Parler ou se taire†?
Question ŗ La Une

Juin 2008

Certes eut-il été plus confortable et rassurant de se taire: le silence tranquillise, anesthésie, protège.

Nous avons choisi cependant de parler.

Cela comporte certes des risques, beaucoup de risques.

Dans le contexte burundais actuel où les valeurs fondamentales de l’homme sont quotidiennement foulées aux pieds, parler attire des ennemis mortels. L’objectivité et la vérité semblent des valeurs si éloignées, tant les opinions des protagonistes politiques burundais s’opposent.

Nous préférons néanmoins le danger de la parole au confort, du reste fort relatif, du silence.

 

Nous, c’est qui ?

Les membres de l’Association de Réflexion et d’Information sur le Burundi.

 

Notre raison d’être ?

Réfléchir et informer sur ce pays, son peuple, sa culture, son histoire, ses souffrances mais aussi ses joies (hélas devenues rarissimes), ses aspirations …

Nous nous proposons de mettre en avant la réflexion, la rationalité, l’analyse patiente des faits après leur confrontation. Nous voulons multiplier les sources et les mettre à l’épreuve de la raison, de la logique, de la probabilité et du possible.

Nous voulons aussi orienter notre réflexion vers la construction, la reconstruction positive, avec des matériaux durables, des soubassements solides, sur une terre ferme et non sur du sable mouvant. Nous penserons en termes d’Etat de droit, de respect des règles de l’Etat et du fonctionnement des institutions, de justice, de mise en avant de valeurs fondamentalement universelles, en un mot de tous les fondements nécessaires pour une paix juste et durable.

 

Nous voulons aussi nous mettre à l’écoute et au service de maçons et d’architectes du Burundi futur animés de bonne foi, d’honnêteté, de patriotisme et de détermination.

Nous donnerons la parole aux Burundais et à tous les amis du Burundi intéressés par des propositions constructives. Nous souhaitons que cessent le bavardage et la diversion auxquels se livrent bien des journalistes qui dans le fond connaissent mal le peuple burundais et se soucient peu de son bien.

Nous voudrions mettre à leur place les passions partisanes, les propos incendiaires et faux visant à semer la haine et la destruction.

Nous sommes convaincus que la tourmente où se trouve le peuple burundais ne constitue pas une fatalité et que les acteurs de cette immense crise seront confondus par l’évolution inexorable de l’Histoire.

 

NdlR : Ainsi, feu Cyriaque SABINDEMYI rédigeait-il, en mars 1995, le premier éditorial d’ « IJAMBO – Les quatre vérités », organe d’expression de l’ARIB, intitulé « Burundi : un Etat dans la tourmente ».

Estimant que ce texte, dans sa forme et son contenu, n’a pas pris une ride, nous l’avons choisi, ce mois de juin 2008, pour relancer notre rubrique « Editorial ».

Nous voulons ainsi réaffirmer notre engagement à poursuivre notre travail en gardant ce cap, ce code de conduite et l’espoir d’un avenir meilleur.