Plaidoyer contre l'appel au boycott du Cinquantenaire du Burundi ŗ Bruxelles
Opinion

@rib News, 27/06/2012

La célébration du Cinquantenaire de l’Indépendance : Une occasion de manifester sa fierté d’être Burundais et non d’être pris en otage par des différends politiques.

Par Innocent Bano

Dans moins d’une semaine, le Burundi célèbrera ses cinquante ans d’indépendance. Au Burundi comme à l’étranger des Burundais se mobilisent pour fêter cet événement unique dans la vie de certains. C’est également une occasion de rendre hommage à tous ces Burundais qui ont donné leur courage et leur sang pour que cette occasion se présente aujourd’hui. C’est en somme une opportunité pour tout citoyen burundais d’interroger sa conscience et de manifester sa joie et sa fierté d’être Burundais; quels que soient son vécu passé ou ses couleurs sociopolitiques.

Ainsi, que des individus mal intentionnés, quels qu’ils soient, soient tentés de récupérer certaines activités relatives à cette célébration pour en faire une polémique partisane et prendre en otages certains Burundais dans la perspective de les empêcher de s’associer aux autres, cela constitue un manque de patriotisme, voire un crime contre les libertés individuelles. Les responsables de tels comportements ne devraient ni être des interlocuteurs fiables ni avoir d’audience auprès d’un quelconque Burundais. Par ailleurs, en respectant le choix personnel de tout en chacun, toute personne qui prendrait l’initiative de rassembler les Burundais pour fêter ensemble cet événement devrait être soutenue et encouragée.

Ces derniers temps, certains sites internet se permettent de diffuser des messages d’appel au boycott des activités relatives à la célébration du Cinquantenaire. Je me pose la question quant à savoir si les responsables de ces sites mesurent la portée de ces messages à cette occasion précise de prise de conscience et de regard vers l’avenir pour un Burundi Uni, Réconcilié et Prospère. Qu’importent les couleurs sociopolitiques de ceux ou celles qui préparent ce Cinquantenaire et les activités y-relatives, la fête est avant tout burundaise. Je reste du principe qu’aucun Burundais ou ami du Burundi ne soit privé de participer aux festivités publiques organisées à l’occasion du Cinquantenaire et que nul ne doive payer pour cela.

Ce matin, en lisant un article publié sur le site d’un certain Belgo-Burundais, www.bujumbura.be, en rapport avec la soirée de gala du cinquantenaire prévue à Bruxelles, je voudrais interpeller les lecteurs et les inviter à faire attention à certaines affirmations apparemment de nature à diviser plus qu’à rassembler. Dans cet article, malgré le souhait du rédacteur (La soirée de gala du cinquantenaire devrait être gratuite), il y a tout de même des précisions qui devraient être préalablement fournies au public. Il semble qu’il y ait plusieurs malheureuses contradictions et amalgames qui mettent en doute la crédibilité de l’« information ».

Tout d’abord le site affirme que malgré « certaines zones d’ombre »  autour de cette soirée les préparatifs vont bon train. Excellent ! Mais ce qui est surprenant, c’est le paradoxe qui existe entre ces zones d’ombres et la gratuité de la soirée en soi. Parlant de manque de clarté dans la vente des tickets et du numéro de compte, ceci prouve que l’auteur de cet article est depuis un certain temps informé que le gala n’était pas gratuit et qu’il en connaissait à cet effet les organisateurs. Est-ce un crime que l’Ambassade du Burundi appuie directement ou indirectement des Burundais qui cherchent à fêter ensemble un événement aussi important que le Cinquantenaire ?  Le compte dont il fait allusion, est-ce réellement un compte de l’Ambassade du Burundi ? Quel intérêt les services de renseignements ont dans un tel spectacle et pourquoi attendraient-ils ce spectacle pour aller chercher, en cas de besoin, les numéros de compte des Burundais ? Par ailleurs, à quels services de renseignements fait-il référence ? Quant aux sommes dites colossales débloquées par le gouvernement burundais, y aurait-il des précisions chiffrées pour montrer à quel niveau ce gouvernement serait impliqué financièrement dans ce gala ? Y aurait-il une preuve tangible que les artistes auxquels il fait référence seront là aux frais du contribuable burundais ? En tant qu’invité et Burundais,  j’ai cherché à connaitre la vérité dans tout cela. Que ce soit au niveau de l’Ambassade ou des organisateurs, tout le monde nie les faits et parle d’une simple manipulation visant à perturber l’événement.

Comme tout autre spectacle où des frais sont engagés, il est normal que l’on demande une certaine contribution ; ce que l’on appelle communément « droit d’entrée » ou « participation aux frais » pour combler le manque à gagner. Les organisateurs affirment que, même si tel était le cas,  ce n’est pas non plus un crime de recevoir des subsides du gouvernement de leur propre pays ou ami, malheureusement ils n’ont  rien  reçu de celui-ci. Pour plus de précisions et informations, en plus des sponsors de certaines compagnies de voyage, les artistes viendront grâce aux fonds prélevés de l’activité « Burundi Cœur d’Afrique au Cœur de l’Europe », une activité des Burundais encadrée par l’Ambassade du Burundi depuis plus de quatre ans. C’est sur le compte de cette activité, et non celui de l’Ambassade du Burundi, que la contribution exigée sera versée.

Pour les organisateurs, les différends politiques et les ambitions partisanes personnelles devraient être mis de côté et tous les invités à ce gala doivent œuvrer pour sa réussite, une réussite qui sera celle de tous les Burundais en mémoire de 50 ans de leur Indépendance. Ils rappellent que « Burundi Cœur d’Afrique au Cœur de l’Europe » n’a aucune intention de livrer les identités de ceux qui auront versé leur contribution, à un service de renseignements que ce soit. Pour elle, l’unité des Burundais en cette occasion spéciale et l’image du Burundi priment sur toute division ! Tel est son slogan préféré. C’est sur-ce que je voudrais lancer personnellement un appel à tous mes compatriotes qui le pourront à revêtir le Costume Burundais et à venir manifester leur fierté d’être Burundais, que ce soit au stade Roi Baudouin le 1er Juillet ou à la soirée du gala du cinquantenaire du 7 Juillet au Théâtre St Michel à Bruxelles. Pour les organisateurs, que la porte « Vive le Burundi » soit ouverte à tout le monde sans distinction aucune. A tous les Burundais bonne fête ! L’Avenir est pour un Burundi uni.

Innocent Bano