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RFI, 23/07/2025 Disparition de Jean Bigirimana au Burundi : neuf ans après, l'hommage des journalistes de Iwacu L'un des derniers médias indépendants du Burundi, IWACU, a commémoré ce mercredi 23 juillet le 9e anniversaire de la disparition d'un de ses journalistes, le 22 juillet 2016, au plus fort de la volonté de feu le président Pierre Nkurunziza de briguer un 3ᵉ mandat, et qui a fait des milliers de morts, selon les associations locales, et près de 500 000 réfugiés.
Le journal avait perdu les traces de Jean Bigirimana, alors qu'il était en rendez-vous avec des agents du très redouté SNR, le Service national de renseignement, à une trentaine de kilomètres de Bujumbura. Depuis, IWACU, qui n'a jamais eu de ses nouvelles, craint le pire. Ce mercredi matin, tous les journalistes de IWACU se sont recueillis devant un portrait géant du journaliste disparu. Ils étaient une quinzaine, alignés sur deux files qui se faisaient face. Deux jeunes journalistes se sont avancés pour déposer une couronne de fleurs sur le portrait géant de Jean Bigirimana, dessiné sur un des murs de l'imprimerie de Iwacu. Puis le directeur du journal et un avocat a expliqué la symbolique de cette cérémonie annuelle. « Jean Bigirimana était journaliste. Sa disparition est une épreuve, un traumatisme pour nous tous. Mais depuis cette terrible date, la peur au ventre, nous n'avons pas lâché. Nous avons continué notre travail. La rédaction a décidé que ce soit les plus jeunes journalistes pour porter la couronne. C'est un message fort, un message qui n'est pas tombé, que la relève est là, que des jeunes journalistes sont prêts à continuer le travail. Bref, que Jean n'a pas disparu pour rien » « Merci d'être debout, merci d'avoir gardé la flamme », a lancé à ses collègues le directeur de Iwacu avant de prévenir : « Nous continuerons de demander justice pour Jean Bigirimana ». Neuf ans après sa disparition, aucune enquête sérieuse n'a été initiée par les autorités burundaises jusqu'ici. Selon les organisations de défense de journalistes et l'épouse de Jean Bigirimana et ses deux garçons ont dû fuir en exil, a rappelé le directeur de Iwacu.
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