Sommet sur le Burundi et le Soudan du Sud, jeudi ŗ Dar es Salaam
Diplomatie

APA, 07-09- 2016

Kampala (Ouganda) - Le Burundi et le Soudan du Sud seront au menu d’un sommet extraordinaire de six pays d’Afrique de l’Est qui se tiendra jeudi à Dar es Salaam, la capitale économique de la Tanzanie, apprend-on mardi de source officielle.

Le sommet regroupera les pays membres de la Communauté d’Afrique de l’Est (East African Community- EAC) : Burundi, Kenya, Ouganda, Rwanda, Soudan du Sud et Tanzanie. 

Selon un communiqué de cette organisation régionale dont le siège se trouve à Arusha, en Tanzanie, ce sommet extraordinaire se penchera notamment sur le rapport de l’ex-président (tanzanien) Benjamin Mkapa sur le dialogue inter-burundais et sur le rapport de la conférence ministérielle de l’EAC sur la situation au Soudan du Sud.

Le Burundi est plongé depuis plus d’une année dans une crise politique profonde née de la décision du président Pierre Nkurunziza de briguer un troisième mandat qu’il s’est adjugé en juillet 2015. La crise a déjà fait plus de 500 morts et le Haut -Commissariat de l’ONU aux réfugiés estime à plus de 270.000 le nombre de Burundais qui ont fui le pays depuis l’année dernière.

Le pouvoir de Bujumbura, qui a suspendu presque tous les médias indépendants, contraint à l’exil nombre de journalistes et militants des droits de l’Homme et refuse toute négociation avec l’opposition, semble décidé à aller jusqu’au bout de sa logique.

Au Soudan du Sud, la capitale, Juba, a été le théâtre de combats qui ont opposé, du 8 au 11 juillet, les troupes loyales au président Salva Kiir aux rebelles soutenant le vice-président Riek Machar, en fuite depuis lors. 

Ces affrontements ont fait près de 300 morts et environ 80.000 personnes déplacées. 

Le Soudan du Sud, qui a accédé à son indépendance en juillet 2011, après des décennies de conflit armé avec le Soudan, a été admis au sein de la Communauté en mars dernier, en devenant ainsi le sixième pays membre. 

Selon des sources au secrétariat de l’EAC, tous les chefs d’Etat des six pays membres devraient se retrouver jeudi à Dar es Salaam, à l’exception du Burundais Pierre Nkurunziza, qui n’a plus personnellement participé aux rencontres de l’organisation depuis le coup d’Etat manqué de mai 2015.

Le président burundais, ancien rebelle, avait alors quitté précipitamment Dar es Salaam, peu avant l’ouverture d’un sommet de l’organisation, après avoir appris qu’un coup d’Etat était en cours dans son pays.

Depuis lors, il ne se déplace pratiquement plus à l’étranger, se contentant de déléguer ses pouvoirs à son ministre des Affaires étrangères, Alain - Aimé Nyamitwe.

Le sommet de Dar es Salaam devrait par ailleurs aborder l’épineux dossier des relations plus que tendues entre le Burundi et le Rwanda, son voisin du nord.

Depuis près d’une année, des manifestations hostiles au gouvernement rwandais et à son président Paul Kagame, sont organisées par le pouvoir à Bujumbura et parfois en province, accusant les autorités rwandaises de soutenir des actes de déstabilisation du Burundi.

Le Rwanda, qui accueille plusieurs milliers de Burundais ayant fui leur pays depuis une année, rejette ces accusations et appelle Bujumbura à résoudre ses propres problèmes, sans chercher de bouc émissaire, en dehors de ses frontières.

Il y a quelques semaines, le Burundi est allé plus loin en suspendant ses échanges commerciaux avec le Rwanda, en violation des textes en vigueur au sein de l’EAC, concernant notamment la libre circulation des biens, des services et des personnes.