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@rib News, 12/11/2025 Matongo 5 novembre 2025 ou encore une grosse occasion ratée pour la retenue présidentielle Par JP Mbona, 12 novembre 2025 Dans mes curieuses pérégrinations sur la toile, j’ai retenu une anecdote, lâchée un jour dans les média par un ancien porte-parole de Nkurunziza, si je ne m’abuse, un certain Monsieur LH, apparemment lui-même ancien combattant des FDD encore dans le maquis, où il évoquait de façon visiblement non anecdotique, un sobriquet dont était affublé dans le maquis un de leur chef (dont on dit d’ailleurs qu’il fut un des ténors ayant évincé leur ancien président de la tête du mouvement CNDD alors encore au maquis vers les années 1997). « Kirorogorogo », a-t-dit. A l’époque j’avais pensé qu’il était « allé trop loin » ; car, même en tant qu’opposant, l’ancien compère/camarade du concerné semblait avoir oublié que de la retenue faut à respecter la fonction du sieur devenu grand chef.
La récente sortie discursive à Matongo s’avère une bonne illustration qu’un chef peut déborder et franchir un « rubicond verbal ». Ça vous laisse sans voix, complètement atone et ahuri. On en vient même à oublier qu’autant il est strictement interdit de donner des coups en dessous de la ceinture sur un ring de tous les arts martiaux, surtout en boxe classique, en kick boxing et j’en passe ; autant il s’avère nécessaire de rappeler qu’un président, ça ne verse pas dans la bassesse discursive, en dessous de la « ceinture politique ». Pour la gouverne des non kirundiphones, ikirogorogo ou ikirogorye selon une certaine variation lexicale régionale (que ceux qui connaissent le nom de l’oiseau en langue étrangère contacte la rédaction pour info) est un oiseau bien de chez nous, apparemment très volubile ou loquace, c’est selon. Appliqué à un humain, cela devient manifestement une grossière insulte dont on accole les gens qui parlent trop, beaucoup trop, sans retenue, sans réfléchir et souvent pour ne rien dire, sinon dire trop. Oyons seulement ! Un vieil adage bien français dit que « La parole est d’argent, mais le silence est d’or ». La sagesse de nos ancêtres basokuru vient lui faire écho et déclare que irigukunze riguma mu nda ; imvugira kuyamara na yo… kuvuga irisunitswe n’impemu… heraheza ! Appliqué à la fonction de leader et, qui plus est de premier rang, cette belle sagesse rappelle que parfois voire souvent, savoir se taire peut, pour un dirigeant, « valoir tout l’or du monde ». Lire l'intégralité de l'Analyse
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