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APAnews, 12 août 2025 APA-Kinshasa (RDC) | Les accusations croisées sur des massacres présumés fragilisent l’accord conclu à Washington pour ramener la paix dans l’est congolais. Depuis plusieurs jours, une guerre de communiqués s’est engagée entre les protagonistes du conflit dans l’Est de la RDC. Chacun rejette les rapports onusiens l’impliquant, ce qui met en péril un accord négocié sous l’égide de partenaires internationaux et destiné à protéger les populations civiles.
Le M23 rejette les accusations L’Alliance fleuve Congo (AFC/M23) a réfuté vendredi dernier les conclusions du Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l’homme (BCNUDH) et du Haut-Commissariat aux droits de l’homme (HCDH), qui l’accusent d’avoir tué entre 169 et 319 civils entre le 9 et le 21 juillet dans le territoire de Rutshuru, au Nord-Kivu. Le mouvement parle d’allégations « non fondées » et « politiquement motivées », dénonçant une « méthodologie défaillante » reposant sur des témoignages « non corroborés » issus de sources « compromises », comme les milices Wazalendo et les FDLR. Les FARDC contre-attaquent Mardi, l’armée congolaise a accusé l’AFC/M23 de commettre des « massacres ciblés » contre des civils, principalement Hutu, au Nord-Kivu, et d’attaquer à plusieurs reprises ses positions au Nord-Kivu et au Sud-Kivu. Dans un communiqué signé par le général major Ekenge Bomusa Efomi, porte-parole de l’état-major général, les FARDC dénoncent une « violation intentionnelle » de l’accord de paix de Washington et de la déclaration de principes de Doha. Kigali rejette toute implication La veille, le gouvernement rwandais a également récusé les accusations du HCDH affirmant que les Forces de défense du Rwanda (RDF) auraient participé au meurtre de 319 civils dans des fermes situées dans l’est de la RDC. Kigali qualifie ces allégations de « fausses » et « sans aucune preuve », estimant que l’« inclusion gratuite » des RDF est « inacceptable » et entache la crédibilité du HCDH. Un accord fragilisé Signé à Washington pour une durée indéterminée mais résiliable avec un préavis de 60 jours, l’accord prévoyait le renforcement de la protection des civils et la sécurité du personnel onusien. Selon Washington, il devait préparer un sommet des chefs d’État pour consolider la paix dans la région. Mais l’escalade actuelle remet en question cet objectif. L’AFC/M23 exige le retrait immédiat du rapport onusien, des excuses publiques et l’ouverture d’une enquête indépendante, tout en affirmant rester « engagé à protéger les populations civiles ». Dans une région où le M23, accusé par Kinshasa d’être soutenu par Kigali – ce que le Rwanda nie –, contrôle de vastes zones depuis 2021, la situation pourrait rapidement échapper au cadre de l’accord. AC/Sf/APA
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