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APAnews, 04 août 2025 APA-Washington (Etats-Unis) | Réunis à Washington, la RDC et le Rwanda ont lancé le Comité conjoint de suivi, et initié un cadre d’intégration économique régionale, concrétisant les premières étapes de l’accord de paix signé le 27 juin sous médiation américaine. La République démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda ont tenu, le 31 juillet 2025 à Washington, la première réunion du Comité conjoint de suivi de l’accord de paix signé sous l’égide des États-Unis. Ce mécanisme marque le démarrage formel de la mise en œuvre d’un accord historique censé désamorcer plus de trente années de tensions et de conflits armés dans la région des Grands Lacs.
Signé le 27 juin dernier à Washington et rendu public par l’ambassade américaine à Kinshasa, l’accord établit un cadre politique, sécuritaire, humanitaire et économique contraignant. Il s’appuie notamment sur le Plan harmonisé de neutralisation des FDLR et de désengagement des forces rwandaises (CONOPS), élaboré dans le cadre du processus UA–Angola à Luanda en octobre 2024. Le Comité de suivi, composé de représentants de la RDC, du Rwanda, des États-Unis, du Qatar, de la République du Togo (facilitateur de l’Union africaine) et de la Commission de l’Union africaine, est chargé de superviser l’application de l’accord, traiter les violations et favoriser les règlements à l’amiable. Lors de cette session inaugurale, les participants ont désigné les présidents du Comité, validé les termes de référence pour ses réunions futures et préparé le lancement du Mécanisme conjoint de coordination de la sécurité (JSCM). Ce mécanisme intégrera les forces armées, les services de renseignement et les diplomaties des deux pays, appuyés par des observateurs américains et qataris. Il aura pour mandat de surveiller la mise en œuvre du CONOPS, organiser la neutralisation effective des FDLR et vérifier le désengagement militaire rwandais, en publiant des rapports mensuels circonstanciés. Parallèlement, les délégations ont initié, le 1er août, le Cadre d’intégration économique régionale, un pilier fondamental de l’accord. Celui-ci prévoit une coopération conjointe dans les domaines de l’énergie, des infrastructures, de la santé publique, de la gestion du lac Kivu, des chaînes d’approvisionnement minérales traçables et du tourisme écologique transfrontalier, en lien avec les parcs nationaux. Des audits indépendants et l’exclusion des circuits illicites devront garantir la transparence, dans une logique d’arrimage aux cadres existants (ZLECAf, CIRGL, CAE). L’accord engage par ailleurs les deux pays à respecter leur souveraineté mutuelle, à renoncer à tout soutien aux groupes armés non étatiques et à résoudre leurs différends de manière pacifique. Il prévoit aussi une coordination étroite avec les négociations de Doha entre Kinshasa et le M23, sous médiation qatarie. Toute réintégration de combattants devra obéir à des critères stricts liés à leur loyauté et à leur casier humanitaire. Sur le plan humanitaire, Kinshasa et Kigali s’engagent à garantir le retour volontaire et sécurisé des réfugiés, à faciliter l’accès humanitaire et à protéger les civils, en conformité avec les accords tripartites de Kigali de 2010 avec le HCR. Les deux gouvernements réaffirment également leur engagement à collaborer avec la MONUSCO, dont ils reconnaissent le rôle stabilisateur, et à respecter la résolution 2765 (2024) du Conseil de sécurité des Nations Unies sur la liberté de mouvement et la sécurité du personnel onusien. Le texte de l’accord est entré en vigueur immédiatement après sa signature. Il est à durée indéterminée mais peut être amendé par consentement mutuel ou résilié avec un préavis de 60 jours. Selon Washington, ces avancées ouvrent la voie à un Sommet des chefs d’État, à une date qui reste à déterminer, pour consolider la paix et bâtir une prospérité régionale partagée dans l’Est africain. AC/Sf/APA
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