO, qu’au Musée Royal de l’Afrique Centrale (cf. notamment les traces écrites de Juillet 2002 : les lettres de Thomas Hallier et de Michèle Fedoroff de l’ECOSOC/ONU ; cf. la lettre de remerciement de Madame Edwine Simons, Responsable de la Section Histoire du Temps Présent, datée du 26 Avril 2004) font toujours attention à mentionner mes prérogatives théologiques et savantes, en connexion avec me titres princiers.

2- LA CONTROVERSE NTARE V

a. Les Points d’accord

. Empire du Kitara, Empire Hima-Tutsi ? Le piège des mots.

J’écris cette section en ayant en mémoire le CD produit par l’équipe de la RPA, sur la mort de Ntare V, et que j’ai attentivement écouté. Ce que je vais dire concerne aussi bien ceux qui ont produit ce CD que  ceux qui l’ont visionné avec intérêt, en cherchant à connaître la vérité sur cet homme au destin si tragique. Il serait surprenant qu’ils ne se posent pas des questions après avoir pris le temps de lire les observations qui suivent. Ce que je dis représente un panorama global sans  lequel l’événementiel décrit dans le CD perd son sens.

Je dois d’abord rappeler l’importance qu’il y a à situer la « Controverse post mortem Ntare V » dans la grande « Question Royale » au Burundi, au Rwanda, et dans les Grands Lacs en général. Je félicite d’abord l’Ambassadeur Baranyanka pour avoir lancé résolument cette controverse, en rappelant notamment  cette réalité oubliée et falsifiée du Kitara, une réalité aujourd’hui coulée dans une curieuse version africaine des « Protocoles de Sion», sous le désignatif infamant d’« Empire Hima-Tutsi ». Les mots ici sont criminels. Des réalisations magnifiques avérées passent dans les poubelles de l’histoire, parce que des axiologèmes infamants, portés par des institutions tentaculaires, imposent leur diktat, prennent toute la place médiatique, et font impunément outrage aussi bien à la vérité qu’à la mémoire vivante des peuples. C’est ce que le Professeur Jules Isaac, un savant Juif de très grand mérite dans les années 1950,  a appelé « L’Enseignement du Mépris », dans le livre qui porte le même titre. Le savant Juif eut la chance de bénéficier de la compréhension et de l’amitié d’un homme d’exception, en la personne du pape Jean XXIII, et son livre fut une référence pour les travaux du Concile Vatican II, en ce qui concerne l’approche conciliaire des questions juives.

Ainsi, le mot juste ne sera pas pour nous cet «Empire du Kitara » que ramène sans précautions le Prince Baranyanka, mais celui de «Royaumes Sud-Kushitiques ». Et ce n’est pas la même chose. Baranyanka reste néanmoins l’un  des rares lettrés qui se rapproche de la réalité brûlante et mondialiste des faits, et qui de ce fait, prend le risque de « désenclaver » l’histoire du Burundi monarchique, en replaçant ses trajectoires et ses traditions dans la « Grande Histoire du  Monde ». Je lui souhaite d’affiner  son examen, et de ne pas se résigner à condamner une si bonne initiative à une injuste troncation. Je me tiens à sa disposition pour de plus amples compléments d’informations, s’il le souhaite.

. L’Autodafé de Ndago

Je marque ensuite mon accord avec le même intervenant pour son juste rappel des traditions royales et des sites mémoriels.  Je partage son regret pour ce que j’appelle, en pesant mes mots, l’ « Autodafé de Ndago », ce crime contre les archives vivantes, exécuté de sang froid par la Deuxième République, et qui n’a d’égal, aux proportions du monde occidental, que la destruction par le feu de la Bibliothèque d’Alexandrie. Imaginez-vous le choc du monde le jour ou un individu s’aviserait d’abattre et brûler le Baobab de Stanley, situé à l’embouchure du Fleuve Congo, sur l’Atlantique ! Je suis malgré tout au regret de prévenir que tout cet effort de désenclaver l’espace risque d’être vain, tant que Baranyanka ne consentira pas l’effort de désenclaver le temps.

 . Arbres Sacrés, Feu Sacré : Des Institutions Bibliques

Jusqu’ à présent, tout l’effort des historiens actuels a été de convaincre le monde que le Burundi est un cas exceptionnel où la politique se résume au conflit séculaire entre ‘Seigneurs Tutsi’ et ‘Serfs Hutu’. Les institutions monarchiques du Burundi seraient ainsi une parenthèse dans cette longue histoire conflictuelle. Les vrais historiens savent que c’est plutôt l’inverse. Le conflit Hutu-Tutsi est une exception dans une longue trame historique. La Gouvernance Monarchique, que des penseurs somaliens de l’UNESCO appellent « Démocratie Pastorale », est la règle dans Kush. Cette règle s’est forgée sur des millénaires, dans la droite continuité des Royaumes Kushitiques du Nil, et du « Triangle » (BTA=Biblical Triangle of Africa), qui donnent, à un moment donné, la quintessence du Royaume biblique de Salomon, avant d’en être les héritiers post-exiliques, après la Dispersion et la Destruction du Temple. J’invite encore une fois l’Ambassadeur Baranyanka à  compléter son examen et à revoir sa proposition. Il se rendra compte, très facilement, que les ‘arbres sacrés’ (ibigabiro ; inganzamarumbu), le ‘feu sacré’ (Umuriro wa Kimeza), sont des institutions bibliques. Et la Bible, ce n’est pas n’importe quoi. Je rappelle à cet égard l’ultime méta-codage talmudique ancestral sous forme d’un puzzle foisonnant, que j’ai personnellement essayé de simplifier et de modéliser, sous l’Appellation talmudique d’ « Eruv Malkuyyot », et qui rend compte, en une synopse saisissante, de toutes ces réalités complexes enfin décodées, comme le veut à  la fois l’axiomatique rabbinique du « RaMbam » et celle plutôt séculière et contemporaine du géant de l’Anthropologie Stucturale, le Professeur Claude Lévi-Strauss.

b. Les points de désaccord

Code Esotérique ?  Parlons plutôt de « Codex »

Tout est dans les mots. Je conteste, d’emblée, le concept obscur de « Code Esotérique ». Il charrie une charge négative, qui stigmatise et pervertit par conséquent la réalité qu’il voulait désigner. Il fait apparaître les règles constitutionnelles ordinaires comme une étrange exception, un dispositif secret, fermé au contrôle démocratique, avec tout ce qui suit de suspicions et de mise aux rencarts plus que souhaitable, urgente. Le concept classique que nous préférons est celui de Codex. C’est celui qui est appliqué par les savants en présence des grands corpus de lois, de coutumes, de mythes fondateurs, de récits d’origines, etc...Ce processus de recomposition est connu depuis le fond Gilgamesh, la Torah de Moshé, le fond Phénicien, le fond Babylonien, le Codex des Septantes, le Codex du RaMbam, le Chulchan Arukh de Joseph Caro… jusqu'au Codex du chrétien Jérôme. Les théologiens et les canonistes qui me lisent savent de quoi je parle. Le Codex est un  concept opératoire universel particulièrement en honneur chez les classificateurs et les légistes. C’est lui qui doit servir ici. Pas celui de « Code Esotérique » que personne ne contrôle.

. Ntare V est-il un Roi Constitutionnel au Regard du Codex ?

Non !  Pire, c’est un Roi suspect d’Apostasie. Il suffit pour cela de se rappeler le sujet de contentieux permanent entre les rois constitutionnels du Burundi et du Rwanda avec les pouvoirs d’occupation, en particulier missionnaires et belges. Le contentieux No1 était toujours d’ordre Théologique.  Le Roi Musinga du Rwanda refusa de se convertir au Catholicisme, après une longe controverse théologique avec le chef des missionnaires chrétiens, Mgr Léon Classe. Il fut déporté et mourut à Moba au Shaba. Le dernier Roi constitutionnel du Burundi, Mwambutsa IV, refusa, lui aussi, de se convertir au Catholicisme après maintes tentatives des Pères Canonica et Grauls. Il fut sujet de persécutions, de dénigrements, et finalement, échappa de justesse à un attentat meurtrier planifié sous la forme d’un coup d’état ; ce qui l’obligea à fuir, sans avoir pu préparer sa succession. Pourquoi cet entêtement théologique ? Ces Rois Kushites étaient des Rois Juifs, à la fois hommes d’Etats et garants justement de la Doctrine théologique. Ils ne pouvaient se convertir au Christianisme sans tomber dans l’Apostasie. Ceux qui  se convertirent sous la menace sont couramment qualifiés de Conversos ; ceux qui se convertirent par opportunisme sont qualifiés d’Apostats. Ils ne pouvaient plus gouverner selon le Codex. Ntare V est l’un d’eux.

La question des Princes Apostats est donc une grande affaire. Rwagasore n’y échappe pas. Lui et son petit frère ont été des dirigeants du pays, mais ce furent des dirigeants d’un pays qui ne répondait plus au Codex de leurs ancêtres. Ceci a de graves conséquences, à la fois pour les concernés, pour les descendants, et pour les historiens qui ignorent la force du CODEX, ou qui ont pris le parti de dénigrer ce dernier. Les dirigeants issus du tutorat extra-Codex sont purement et simplement inconstitutionnels au regard du Codex.

Le Roi Judéo-Kushitique du Burundi, est en effet, avant tout, le Gardien de la Religion. Il n’est pas le détenteur des privilèges que décrivent les missionnaires et les coloniaux. Son destin est des moins enviables par le commun des mortels. Il doit rester vigilant, être au four et au moulin, veiller surtout à l’intégrité du culte, à la conformité des tefillins (ibiheko) sous peine d’attirer les pires malheurs sur le pays et sur ses descendants. Il doit rester strictement kosher, c’est- à -dire conforme au Codex, afin d’assurer la prospérité de la nation, le croit des vaches, la fertilité des femmes, la verdure des champs, le bon régime des pluies, l’abondance des récoltes. Lisez ne fut-ce que Paul Del Perugia, et vous serez pris de vertige devant cet abandon quasi monacal, qui peut aller jusqu’au sacrifice suprême, pour le salut de la nation, une fois que celle-ci est menacée d’extinction, sans autre forme de recours. Avant donc d’être un chef politique ou militaire, avant d’être un planificateur, le roi judéo-kushitique est un chef religieux. Tous les ouvrages des années 1890-1950 le montrent sous cet aspect et à profusion, même s’ils dénigrent obliquement ou frontalement le Codex comme un corps d’observances stupides et superstitieuses. Le Roi est le chef des Théologiens et des Ritualistes. C’est l’équivalent du Calife de l’Ansar Al Islam (la Terre d’Islam), le Grand Prêtre du Royaume Juif au temps du Temple, le Pape des Etats Chrétiens. 

Ntare V était-il encore de ce calibre-là ? La réponse va de soi. C’est NON ! C’était un jeune converti, intronisé comme un chef coutumier par les anciens élèves des séminaires catholiques, qui étaient passés à la solde des anciens pouvoirs d’occupation. Il s’agissait d’une tactique habile de faire-valoir aux yeux de certaines nations du Tiers Monde et surtout de l’ONU, durant la période complexe de la Guerre Froide, comme le décrit fort justement Marc Manirakiza, dans son livre-témoignage sur la Fin de la Monarchie au Burundi. Ntare V était un jeune homme rebelle à la volonté et aux ordres et de son père. Il n’a pas écouté ce dernier quand les comploteurs sont venus le chercher en Europe pour le monter contre son père, en vue d’un coup d’état programmé, dont ils voulaient faire porter la responsabilité au seul membre survivant  et potentiellement légal de la famille royale. Le jeune homme n’a pas respecté les prescrits du CODEX, en dépit des avertissements de son père. Il fut ainsi la proie facile des prédateurs. Pour Ntare V, la fin tragique de 1972 était déjà inscrite, comme en effet de  miroir, dans sa transgression de 1966.

. La dépouille de Ntare V devrait-elle rejoindre le Nécropole de Remera au Regard du Codex?

Non ! Ce lieu sacré est strictement réservé aux souverains constitutionnels, et surtout pas aux Princes soupçonnés d’Apostasie, c’est-à-dire, qui ont rejeté la protection de la religion et des lois de leurs ancêtres. Car tout se joue là, sur le plan législatif et théologique. On ne peut solliciter la protection d’ancêtres dont on a renié les lois et les traditions, et donc les bénédictions et les mérites. La politique n’est pour rien dans tout ceci. Seule compte la Loi des Ancêtres précieusement déposée dans le Codex.

Une grave question d’aménagement des Cimetières est, bien entendue, ici posée en arrière-plan. Elle se pose encore de nos jours, partout où les disparités confessionnelles ne font pas figure de détails. En France, en Israël, dans les anciens pays du Shletel, une telle question trouverait sa réponse immédiatement. La question des Cimetières fait partie des menaces potentielles  qui sont autant de volcans sur lesquels les Burundais sont assis.

Les dirigeants de l’Eglise catholiques sont sans doute les mieux placés pour fixer le meilleur sort à réserver aux dépouilles des Princes catholiques. Je propose, pour ma part, pour des raisons de pacification générale, et de compromis inter-religieux, et surtout d’exemplarité aux yeux d’éventuels candidats Apostats, que le Roi catholique Ntare V reste avec les victimes qui sont morts  avec lui. C’était, si je ne me trompe, pour leur grande majorité, des catholiques du centre du pays... sauf témoignages avérés qu’il serait tombé dans un traquenard, et que sa foi ancestrale serait restée intacte. A défaut  de cela, Qu’il reste avec eux, pour la vie et pour la mort. Et pour éviter des manipulations qui ne sont ni de la tradition hutu, ni de la tradition tutsi,  qu’on évite de les déterrer inutilement. Qu’un mémorial Catholique soit dressé à l’endroit même, selon des dispositifs que l’Eglise catholique connaît mieux que moi. On peut même penser à faire de certains des Saints. Pourquoi pas ? A l’exemple d’Edith Stein à Auschwitz…

. La Dépouille du Roi Mwambutsa IV

Par contre, la question de savoir si la dépouille du Roi Mwambutsa doit ou non être rapatriée est une affaire cruciale. Mais ici encore, l’observation du Codex est de rigueur. Je me souviens d’avoir discuté, en long et en large, avec l’ex-Président Bagaza, de cette grave question. Il m’a fait part des blocages qu’il a rencontrés au cours de son régime, pour tenter de rapatrier la dépouille du Souverain ; et je lui ai fait part de mes observations. Le CODEX est très clair là-dessus, particulièrement au chapitre des Rois « Bambutsa ».

. Umwami ntagira Ubwoko? 

Il y a bien d’autres sujets de désaccord, dont celui relatif à la maxime énoncée par Baranyanka et que  j’ai déjà entendue proférée par d’autres bouches, notamment Feu Mathias Hitimana: « Umwami ntagira Ubwoko ». Ce que nous lisons là est tout simplement un euphémisme de récente fabrication, tactiquement diffusé du temps du Prince-Régent, Nduwumwe, et dicté aussi bien par un réflexe désespéré de survie face à la disproportion des forces hostiles, que par le fameux « stigmate de courtoisie » en situation de rapports de forces provisoirement favorables. Pour se rendre compte de la supercherie, il n’y a qu’à répondre à la question : « Que sont devenus les descendants et les collatéraux des différents souverains qui ont régné depuis des siècles au Burundi ? ». Puisqu’on sait qu’ils se sont transmués en des clans parfaitement connus et identifiables, de quel groupe relèvent donc ces clans princiers actuellement ? Ils sont tous Tutsi, c’est l’évidence même. Toute déclaration contraire relève d’anticipations politiques mal cadrées, et dont  le prétexte ainsi énoncé est, à tous égards, contraire au prescrit du Codex.

Prof Yochanan Bwejeri                              Bruxelles, le 22 Juin 2009

Prince de Nkoronko

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