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@rib News, 28/11/2025 Embastillement de N. Sarkozy ou le karma retour du bâton libyen ? Par JP. Mbona, novembre 2025 Vingt jours de prison ! Puis libéré le 10 novembre par la Cour d’appel de Paris et placé sous contrôle judiciaire. C’est déjà ça, dirions-nous !!! « Embastiller », verbe transitif ou essentiel direct en français. Seulement, s’il existait un dictionnaire des occurrences syntagmatiques du langage courant, « embastiller un ancien président français » serait jusqu’au soir du lundi 19 octobre 2025 estampillé « barbarisme », entendez « n’existe pas… encore » ! Et pour cause. Il y a toujours une première fois n’est-ce pas ? Il fallait bien que ce bon joli verbe dérivant de la célèbre prison légendaire toute française, prise d’assaut le 14 juillet 1789, s’appliquât un jour au plus haut « magistrat » de France, ou du moins quelqu’un qui le fut.
Sieur Nicolas Paul Stéphane Sárközy de Nagy‑Bocsa. Lui-même, derrière les barreaux ; ça ne s’invente pas. Un ancien du barreau de Paris. Avocat de son état, mais surtout ancien président de la république française. « Le voyou de la République française », comme l’a surnommé une certaine presse qui ne le porte vraisemblablement pas dans son cœur. Et il y a de quoi, walahi ! Plus qu’une première, un signe des temps ; illustration s’il en est de la dégringolade dans laquelle ladite République des « lumières » est désormais engagée, elle qui a vécu au crochet d’un continent qui la lâche petit à petit, comme dirait un autre ancien président, Chirac pour ne pas le nommer. Le temps du voleur, c’est 39 jours ; celui du proprio, le 40e jour. L’affaire de l’ancien président français Nicolas Sarkozy, condamné à une peine de prison pour « association de malfaiteurs » dans le dossier du financement libyen de sa campagne de 2007, soulève un double questionnement : d’une part, la dimension politique et géopolitique de ses liens avec la Libye de Mouammar Kadhafi ; d’autre part, la dimension juridique de sa responsabilité personnelle après l’exercice du pouvoir. Cette double grille d’analyse s’avère d’autant plus significative lorsqu’on la met en regard du rôle de la France en Afrique et, en particulier, de la posture qu’a adoptée Sarkozy vis-à-vis du continent mère de l’Humanité. Le « Discours de Dakar » de 2007, souvent moqué ou critiqué par l’intelligentsia africaine pour son ton condescendant et ses présupposés stéréotypés frisant un racisme primaire, illustre cette méconnaissance ou ce décalage qui peut venir compliquer la compréhension politique et diplomatique du dossier libyen. Trois grandes articulations nous intéressent ici : d’abord le contexte factuel et historique ; ensuite une brève analyse politique et enfin une tentative d’analyse extrapolative sur le mal fait par Sarkozy à l’Afrique, notamment et pas seulement en tuant le guide libyen. Au cœur ou en filigrane de la réflexion l’idée que le procès de Sarkozy peut être envisagé non seulement comme une sanction judiciaire, mais surtout comme un moment de vérité politique et historique. De manière transversale on pourrait aussi chercher à répondre à la question de la méconnaissance de l’Afrique par Sarkozy, afin de mieux comprendre les ressorts symboliques et réels de cette relation franco-africaine qui l’ont amenée à s’acharner, le mot est ici faible, sur un certain Kadhafi, apparemment aux mobiles que l’on n’a pas vraiment tenté et encore moins fini de décrire. Peut-on dégager quelques enseignements pour l’avenir – tant pour les relations France-Afrique que pour la gouvernance électorale et diplomatique ? Lire l'intégralité de l'Analyse
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