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APAnews, 30 décembre 2025 RDC : plus de 100 000 réfugiés congolais accueillis au Burundi APA-Kinshasa (RDC) | La dégradation rapide de la situation sécuritaire dans la province congolaise du Sud-Kivu provoque des déplacements massifs de populations. Depuis le 5 décembre, le Burundi, pays voisin de la République démocratique du Congo (RDC), a accueilli plus de 100 000 réfugiés congolais et rapatriés burundais, selon des agences humanitaires des Nations Unies.
Selon le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), l’afflux de civils fuyant les violences armées dans l’Est de la RDC s’est intensifié ces dernières semaines, notamment en provenance des zones de Kamanyola, Luvungi, Katogota et Uvira. Plus de 101 000 personnes ont été enregistrées aux points d’entrée de Buganda, Gatumba et Rumonge depuis le 5 décembre. Parmi ces arrivées figurent plus de 90 000 réfugiés congolais ainsi qu’environ 11 000 Burundais précédemment installés en RDC. Face à cette pression humanitaire, plus de 62 000 personnes ont été transférées des zones frontalières vers le site d’accueil de Busum. Le HCR souligne que la situation sécuritaire demeure « fortement dégradée » et appelle à une mobilisation urgente afin de renforcer l’enregistrement et l’assistance aux populations déplacées, alors que les mouvements se poursuivent. De son côté, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA) indique que, malgré l’annonce du retrait du groupe armé M23 d’Uvira le 17 décembre, l’insécurité reste « extrêmement précaire » dans la ville et ses environs, ainsi que le long de l’axe Uvira–Fizi. Les violences persistantes ont entraîné, depuis début décembre, le déplacement d’environ 500 000 personnes dans les territoires d’Uvira, Fizi et Kalehe, ainsi que dans certaines zones du Tanganyika. Ces populations vivent dans des conditions précaires, hébergées dans des écoles, des églises, des sites surpeuplés ou au sein de communautés d’accueil déjà fragilisées. L’OCHA rapporte également des pillages de structures sanitaires et éducatives, compromettant gravement l’accès aux soins et à l’éducation. Parallèlement, une recrudescence des cas de choléra aggrave la situation humanitaire. Entre le 14 et le 21 décembre, au moins 409 nouveaux cas, dont huit décès, ont été recensés, principalement dans les zones de santé de Ruzizi, Fizi, Nundu et Lemera. Les capacités de réponse restent très limitées en raison du manque de médicaments, des contraintes logistiques et de l’insécurité persistante entravant l’accès humanitaire. La province du Sud-Kivu, dans l’Est de la RDC, est régulièrement touchée par des violences armées impliquant divers groupes, provoquant des déplacements massifs de populations et une crise humanitaire chronique. Les restrictions d’accès, l’insécurité et la faiblesse des infrastructures sanitaires compliquent la réponse humanitaire, tandis que les pays voisins, dont le Burundi, continuent de faire face à un afflux croissant de réfugiés. DM/ac/Sf/APA |