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@rib News, 07/11/2025 – Source Reuters La Tanzanie inculpe 145 personnes pour trahison après des manifestations électorales Les procureurs en Tanzanie ont inculpé au moins 145 personnes pour trahison vendredi, les accusant d'être impliquées dans les violentes manifestations qui ont éclaté lors des élections présidentielles et législatives de la semaine dernière, selon des documents judiciaires consultés par Reuters.
Le principal parti d'opposition, CHADEMA, ainsi que certains défenseurs des droits humains, affirment que les forces de sécurité auraient tué plus de 1 000 personnes. Le gouvernement juge ces chiffres exagérés sans fournir son propre bilan officiel. Il s'agit des premières poursuites engagées contre des personnes soupçonnées d'avoir participé aux manifestations. Un responsable religieux estime que cette décision ne fera qu'exacerber les tensions nées du scrutin. Des chefs religieux et d'autres personnalités ont appelé le gouvernement à engager un dialogue avec les opposants politiques et les manifestants. Le porte-parole du gouvernement n'a pas répondu aux sollicitations téléphoniques et par message pour commenter la situation. LES ACCUSÉS AURAIENT CHERCHÉ À OBSTRUER LE SCRUTIN, SELON LES DOCUMENTS Les documents déposés devant le tribunal de première instance de Dar es Salaam indiquent que les prévenus « ont formé l'intention d'entraver les élections générales de 2025 dans le but d'intimider l'Exécutif de la République de Tanzanie » et qu'ils ont causé des dommages aux biens de l'État. Les documents n'apportent pas de précisions sur les accusations individuelles, à l'exception d'une prévenue : une femme d'affaires, également arrêtée avant les élections pour avoir, selon les autorités, encouragé les manifestations. Elle est accusée d'avoir incité la population à acheter des masques à gaz dans son commerce durant les troubles. Les autres inculpés ne semblent pas être des personnalités publiques. Boniface Mwabukusi, président de la principale association d'avocats de Tanzanie continentale, estime qu'ils ne sont pas représentés par un avocat. Benson Bagonza, évêque de l'Église luthérienne évangélique de Tanzanie, juge que ces inculpations ne feront qu'aggraver les tensions. « La seule option pour le gouvernement afin de préserver au moins une paix relative serait... de partager la douleur du peuple plutôt que d'arrêter et de poursuivre les manifestants », a-t-il déclaré. Les manifestations ont été principalement alimentées par la colère suscitée par l'exclusion des deux principaux candidats de l'opposition à la présidentielle. L'un d'eux, Tundu Lissu, chef de file du CHADEMA, a été inculpé pour trahison en avril. La commission électorale a déclaré la présidente sortante, Samia Suluhu Hassan, victorieuse avec près de 98 % des voix. Elle a prêté serment lundi. Les observateurs de l'Union africaine ont jugé le scrutin non crédible et ont constaté des bourrages d'urnes. Le gouvernement a rejeté ces critiques, affirmant que l'élection s'est déroulée de manière équitable. Source Reuters - Traduit par Zonebourse
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