Gabon†: L'annonce de la victoire du fils Bongo provoque des troubles
Afrique

@rib News, 04/09/2009 – Source Reuters

Ali Ben BongoL'annonce tardive et contestée de la victoire d'Ali Ben Bongo, fils du défunt chef de l'Etat gabonais, à l'élection présidentielle de dimanche a provoqué des troubles jeudi à Libreville et Port-Gentil.

Bongo Jr était ministre de la Défense de son père Omar Bongo, mort le 8 juin à Barcelone à l'âge de 73 ans après avoir régné d'une main de fer plus de 41 ans durant sur son petit pays d'Afrique centrale riche en pétrole.

Il a été crédité de 41,73% des suffrages exprimés, une majorité relative suffisante pour remporter cette élection à un tour. Ses deux principaux adversaires, l'ancien ministre de l'Intérieur André Mba Obamé et l'opposant Pierre Mamboundou, ont crié à la manipulation.

Leurs partisans ont été dispersés dans la matinée par les forces de sécurité à coups de gaz lacrymogènes après avoir campé toute la nuit sur une place du centre de la capitale proche du siège de la commission électorale, dont les délibérations s'éternisaient.

Après la proclamation des résultats, de nouveaux heurts ont éclaté avec les forces de sécurité au cours desquels Mamboundou, arrivé troisième, a été grièvement blessé, a annoncé Richard Mombo, le secrétaire général de son Union pour le peuple gabonais (UPG).

"Il est sérieusement blessé. Nous ne pouvons vous dire à quel point, mais il est vivant", a déclaré Mombo à Reuters, en ajoutant : "Nous condamnons ces résultats. C'est un coup d'Etat constitutionnel."

UNE MANNE TRUSTÉE PAR UN CLAN - DYNASTIE FAMILIALE ?

A Port-Gentil, coeur de l'exploitation pétrolière de ce pays faiblement peuplé, des médias français rapportent que des milliers de personnes, dont des prisonniers échappés de prison, se sont livrés à des émeutes et des pillages.

Des manifestants se sont approchés de la grande concession Total Gabon à Port-Gentil, causant "quelques dégâts matériels à proximité", a fait savoir de Paris la compagnie française, en précisant que les bâtiments de la concession n'avaient pas été endommagés.

Selon un décompte effectué par Reuters sur la base des résultats officiels dans les neuf provinces du pays, Ben Bongo aurait obtenu quelque 140.000 voix, Mba Obamé 87.000 et Mamboundou un peu plus de 50.000.

Ali Ben Bongo était le candidat officiel du Parti démocratique gabonais (PDG), l'ancien parti unique fondé par son père, qui ne s'est résigné au multipartisme qu'en 1990.

L'élection de Bongo Jr confirme la crainte de ses rivaux et des Gabonais de la rue que ne s'installe une sorte de dynastie familiale dans ce pays où la manne pétrolière a été trustée par un clan sous le règne de Bongo Sr et où le taux de pauvreté touche encore une grande partie de la population.

Analystes et marchés financiers n'excluaient pas que les contestations électorales entraînent quelques troubles, mais ils minimisent les risques de bouleversements majeurs dans la foulée de la victoire de Bongo Jr.

La France avait déclaré n'avoir pas de candidat, mais, pour beaucoup, le fils Bongo représente l'assurance de la continuité pour l'ancienne puissance coloniale.