Burundi : doctorat honoris causa ŗ Pierre-Claver Mbonimpa
Droits de l'Homme

La Libre Belgique, 19 avril 2018

Le 3 mai prochain, le défenseur burundais des droits de l’homme Pierre-Claver Mbonimpa se verra attribuer le titre de Docteur honoris causa par l’Université libre de Bruxelles (ULB) et son pendant flamand (VUB), lors d’une cérémonie à Bozar, qui célèbrera la Journée mondiale de la liberté de la presse, centrée cette année sur « Les voix de la résistance ».

Ancien fonctionnaire du ministère de l’Economie et des Finances, puis agent de la police des frontières, Pierre-Claver Mbonimpa, membre du Frodebu (parti à majorité hutue, qui donnera au Burundi son premier Président de cette ethnie, Melchior Ndadaye) est arrêté dans les mois qui suivent l’assassinat du chef de l’Etat, pour détention de la Kalachnikov qu’un collègue lui a confiée avant de partir en congé. Il fait deux ans de prison à Mpimba (1994-96), où il subit de mauvais traitements. L’absence de droit des détenus le poussera à créer, en 2001, l’Association burundaise pour la protection des droits humains et des personnes détenues (Aprodh).

Hutu de mère tutsie, Mbonimpa a séduit les Burundais par son impartialité ethnique, politique et sociale. Un de ses fils a combattu dans la guérilla hutue CNDD-FDD, au pouvoir aujourd’hui, tandis qu’un autre, ainsi que son gendre, ont été assassinés par le régime du président Pierre Nkurunziza parce que Pierre-Claver Mbonimpa avait échappé à la mort après un attentat perpétré par le régime. Il vit aujourd’hui en Belgique.

Ceux qui veulent connaître cette personnalité attachante liront avec plaisir le livre d’entretiens entre Pierre-Claver Mbonimpa et notre confrère d’Iwacu, Antoine Kaburahe, qui vit lui aussi en exil en Belgique.

Par Marie-France Cros.