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RFI, 31 décembre 2025 La décision de fermer la frontière terrestre entre le Burundi et la République démocratique du Congo (RDC), est avant tout sécuritaire, selon les autorités burundaises. Mais elle frappe durement un pays dont la RDC est le principal débouché commercial, premier partenaire à l’export. La route nationale numéro 4, entre l’ancienne capitale politique et plus grande ville burundaise, Bujumbura, et l’une des principales villes de la province congolaise du Sud-Kivu, Uvira, est d’ordinaire l’un des axes commerciaux les plus fréquentés du Burundi.
La RDC représente 27 % du montant total des exportations Savons, textiles, produits alimentaires, bière : en 2024, les marchandises vers la RDC ont représenté 27 % du montant total des exportations du pays, soit « un montant équivalent aux décaissements annuels de la Banque mondiale », selon l'économiste Jean Ndenzako. Sur le terrain, les premiers touchés sont les petits commerçants frontaliers, les agriculteurs et les transporteurs qui vivaient de cet axe. Leur activité était déjà au ralenti depuis l’escalade du conflit dans l’est de la RDC. Depuis trois semaines, l’arrêt est presque total. À moyen terme, les économistes redoutent plusieurs effets en chaîne : une baisse durable des exportations, un manque à gagner pour les recettes douanières, mais aussi une aggravation de la pénurie de devises, dans un pays où la pression sur le dollar reste forte sur le marché parallèle. Autre conséquence possible : un renforcement de la dépendance du Burundi vis-à-vis du corridor tanzanien, pour son approvisionnement, ce qui pourrait renchérir le coût des importations et allonger les délais logistiques. |