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Radio-Canada, 22 novembre 2025 De nouvel arrivant à aidant, le parcours inspirant d’un Burundais d’Ottawa Ordinateurs en libre-service occupés, rencontres personnalisées en cours dans une salle, personnes en attente à l’accueil... Les bureaux de l’organisme ottavien, Burundi We Want, continuent de recevoir du monde même après la fin de la période des impôts. Parmi les gérants de ce lieu, le coordinateur de programme, Kenny Ndayiragije, aide deux nouveaux arrivants à remplir un formulaire administratif. Ce Burundais de 18 ans n’a pas toujours occupé ces fonctions dans l’organisme.
Sur les conseils de son père, il est arrivé à Burundi We Want dans le but d’effectuer ses 40 heures de service communautaire obligatoires pour obtenir le diplôme d’études secondaires de l’Ontario. « C'était un peu dur pour moi au niveau du bénévolat. [...] Avec Burundi We Want, j'ai eu de l'expérience dans le social, j'ai aidé beaucoup de personnes et de nouveaux arrivants », explique celui qui a déménagé au Canada en 2023. Redonner en retour Au fil du temps, Kenny Ndayiragije a pris goût au bénévolat effectué auprès de sa communauté au point de revoir ses priorités professionnelles. Plutôt que de rechercher un emploi ailleurs, il a plutôt préféré rester avec son organisme d’accueil pour aider des nouveaux arrivants sur les questions technologiques, administratives et d'intégration. « Je ne me voyais pas travailler ailleurs alors qu'il y a des gens qui ont besoin de moi ici », confie-t-il tout en assurant avoir eu plusieurs opportunités d’emplois qu’il a dû refuser pour se concentrer sur sa passion, le social. « J’ai préféré redonner ce qui m’a été donné, [...] parce que j’ai obtenu beaucoup d'informations et de ressources que je n'aurais peut-être pas pu avoir seul. » - Une citation de Kenny Ndayiragije, coordinateur de programme à Burundi We Want Kenny Ndayiragije fait partie, aujourd’hui, des quatre salariés de l’organisme. Il occupe le poste de coordinateur de programme en attendant de pouvoir retourner aux études dans le but de mettre en place sa propre structure d’aides aux nouveaux arrivants. « Mon plan, c'est d’aller à l'université pour commencer un programme qui est en rapport avec ce que je fais actuellement parce que je pense que j'ai un peu d'expérience. » Une rencontre qui change tout Florette Kaneza, une autre nouvelle arrivante de 56 ans, a eu un parcours similaire à celui de Kenny Ndayiragije, à quelques exceptions près. Arrivée au Canada il y a environ trois ans, la Burundaise avec une formation de comptable dans son pays avait du mal à trouver son premier emploi. Une annonce de Burundi We Want sur les réseaux sociaux viendra changer les choses pour elle. J’avais un CV de quatre pages. Ils me l’ont refait au modèle canadien avec les mots essentiels qui peuvent intéresser des entreprises. Ils m’ont ensuite montré où le déposer et c’est grâce à ce CV que j'ai décroché un emploi dans une garderie, souligne-t-elle. L’aide de Burundi We Want à Mme Kaneza ne s’est pas limitée là, puisque l’Ottavienne a pu retourner aux études au collège La Cité où elle a terminé un programme. « Avant de venir au Canada, je ne me voyais pas retourner aux études [...] et aujourd’hui, je suis fière de l’avoir fait parce que j'ai été embauchée par rapport à mon niveau d'étude. » - Une citation deFlorette Kaneza, Burundaise installée à Ottawa Tout comme Kenny Ndayiragije, Florette Kaneza se sentait également redevable envers Burundi We Want au point d’inviter sa fille de 17 ans à venir régulièrement faire du bénévolat au sein de l’organisme. Dix ans de services Burundi We Want célèbre cette année ses 10 ans d’existence dans la communauté avec des services aux nouveaux arrivants, comme de l’aide à l’emploi et à l'intégration, une clinique d’impôts, des programmes de mentorat, de leadership et de santé mentale. L’organisme, qui revendique avoir touché plus de 8000 personnes depuis sa création, a d’ailleurs inauguré l'année dernière son centre de services dans l'enceinte du Rideau Community Hub d'Ottawa. Tout en se félicitant du travail accompli, ainsi que des efforts en faveur des nouveaux arrivants, le directeur général de Burundi We Want, Camille Kamanzi, regrette toutefois que les organismes francophones ne soient pas suffisamment soutenus dans la capitale fédérale. « C'est comme si le gouvernement ne remarque pas non seulement les efforts fournis par les organismes comme les nôtres, et aussi, il n'y a pas de soutien qui vient avec », fait-il savoir. Une crise réelle Pour lui, c’est comme s’il y avait un déni de la réalité migratoire actuelle de la part des autorités dirigeantes. « Il y a une crise qui est là, une masse de francophones arrivés ici à Ottawa et qui ont besoin d'aide parce que beaucoup d'agences ici sont généralement anglophones et toutes les agences francophones sont débordées. » - Une citation deCamille Kamanzi, directeur général de Burundi We Want M. Kamanzi souhaite que les organismes francophones soient traités au même titre que leurs homologues anglophones. Il ajoute que cela permettra la mise à disposition de ressources nécessaires pouvant aider les nouveaux arrivants francophones. « Si on a pu aider plus de 2000 personnes en 12 mois sans soutien du gouvernement, je crois qu’on pourrait faire plus avec n'importe quel soutien », lance-t-il. Amadou Barry Voir l'original |