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RFI, 05/06/2025 Les Burundais aux urnes pour élire députés et conseillers communaux sans grand suspense Les électeurs burundais étaient appelés ce jeudi 5 juin à élire les députés et conseillers communaux pour les cinq prochaines années. Les bureaux ont ouvert à six heures du matin, heure locale. Selon les témoignages sur place, les Burundais sont sortis massivement dès l'aube pour voter. Les résultats provisoires seront proclamés dans cinq jours, selon la Céni.
Pas de taux de participation provisoire annoncé jusqu'ici, mais la Céni l'assure, les Burundais ont participé « massivement » au double scrutin organisé aujourd'hui. Dans certaines régions, certains Burundais sont arrivés deux ou trois heures avant l'heure d'ouverture des bureaux de vote. Presque une tradition dans ce pays où plus de 85% de la population sont des paysans et sont très matinaux parce qu'ils doivent ensuite aller cultiver leurs champs avant les grosses chaleurs de la journée. Selon de nombreux témoignages, de fortes pressions ont également été exercées sur la population, notamment par les jeunes Imbonerakure du parti au pouvoir pour qu'elle aille voter. Sur certaines collines, ces derniers ont réveillé la population à coups de tambour et avec des sifflets par exemple. « Ces élections témoignent à suffisance de la maturité patriotique et démocratique de la population », a renchéri de son côté le président Evariste Ndayishimiye, qui a voté sur sa colline natale, dans le centre du pays. Le parti au pouvoir « a verrouillé tout le système » Ce n'est pas l'avis des petits partis politiques qui font face au CNDD-FDD, qui dirige le Burundi d'une main de fer depuis 20 ans. Bourrage d'urnes, votes multiples, électeurs obligés publiquement de cocher la case du parti au pouvoir ou encore leurs mandataires chassés des bureaux de vote... ces petits partis dénoncent des « irrégularités massives » qui ont entaché ces élections, selon eux. Mais ils ne se font guère d'illusion sur l'issue du vote. Le parti au pouvoir « a verrouillé tout le système », accuse l'opposition qui pointe une Céni aux ordres des Imbonerakure qui quadrillent le pays, une administration et des corps de défense et de sécurité au service du pouvoir ou encore une répression permanente de l'opposition. Un scrutin sans véritable enjeu électoral Aujourd'hui, les Burundais en âge de voter ont le choix entre des candidats issus du parti au pouvoir, des petits partis et quelques candidats indépendants. Et ce en l'absence du principal opposant, Agathon Rwasa et de ses soutiens empêchés de se présenter aux élections par des manœuvres orchestrés par le pouvoir selon eux. Le gouvernement nie ces accusations. Malgré l'absence de résultats notamment sur le plan économique, des pénuries de devise, carburant et autres médicaments, une inflation galopante, « Le boulevard est ouvert pour le Cndd-FDD », tranche un politologue, qui parle d'un double scrutin qui n'a pas de véritable enjeu électoral.
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