|
Radio-Canada, 29 janvier 2025 Un chercheur en développement agroalimentaire de Windsor a récemment publié un rapport pour améliorer les rendements agricoles au Burundi, un pays d’Afrique centrale, pour le compte d'un organisme issu de la diaspora à Toronto. Wiliam Thomas et son organisme, Agrifoodcity, ont collaboré avec un laboratoire basé au Michigan qui mène des analyses des sols pour améliorer les rendements des cultures.
L’analyse des sols agricoles fait partie du mandat, mais nous pouvons également vérifier la présence de contaminants élémentaires dans le sol et l’eau ainsi qu’analyser les produits alimentaires, explique-t-il. L'organisme Agrifoodcity est présent dans plusieurs pays d'Afrique et soutient des projets agricoles pour rendre les cultures rentables et adaptées aux différents types de sols. William Thomas a dévoilé récemment l’analyse d’échantillons de sols provenant du Burundi pour le compte du projet Niragira Community Development Projet (NCDP). Il s’agit d’une initiative de la diaspora burundaise basée à Toronto qui soutient des communautés rurales de son pays d’origine pour améliorer les rendements agricoles. Le projet NCDP compte une dizaine de coopératives agricoles au Burundi, pour lesquelles travaillent un millier de personnes. Améliorer les rendements agricoles Avec cette étude, le chercheur formule également des recommandations pour corriger les sols pauvres afin d’améliorer leur fertilité et la productivité agricole. En général, les sols sont pauvres en nutriments. La conductivité électrique (CE) est faible, ce qui indique que la fertilité globale est faible, constate M. Thomas. Les échantillons analysés se situent dans la plage acide, ajoute-t-il. « Les données ne diffèrent pas significativement d’un endroit à l’autre. » Une citation deWilliam Thomas, chercheur en développement agroalimentaire L’ajout de la chaux agricole ou de la dolomite au sol corrigera le problème, assure le chercheur. De plus, le fumier de bétail pourrait accélérer également le processus, améliorera l’activité microbienne et réduira la dépendance aux engrais commerciaux. Selon William Thomas, les cultures des avocatiers, des caféiers, du maïs ainsi que du manioc conviennent aux sols légèrement acides comme ceux du Burundi. Les initiateurs du projet se disent désormais outillés Le projet de coopératives NCDP dispose d’assez d’éléments scientifiques pour améliorer non seulement les sols, mais aussi la production, selon Déogratias Nshimirimana, porte-parole du projet. « Dans un premier temps, nous allons commencer avec la culture de banane. Mais William Thomas nous a aussi recommandé de planter notamment des cultures comme l’avocat et le maïs », affirme M. Nshimirimana. « L’avocat devient de plus en plus de l’or vert. C’est une bonne initiative de faire la promotion de l’avocat », explique André Nsengiyumva, ingénieur agronome, originaire du Burundi. Il suit de près le développement des coopératives NCDP à travers les médias sociaux. « Au fur et à mesure que plusieurs communautés commencent à développer cette culture, ça peut constituer une vraie alternative au café et au thé, qui sont des produits d’exportation traditionnels du Burundi. » Une citation deAndré Nsengiyumva, ingénieur agronome, originaire du Burundi Sensibiliser les communautés aux bonnes pratiques agricoles Les résultats de laboratoire permettent à l’équipe du projet de coopératives NCDP de sensibiliser les communautés locales aux meilleures pratiques agricoles, selon M. Nshimirimana. « Nous avons décidé d’investir dans notre pays parce que les pratiques agricoles anciennes ne donnent plus de production suffisante. » Une citation deDéogratias Nshimirimana, porte-parole de NCDP L’idée était également d’enseigner les nouvelles techniques agricoles pour que la population puisse produire beaucoup plus, affirme M. Nshimirimana. « C’est un rêve de tout le monde de voir les communautés d’origine se développer, ajoute l’ingénieur agronome André Nsengiyumva. Il faut que les gens puissent organiser correctement leurs champs, faire une bonne sélection de cultures qui répondent à leurs besoins nutritionnels et alimentaires. » « Une initiative pareille ne fait que nous réjouir. » Une citation deAndré Nsengiyumva, ingénieur agronome originaire du Burundi Le projet NCDP offre également aux communautés locales de la formation entre autres sur les méthodes de fabrication du fumier organique à l’aide du compost. Selon M. Nshimirimana, tous les responsables des coopératives NCDP ont un projet commun de construction d’une usine de transformation d’huile d’avocats, dans leur pays d’origine. Gabriel Nikundana
|