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@rib News, 05/12/2025 – Source Reuters Les États-Unis poursuivent l'accord de paix Congo-Rwanda avec un plan pour sécuriser les minerais Le prêteur américain pour le développement a annoncé vendredi son intention de prendre une participation dans un nouveau partenariat visant à commercialiser les minerais de la République démocratique du Congo, ce qui pourrait accorder aux utilisateurs finaux américains un droit de premier refus sur les approvisionnements en cuivre et en cobalt.
Les États-Unis livrent une concurrence acharnée à la Chine pour sécuriser l'accès à des minerais essentiels à la fabrication de produits allant des iPhones aux automobiles. Le Congo détient environ 72 % des réserves mondiales de cobalt et assure plus de 74 % de l'offre, dont une grande partie provient de mines artisanales. Ces projets d'investissement ont été dévoilés au lendemain de la rencontre organisée par le président américain Donald Trump, qui a réuni les dirigeants de la République démocratique du Congo et du Rwanda pour la signature d'un accord visant à mettre fin à un conflit prolongé dans l'est minier du Congo et à stabiliser les chaînes d'approvisionnement. Donald Trump a qualifié cet accord de « nouvelle ère d'harmonie et de coopération » susceptible d'apporter paix et prospérité à l'ensemble de la région, même si aucune des deux parties n'a encore mis en oeuvre les engagements fondamentaux de l'accord et que de nouveaux combats ont éclaté vendredi. L'accord de paix lie des engagements sécuritaires à un cadre économique qui ouvre les réserves congolaises de cuivre, cobalt, lithium et or aux investisseurs occidentaux en quête de minerais stratégiques pour les véhicules électriques et l'énergie propre. Redéfinir les relations du Congo avec les marchés mondiaux des métaux La Société américaine de financement du développement international (DFC) a indiqué avoir manifesté son intérêt pour une prise de participation dans une nouvelle coentreprise entre le groupe minier d'État congolais Gécamines et le négociant suisse de matières premières Mercuria pour la commercialisation du cuivre et du cobalt. Ce partenariat pourrait s'étendre à d'autres minerais comme le germanium et le gallium, essentiels à la fabrication de semi-conducteurs et de panneaux solaires, ont précisé Gécamines et Mercuria dans un communiqué commun. « Cette collaboration marque une étape décisive dans la volonté de Gécamines de renforcer sa place sur le marché mondial des métaux », a déclaré Guy Robert Lukama, président de Gécamines. Selon les deux entreprises, dans le cadre d'un éventuel accord avec la DFC, les utilisateurs finaux américains bénéficieraient d'un droit de premier refus sur les approvisionnements en cuivre et en cobalt. L'investissement américain prévu dans ce partenariat soutiendrait la commercialisation du cuivre, du cobalt et d'autres minerais critiques, donnant ainsi aux acheteurs américains et alliés un accès à des sources d'approvisionnement responsables, indispensables aux véhicules électriques et à l'énergie propre, a précisé le prêteur dans un communiqué distinct. Le partenariat ambitionne également d'améliorer la transparence et la compétitivité dans le premier pays producteur mondial de cobalt, qui a récemment instauré des quotas d'exportation, lancé un système de traçabilité pour le cobalt artisanal et annoncé vendredi de nouvelles conditions d'exportation. Mercuria apportera son expertise en logistique, financement et négoce dans le cadre de l'accord, ainsi qu'une formation en gestion des risques et en opérations. La coentreprise prévoit également des investissements dans les infrastructures d'exportation pour lever les goulets d'étranglement dans l'acheminement des minerais, selon le communiqué. Kostas Bintas, responsable mondial des métaux et minerais chez Mercuria, a qualifié ce partenariat de « redéfinition de la façon dont le Congo interagit avec les marchés mondiaux des métaux ». La DFC a également fait part de son soutien à un projet distinct de réhabilitation de la ligne ferroviaire Dilolo-Sakania en RDC, qui pourrait solliciter jusqu'à 1 milliard de dollars de financement. Cette ligne serait reliée au chemin de fer atlantique de Lobito en Angola, créant ainsi un corridor stratégique pour le transport des minerais et des marchandises à travers l'Afrique centrale et australe. Source Reuters - Traduit par Zonebourse
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