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APAnews, 28 mai 2025 APA-Bujumbura (Burundi) - Le gouvernement burundais et la Banque africaine de développement (BAD) ont lancé, le 20 mai à Bujumbura, la composante nationale du Projet intégré de développement Burundi-Rwanda (BRIDEP), un programme doté de 152 millions de dollars pour moderniser l’agriculture. Le Burundi franchit une nouvelle étape dans la modernisation de son secteur agricole et son ancrage régional avec le lancement de la composante nationale du Projet intégré de développement Burundi-Rwanda (BRIDEP).
Ce programme, appuyé par la Banque africaine de développement (BAD) et ses partenaires, ambitionne d’améliorer la production agricole, renforcer les liaisons transfrontalières et faciliter les échanges commerciaux entre les deux pays voisins. « Le lancement de ce projet est une étape cruciale pour la suite de sa mise en œuvre, qui constitue un jalon historique dans l’engagement du Burundi vers un développement durable, inclusif et intégré », a déclaré Diomède Ndayirukiye, secrétaire permanent au ministère burundais de l’Environnement, de l’Agriculture et de l’Élevage. Ce projet d’envergure sera mis en œuvre sur six ans (2024-2029) dans neuf provinces à fort potentiel agro-économique, telles que Kirundo, Gitega, Muyinga et Cibitoke. Il vise à transformer profondément l’agriculture burundaise en valorisant le potentiel irrigable, en dynamisant l’agro-industrialisation, en soutenant l’entrepreneuriat des jeunes et des femmes, et en renforçant la résilience climatique. Parmi les objectifs opérationnels figurent la fourniture de semences améliorées pour 24 000 hectares, la formation des producteurs aux techniques agricoles climato-intelligentes, la création de 40 centres d’élevage privés pour relancer des souches performantes de porcs et de volailles et la réhabilitation de 6 000 hectares de marais et 18 000 hectares de bassins versants. A cela s’ajoute un volet technologique fort, avec la géolocalisation de 120 000 ménages agricoles qui auront accès à une plateforme digitale centralisée, intégrant intrants, financements et débouchés. Autre innovation majeure : la construction du tout premier poste frontalier à guichet unique à Akanyaru Haut, et la création de deux agropoles pilotes à Cibitoke et Karuzi, symboles d’une agriculture burundaise résolument tournée vers l’industrialisation. Pour Pascal Yembiline, responsable pays de la BAD au Burundi, « l’agriculture est le cœur battant de l’économie burundaise, et lorsqu’elle est structurée, soutenue et modernisée, elle devient un puissant levier de transformation ». Il a salué le ciblage de la plaine de la Ruzizi, « symbole de potentiel inexploré », pour ses capacités à générer des emplois et améliorer les conditions de vie de milliers de ménages. Pascal Sanginga, responsable régional Agriculture et Agro-industrie au bureau Afrique de l’Est du Groupe de la Banque, a souligné que le BRIDEP « incarne une nouvelle génération de projets à fort impact ». Il a rappelé que « la Banque africaine de développement a pleinement adopté l’intégration régionale comme axe stratégique d’innovation ». D’un coût total de 152 millions de dollars, la composante burundaise du BRIDEP est financée majoritairement par la BAD, avec un appui du Fonds international de développement agricole (FIDA), un engagement actif du gouvernement burundais et la participation directe des populations bénéficiaires. ODL/te/Sf/APA
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