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@rib News, 30/09/2025 Les évènements historiques majeurs de septembre au Burundi incluent le passage de l'expédition d'Oscar Baumann en 1892 ; la victoire de l'UPRONA et son chef le prince Louis Rwagasore aux élections législatives du 18 septembre 1961 ; la nomination de Sylvestre Ntibantunganya à la présidence le 30 septembre 1994 durant la guerre civile ; la naissance du CNDD le 24 septembre 1994 ; ainsi que le lancement en 1998 de nouveaux pourparlers de paix sous l'égide de Julius Nyerere.
Septembre-octobre 1892 : Passage de l'expédition d'Oscar Baumann L'explorateur allemand Oscar Baumann est connu pour son exploration de l'intérieur de l'Afrique orientale allemande (Tanzanie, Rwanda et Burundi), et ses cartes de la région. En 1888, il accompagne le géologue Hans Meyer dans une tentative d'escalade du Kilimandjaro. Ils sont toutefois capturés et détenus en route, par des rebelles arabes menés par Abushiri ibn Salim al-Harthi lors de la révolte d'Abushiri. Une rançon de 10 000 roupies est payée pour leur libération. Oscar Baumann, en 1892, fait un détour à travers le Burundi pour se rendre de la région du lac Victoria à Tabora, en passant par le fleuve Ruvubu et en atteignant les rives du lac Tanganyika. Son parcours le mène sur la Ruvubu, qui alimente l'Akagera, un affluent du lac Victoria, avant qu'il ne rejoigne la région du lac Tanganyika, près de Tabora. Cette période est une étape importante dans la colonisation progressive du pays, qui sera par la suite sous le mandat belge après la Première Guerre mondiale. 1961 : L'UPRONA remporte les élections Sous mandat, puis sous tutelle belge depuis les années 20, le Ruanda-Urundi, devenu une République en 1961, est scindé en deux en juillet 1962. Un des deux États nés de cette scission est le Burundi, dont la capitale est Bujumbura (ex-Usumbura). Alors que la marche vers l'indépendance du Ruanda est ponctuée de tensions ethniques entre Tutsi et Hutu et d'affrontements violents, le Burundi progresse dans un climat de stabilité relative. Le 18 septembre 1961, le parti Union pour le progrès national (UPRONA), dirigé par le Prince Louis Rwagasore, obtient une victoire écrasante aux élections législatives, une étape cruciale vers l'indépendance du pays. Cet événement politique majeur est une étape clé dans la préparation de l'indépendance du Burundi, obtenue en 1962, mais la mort du prince Rwagasore un mois plus tard crée une instabilité politique qui aura des conséquences durables. 1994 : Accession de Sylvestre Ntibantunganya à la présidence de la République Après la tentative, le 21 octobre 1993, d’un coup d'État qui a échoué, avec des conséquences majeures pour le pays, Sylvestre Ntibantunganya préside l'Assemblée nationale pendant le court règne du nouveau chef de l'Etat, Cyprien Ntaryamira. Après la mort de ce dernier dans l'attentat du 6 avril 1994 qui détruit l'avion qui le ramenait d'Arusha, en compagnie du président rwandais, Juvénal Habyarimana, un gouvernement de transition est mis en place et Sylvestre Ntibantunganya devient président du Burundi par intérim du 8 avril 1994 jusqu'au 30 septembre 1994, où il est nommé à la présidence de la République du Burundi, tandis que la guerre civile et les massacres ethniques entre Hutus et Tutsis continuent. A cette époque, il bénéficie encore d'une grande popularité parmi les partisans du Frodebu, qui occupe 80% des sièges du Parlement, mais un nouveau partage négocié du pouvoir débouche sur la paralysie des institutions, les rivalités politico-ethniques minant l'autorité du gouvernement dit « de coalition ». La nécessité de conserver de bonnes relations avec l'armée, proche de l'opposition tutsie, afin de maintenir le Frodebu au pouvoir, conduit Sylvestre Ntibantunganya à accepter des compromis qui lui coûtent peu à peu sa popularité au profit de Léonard Nyangoma, ancien ministre de l'intérieur et fondateur, le 24 septembre 1994, d'un mouvement de guérilla qui prit les armes contre l’armée mono-ethnique tutsie qui avait assassiné le premier président démocratiquement élu, Melchior Ndadaye. La présidence de Sylvestre Ntibantunganya se déroule dans le contexte difficile de la guerre civile, marquée marquée par la poursuite des massacres ethniques, l'exil des Hutus, et des attaques des guérillas hutu contre des camps de réfugiés Tutsis, tandis que les Forces armées burundaises (FAB) s'en prennent aux civils Hutus. Dans cette période d'intensification des conflits entre les forces tutsies et hutu, Sylvestre Ntibantunganya est démis de ses fonctions par Pierre Buyoya lors du coup d'État militaire le 25 juillet 1996, reprenant ainsi la présidence du pays perdue dans les urnes en juin 1993 et parachevant le coup d'État militaire raté le 21 octobre 1993. 1994 : Naissance du CNDD le 24 septembre 1994 En 1992, le Burundi accède à nouveau au pluralisme démocratique et l'année suivante, le 1er juin 1993 l'ancien parti unique UPRONA est battu par le FRODEBU. Le 21 octobre 1993, trois mois après la prise du pouvoir par le FRODEBU, l'armée renversa les institutions démocratiques en assassinant le Président de la République démocratiquement élu et d'autres hautes personnalités comme le Président et le vice-président de l'Assemblée Nationale. Et c'est pour combattre ce crime et restaurer la démocratie, le député Léonard Nyangoma, jusqu’alors Ministre rescapé de l’éphémère gouvernement décapité dans les limbes par le coup de force du 21 octobre 1993, fonde en exil, le 24 septembre 1994, le Conseil National pour la Défense de la Démocratie (CNDD). Le CNDD va se doter d'une branche armée, les Forces pour la Défense de la Démocratie-FDD pour organiser la résistance populaire. A sa naissance, le CNDD était donc un rassemblement de plusieurs partis et mouvements, tous indignés par le renversement des institutions démocratiques intervenu le 21 octobre 1993. Avec les épreuves de la lutte, des divergences vont se faire jour au sein du CNDD. Une mutinerie intervenue en 1998 a donné naissance au CNDD-FDD, actuel parti au pouvoir. Le CNDD de Nyangoma signa le cessez-le-feu avec le pouvoir en place en 1998 après les négociations de Rome et avant celles d'Arusha. Il signa, le 28 août 2000, les accords d'Arusha pour la paix et la réconciliation. Un gouvernement de transition fut mis en place en 2002. Le CNDD organisa son Assemblée Constituante le 8 mars 2003 et fut agréé comme parti politique le 13 janvier 2005. Septembre 1998 : Lancement de nouveaux pourparlers de paix Lancement de nouveaux pourparlers de paix sous l'égide de Julius Nyerere, ouvrant la voie à une résolution du conflit. Pourparlers qui seront relancé et redynamisé à partir de 1999 par Nelson Mandela, après le décès de Julius Nyerere. Ces pourparlers visaient à résoudre la crise qui avait débuté avec l'assassinat du président élu Melchior Ndadaye en 1993 et qui avait plongé le pays dans des années de guerre civile et d'instabilité. L'Accord d'Arusha issu de ces pourparlers a intégré des dispositions importantes, telles que la promotion de la diversité ethnique au sein des forces de défense et de sécurité, ainsi que des garanties de représentation équitable des groupes ethniques dans les postes locaux et au sein des institutions de l'État.
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