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@rib News, 09/09/2025 – Source Reuters Les juges de la Cour pénale internationale (CPI) ont entamé mardi des audiences visant à finaliser les charges retenues contre le chef de guerre ougandais en fuite, Joseph Kony. Selon des experts juridiques, cette procédure pourrait servir de modèle pour d'autres suspects de haut niveau actuellement en cavale, notamment le président russe Vladimir Poutine et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.
« (Les procureurs) envisagent à long terme la possibilité d'utiliser cette procédure contre Poutine ou Netanyahu s'ils continuent d'échapper à la justice année après année », a déclaré à Reuters Michael Scharf, professeur de droit international à la Case Western Reserve University. La CPI a essuyé de vives critiques de la part d'États puissants non membres, comme les États-Unis, et même de certains de ses propres membres, après avoir émis un mandat d'arrêt contre Netanyahu pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité présumés dans le cadre du conflit à Gaza. Israël nie ces accusations et rejette la compétence de la CPI. La CPI a également lancé en mars 2023 un mandat d'arrêt contre le président russe Vladimir Poutine, l'accusant du crime de guerre lié à la déportation illégale de centaines d'enfants ukrainiens. Le Kremlin a, à plusieurs reprises, rejeté ces accusations. Kony, chef de la rébellion de l'Armée de résistance du Seigneur (LRA), est le fugitif le plus recherché de la CPI. Un mandat d'arrêt a été émis contre lui en 2005. Le procureur adjoint Mame Mandiaye Niang a indiqué que les procureurs de la CPI souhaitent l'inculper de 39 chefs d'accusation pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité, notamment meurtre, viol, utilisation d'enfants soldats, esclavage sexuel et grossesse forcée, pour des faits survenus entre 2002 et 2005. « Tous ces crimes ont été commis par la LRA sous le commandement de Joseph Kony », a précisé Niang devant la cour, ajoutant que les enfants du nord de l'Ouganda vivaient dans la peur constante des attaques et enlèvements lors de la « violence systémique » orchestrée par la LRA. En 2022, le bureau du procureur de la CPI avait annoncé vouloir relancer l'affaire en organisant des audiences de confirmation des charges en l'absence de Kony. Après de nouveaux efforts infructueux pour localiser le chef rebelle, les juges ont autorisé la tenue d'audiences par contumace. Un collège de trois juges devra confirmer les charges à l'issue de ces audiences, lors desquelles des avocats nommés par la cour représenteront les intérêts de Kony. Fondée à la fin des années 1980 dans le but de renverser le gouvernement, la LRA a fait régner la terreur sur la population ougandaise sous la direction de Kony pendant près de vingt ans, affrontant l'armée depuis ses bases dans le nord du pays. Les victimes de Kony saluent la reprise de la procédure par la CPI, mais déplorent l'absence de compensation financière pour les victimes présumées. « Tout cet argent gaspillé dans un procès symbolique d'un homme absent, dont on ignore même la localisation, j'aurais préféré qu'il serve à nous indemniser », a confié à Reuters Louis Lakor, ancien enfant-soldat de la LRA dans le nord de l'Ouganda. Source Reuters - Traduit par Zonebourse
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