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@rib News, 20/08/2025 – Source AFP Dans l’Est de la RDC, Human Rights Watch et Amnesty International accusent le M23 de massacres, de viols collectifs et d’exactions qui pourraient constituer des crimes de guerre. Le M23 accusé d’avoir massacré des civils hutus L’ONG américaine Human Rights Watch (HRW) a accusé le groupe armé M23, soutenu par le Rwanda, d’avoir exécuté sommairement plus de 140 civils, majoritairement hutus, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), dans un rapport publié mercredi.
Début août, l’ONU avait accusé le M23 (le Mouvement du 23 mars) d’avoir tué 319 civils dans la province du Nord-Kivu, des actes principalement commis dans des territoires jouxtant la frontière rwandaise et le parc national des Virunga. Selon HRW, ces victimes étaient majoritairement des Hutus, tués dans au moins 14 villages et communautés agricoles.
« Ces massacres semblent faire partie d’une campagne militaire contre les Forces démocratiques de libération du Rwanda [FDLR], un groupe armé composé principalement de Hutus rwandais formé par des personnes ayant pris part au génocide de 1994 au Rwanda », affirme HRW dans ce rapport. Il s’agit de l’« une des pires atrocités commises par le M23 depuis sa résurgence fin 2021 », ajoute l’organisation de défense des droits de la personne. « La plupart des victimes appartenaient à l’ethnie hutue et, dans une moindre mesure, à l’ethnie nande. Le fait que le M23 cible des civils hutus vivant à proximité des bastions des FDLR soulève de graves préoccupations de nettoyage ethnique dans le territoire de Rutshuru », estime Human Rights Watch. Une femme qui a vu des combattants du M23 tuer son mari à la machette le 11 juillet a affirmé à HRW que le M23 avait ensuite rassemblé les femmes et les enfants de son village. « Vers 10 heures du matin, nous avons été forcés de marcher vers l’endroit où nos vies allaient se terminer », a-t-elle raconté à l’ONG. « Nous marchions en silence. Si un enfant se mettait à pleurer, ils menaçaient de le tuer. Ils tuaient avec des couteaux », a-t-elle ajouté. Selon elle, 70 personnes, y compris des femmes et des filles, ont par la suite été exécutées au bord d’une rivière. Des témoins de plusieurs attaques ont assuré à HRW que « les combattants du M23 leur ont ordonné d’enterrer immédiatement les corps dans les champs ou de les laisser sans sépulture, privant les familles de la possibilité d’organiser des funérailles. » D’après HRW, « des témoignages, des sources militaires et l’ONU indiquent que l’armée rwandaise était aussi impliquée dans les opérations du M23 dans le secteur », ce que Kigali a nié, affirmant qu’un groupe armé rival du M23 avait perpétré les meurtres. Le territoire de Rutshuru et les zones frontalières du Rwanda sont en proie à des violences depuis plus de 30 ans. Amnesty accuse le M23 de viols et d’exécutions sommaires Amnesty international accuse des groupes armés, dont le M23, d’avoir commis des viols collectifs, des exécutions sommaires et des enlèvements dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), dans un rapport publié mercredi. Les violences dans l’est de la RDC se sont intensifiées depuis 2021 avec la résurgence du groupe antigouvernemental M23, qui s’est emparé des grandes villes de Goma en janvier puis de Bukavu en février. Violences sexuelles et déplacements massifs Le M23 a « infligé des viols collectifs à des femmes et fait subir à des civils des atteintes aux droits de la personne généralisées » qui « pourraient s’apparenter à des crimes de guerre », a affirmé Amnesty International dans ce rapport. Amnesty affirme s’être entretenue avec plus de 53 victimes et témoins pour élaborer ce rapport. « Toutes les victimes de viols collectifs commis par des combattants du M23 ont expliqué que les auteurs des agressions portaient des uniformes ressemblant à ceux du M23 et s’exprimaient en kinyarwanda, langue parlée par certains combattants du M23 », ont assuré les auteurs. Dans l’est de la RDC, « les femmes ne sont en sécurité nulle part : elles sont violées chez elles, dans des champs ou dans les camps où elles cherchent refuge », a dénoncé Tigere Chagutah, directeur régional d’Amnesty international pour l’Afrique de l’Est et l’Afrique australe, cité dans ce rapport. Des combattants du M23 « se sont également livrés à des atteintes aux droits de la personne contre des membres de la société civile, des journalistes et des avocats », selon Amnesty, qui cite notamment des « actes de torture », et « des disparitions forcées ».
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