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TheSiteOueb, 17-11-2025 La Journée mondiale des étudiants : Plus qu’une date, un miroir des défis de la jeunesse Le 17 novembre, Journée Internationale des Étudiants. Un titre grandiloquent pour une date qui ne dit souvent rien à celle et celui qui est sur les bancs de l’Université. Pourtant, derrière ce silence se cache une histoire sombre de résistance et, aujourd’hui, le reflet des défis bien concrets de la jeunesse. Entre précarité, inégalités d’accès et quête de sens, cette journée mérite d’être tirée de l’oubli.
Une commémoration historique, pas si lointaine Imaginez un peu. Nous sommes en 1939. La Seconde Guerre mondiale vient de commencer. Des Universités, celles de Prague notamment, sont prises d’assaut par l’occupant. Pourquoi ? Parce que les étudiants tchèques protestaient. Les représailles furent terribles : des exécutions, l’envoi de milliers d’entre eux en camps de concentration. C’est en souvenir de ces événements tragiques, de ces jeunes qui ont payé de leur vie leur soif de liberté et d’indépendance, que des associations étudiantes basées à Londres ont décidé, dès 1941, d’instaurer cette journée. Cette date commémore l’anniversaire de la prise d’assaut de l’Université de Prague par les nazis en 1939, suite aux manifestations contre l’occupation allemande de la Tchécoslovaquie et aux assassinats de Jan Opletal et de l’ouvrier Václav Sedláček. Les nazis ont arrêté les étudiants, assassiné neuf de leurs leaders et déporté plus de 1 200 étudiants dans des camps de concentration, principalement à Sachsenhausen. Ils ont ensuite fermé toutes les Universités et écoles supérieures tchèques. À cette époque, la Tchécoslovaquie n’existait plus, ayant été divisée en Protectorat de Bohême-Moravie et en République slovaque, sous un gouvernement fantoche fasciste. C’est la genèse, l’étincelle initiale, « une célébration internationale de la communauté étudiante », comme on dit. Mais avouons-le, à part quelques initiatives ici et là dans certaines Universités pour célébrer le multiculturalisme, cette date peine aujourd’hui à résonner dans le quotidien de ceux qu’elle est censée honorer. Elle est devenue, disons-le franchement, une date qui a « peu d’écho dans le monde des étudiants » contemporains. Et ça, c’est peut-être dommage. Le cri silencieux contre la précarité Aujourd’hui, le combat a changé de visage. S’il y a bien une lutte qui mobilise, c’est celle contre « la précarité estudiantine ». La Journée des étudiants, même si elle n’est pas brandie comme un étendard, sert de catalyseur pour attirer l’attention sur des réalités bien dures. On parle des difficultés d’accès à une éducation de qualité. Mais soyons honnêtes, pour beaucoup, il s’agit surtout de réussir à joindre les deux bouts. Logement, nourriture, transports, livres… ce sont des coûts qui explosent, et l’aide n’est pas toujours au rendez-vous. Pour beaucoup d’entre eux, les études sont devenues un marathon financier, parfois même un luxe. On observe une augmentation du nombre d’étudiants qui doivent travailler à côté de leurs cours, au détriment parfois de leur réussite académique. C’est un dilemme : choisir entre se nourrir dignement ou assister à tous ses TD. Cette situation met une pression psychologique énorme sur cette génération, et on ne le répétera jamais assez : une tête bien faite passe d’abord par un ventre plein et un toit stable. L’éducation, ce puissant vecteur d’unité Mais n’oublions pas la dimension fondamentale de l’éducation, au-delà des considérations matérielles. Elle est, par essence, ce qui nous connecte. L’un des « ponts les plus importants qui relient les personnes d’horizons et de cultures différents est la connaissance ». Lorsque des jeunes de tous pays se retrouvent dans une même salle de cours, ils partagent bien plus qu’une simple matière : ils partagent des visions du monde. Une « éducation globale », c’est une fabrique d’empathie et de compréhension mutuelle. Ça permet aux étudiants de valoriser la diversité et de célébrer les valeurs communes. En apprenant l’un de l’autre, ils déconstruisent les stéréotypes. C’est dans ces échanges, parfois animés, souvent enrichissants, qu’une véritable citoyenneté mondiale prend racine. C’est ça l’enjeu : former des esprits critiques, ouverts, capables de travailler ensemble sur les défis de demain, peu importe d’où ils viennent. Les défis de la génération 2025 Alors, si l’on se projette un peu, quels sont les défis rencontrés par les étudiants en 2025 ? Ils sont multiples, bien sûr, mais certains s’imposent avec force. On pourrait en citer quelques-uns : Le numérique et l’intelligence artificielle : Comment intégrer ces outils, les maîtriser, sans se faire déborder ? Il y a une véritable anxiété quant à la pertinence des diplômes face à l’accélération technologique. L’urgence climatique : C’est la préoccupation numéro un pour beaucoup. Ils ne veulent plus seulement apprendre, ils veulent des solutions et une place pour agir dans un monde en mutation rapide. Le bien-être mental : La pression de la réussite, la solitude, l’incertitude de l’avenir... Tout cela pèse lourdement sur la santé psychologique des étudiants. Un sujet qui était tabou, mais qui devient heureusement central. Cette nouvelle génération doit faire face à un marché de l’emploi qui se transforme à une vitesse folle, exigeant sans cesse de nouvelles compétences, souvent hybrides. Ils ont besoin d’une formation qui ne soit pas figée, mais qui les rende adaptables, résilients. Ce n’est pas une mince affaire, d’autant qu’à côté, beaucoup doivent gérer les problèmes de financement dont on a parlé. Vers un avenir mondial grâce à l’éducation En conclusion, ce lundi 17 novembre, la Journée Internationale des Étudiants, qu’elle soit largement célébrée ou non, demeure un rappel essentiel. Elle nous invite à nous souvenir de la valeur de l’engagement étudiant, celui d’hier contre l’oppression, celui d’aujourd’hui pour un monde plus juste et durable. L’éducation, c’est la clé, le levier, la promesse d’un « avenir mondial ». C’est elle qui donne aux jeunes les outils non seulement pour comprendre le monde complexe dans lequel ils vivent, mais surtout pour le transformer. Le rôle de nos institutions, des gouvernements, et de nous tous, est de veiller à ce que cette clé soit accessible à tous, sans distinction d’origine sociale ou géographique. C’est notre investissement le plus précieux, car c’est dans la tête de ces jeunes qu’est en train de s’écrire, jour après jour, le prochain chapitre de l’humanité. Chabot Thierry Passionné par les ordinateurs depuis son premier PC-1512, il est l'auteur principal des articles concernant Internet, les OS et les moteurs de recherches. Il répond souvent sur les forums avec le pseudonyme Cthierry pour proposer des solutions.
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