RSF : "Le pouvoir cherche à garder la main sur l’information produite par Isanganiro"
Droits de l'Homme

RFI, 07-04-2017

Burundi : le rédacteur en chef de Radio Isanganiro entendu par les renseignements

Au Burundi, mercredi 5 avril, le rédacteur en chef de la radio Isanganiro a été entendu pendant une heure par le SNR, les renseignements burundais. Selon Reporters sans frontières (RSF) qui s’inquiète de cette convocation, il a été interrogé sur sa collaboration supposée avec les radios burundaises qui émettent depuis leur exil rwandais. Plus grave, le SNR lui reprocherait d’avoir « incité l'opinion et la population à la révolte », sans pour autant fournir d’éléments pour étayer ces affirmations, selon RSF.

Fermée, comme la plupart des radios privées, au plus fort de la crise burundaise, Isanganiro a été réautorisée à émettre en échange de la signature d’une « charte déontologique », il y a près d'un an.

Selon Cléa Kahn-Sriber, responsable du bureau Afrique de RSF, cette convocation par les services de renseignements montre que le pouvoir cherche à garder la main sur l’information produite par Isanganiro.

« Des témoignages que RSF a pu recueillir, la ligne éditoriale d’Isanganiro est quand même beaucoup plus prudente, disons, que ce qu’elle pouvait être par le passé, et avec une ingérence claire des différents ministères ou instances de l’Etat, lorsqu’un reportage ne plaît pas. Par exemple, […] une interview d’un opposant politique qui critiquait le passage de la loi permettant le recrutement de réservistes, c’est passé en kirundi mais ce n’est jamais passé au journal en français, parce qu’entre-temps, un appel du gouvernement a fait en sorte que le directeur interdise le passage de cette information dans le journal en français. »

La plupart des radios indépendantes restent fermées au Burundi et la majorité des journalistes a pris le chemin de l’exil depuis le début de la crise qui secoue le pays.

Ecoutez Cléa Kahn-Sriber sur RFI