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@rib News, 02/08/2025 – Source Reuters Rwanda et la RDC s'accordent sur les grandes lignes d'un cadre économique dans le cadre de l'accord de paix Le Rwanda et la République démocratique du Congo (RDC) ont annoncé vendredi être parvenus à un accord sur les grandes lignes d'un cadre d'intégration économique régionale, selon le département d'État américain, alors que les deux pays avancent dans la mise en oeuvre de l'accord de paix signé à Washington en juin. Les principes convenus vendredi résument ce cadre, qui prévoit une coopération dans les domaines de l'énergie, des infrastructures, des chaînes d'approvisionnement en minerais, des parcs nationaux et de la santé publique, a précisé le département d'État dans un communiqué.
Le Rwanda et la RDC avaient signé un accord de paix à Washington en juin, lors de discussions menées sous l'égide de l'administration du président américain Donald Trump. L'objectif : mettre fin à des combats ayant causé des milliers de morts et attirer des milliards de dollars d'investissements occidentaux dans une région riche en tantale, or, cobalt, cuivre, lithium et autres minerais. Dans le cadre de cet accord, Kinshasa et Kigali se sont engagés à lancer un cadre d'intégration économique régionale dans les 90 jours, selon le texte de l'accord. Une source proche du dossier a indiqué qu'un projet préliminaire du cadre avait été validé, et qu'une période de consultation allait désormais permettre de recueillir les avis du secteur privé et de la société civile avant sa finalisation. La signature officielle du cadre est prévue lors d'un sommet des chefs d'État à la Maison Blanche, sans qu'aucune date n'ait encore été fixée, selon la même source. Dans le communiqué de vendredi, le Rwanda et la RDC ont réaffirmé que chaque pays exerce un « contrôle souverain et total » sur l'exploitation, la transformation et l'exportation de ses ressources naturelles, tout en reconnaissant l'importance de développer des capacités nationales de transformation des minerais, selon une copie consultée par Reuters. Kinshasa considère le pillage de ses ressources minières comme un facteur clé du conflit opposant ses forces aux rebelles du M23 soutenus par le Rwanda dans l'est du Congo. Reuters avait rapporté en mai que des minerais congolais tels que le tungstène, le tantale et l'étain, dont Kinshasa accuse depuis longtemps le Rwanda voisin d'exploitation illégale, pourraient être exportés légalement vers le Rwanda pour y être transformés, selon des sources proches des négociations menées par les États-Unis. Les deux pays se sont engagés à faire en sorte que le commerce des minerais ne finance plus les groupes armés, à créer un secteur minier industriel de classe mondiale dans la région, et à améliorer l'interopérabilité transfrontalière des chaînes d'approvisionnement en minerais, selon le communiqué. NOUVELLES INFRASTRUCTURES Ils ont également convenu de relier de nouvelles infrastructures au corridor de Lobito, soutenu par les États-Unis, soulignant ainsi la volonté de Washington d'accroître l'accès aux ressources régionales et de contrer l'influence de la Chine. Le projet hydroélectrique Ruzizi III et l'exploitation du méthane du lac Kivu sont les seuls projets spécifiques mentionnés dans le communiqué, malgré l'accent mis par les États-Unis sur les minerais critiques. Les deux pays ont indiqué vouloir accorder la priorité au financement du projet Ruzizi et coopérer pour exploiter le gaz méthane de manière durable. L'annonce de vendredi intervient après la première réunion d'un comité conjoint de suivi, tenue jeudi, marquant une étape vers la mise en oeuvre de l'accord de paix de Washington, même si plusieurs engagements restent à concrétiser. Dans l'accord de Washington, les deux pays africains s'étaient engagés à mettre en oeuvre un accord de 2024 prévoyant le retrait des troupes rwandaises de l'est du Congo sous 90 jours. Les opérations militaires congolaises visant les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), un groupe armé basé en RDC comprenant d'anciens membres de l'armée et de milices rwandaises ayant participé au génocide de 1994, doivent également s'achever dans le même délai. L'accord prévoit aussi la création d'un mécanisme conjoint de coordination sécuritaire dans les 30 jours et la mise en oeuvre d'un plan, convenu l'an dernier, pour surveiller et vérifier le retrait des soldats rwandais sous trois mois. Cependant, 30 jours après la signature, la réunion du mécanisme conjoint de coordination sécuritaire n'a pas encore eu lieu. La source proche du dossier a indiqué que cette réunion se tiendrait le 7 août à Addis-Abeba. La RDC mène également des discussions directes avec le M23 sous l'égide du Qatar, et le mois dernier, les deux parties se sont engagées à signer un accord de paix distinct d'ici le 18 août, bien que de nombreux points restent à négocier. Source Reuters - Traduit par Zonebourse
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