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@rib News, 24/09/2025 – Source Reuters Museveni autorisé à briguer un nouveau mandat en Ouganda, vise près d'un demi-siècle au pouvoir
La Commission électorale ougandaise a donné mardi son feu vert au président octogénaire Yoweri Museveni pour qu'il se présente à nouveau lors des élections prévues début l'année prochaine, ce qui pourrait prolonger son règne dans ce pays d'Afrique de l'Est à près d'un demi-siècle
Ancien chef rebelle, Museveni est salué pour avoir stabilisé l'Ouganda, encouragé la croissance économique et lutté contre le VIH/SIDA. Mais ses détracteurs dénoncent la répression des opposants politiques, les violations des droits de l'homme et de multiples scandales de corruption sous son gouvernement. Après avoir pris le pouvoir en 1986, Museveni affirmait que le problème de l'Afrique n'était pas son peuple, mais "les dirigeants qui veulent s'accrocher au pouvoir". Désormais quatrième dirigeant africain en exercice le plus ancien, Museveni et son gouvernement ont modifié la Constitution à deux reprises pour supprimer les limites d'âge et de mandat, lui permettant ainsi de rester en poste.
UN NOUVEL AFFRONTEMENT ATTENDU CONTRE L'OPPOSANT BOBI WINE Le scrutin de 2026 devrait une nouvelle fois opposer l'actuel président, âgé de 81 ans, à son principal rival Bobi Wine, 43 ans, chanteur devenu figure politique, qui a su mobiliser une large base de jeunes électeurs grâce à sa célébrité. Museveni avait largement battu Wine, de son vrai nom Robert Kyagulanyi, en 2021, bien que ce dernier ait affirmé que la victoire lui avait été volée par des bourrages d'urnes, des intimidations de la part des forces de sécurité et d'autres irrégularités. La candidature de Museveni a été la première validée par la commission électorale, chargée de vérifier si les candidats remplissent les conditions légales. L'instance doit examiner la candidature de Wine mercredi. Lors d'une conférence de presse mardi, Museveni a déclaré qu'un nouveau mandat de cinq ans lui permettrait de donner la priorité au retour de la sécurité publique, à la réhabilitation des infrastructures de transport, ainsi qu'à l'expansion des soins de santé et de l'éducation gratuite. "Il y a un peu de criminalité et d'impunité", a-t-il reconnu, en référence aux inquiétudes liées à une vague de criminalité dans les zones urbaines. Son parti, le Mouvement de résistance nationale, entend également "éliminer la corruption", a-t-il ajouté. Le gouvernement Museveni table sur un boom économique lorsque le pays commencera à exporter du pétrole brut l'année prochaine, avec une croissance attendue à deux chiffres lors du prochain exercice financier. Les opposants du président l'accusent depuis longtemps d'utiliser le clientélisme d'État et l'armée pour conserver le pouvoir, ainsi que d'avoir recours à des enlèvements et à la torture contre ses adversaires, des accusations qu'il rejette. En mai, le chef de l'armée ougandaise, Muhoozi Kainerugaba, également fils de Museveni, a reconnu avoir détenu un militant d'opposition porté disparu dans sa cave, tout en menaçant que Bobi Wine pourrait être le prochain. (Elias Biryabarema, Mara Vîlcu pour la version française, édité par Augustin Turpin) Source Reuters - Traduit par Zonebourse
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