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TV5MONDE, 25 Déc. 2025 Burundi: au moins huit réfugiés de RD Congo meurent du choléra, plus de 150 cas confirmés Parmi les plus de 80.000 personnes ayant trouvé refuge au Burundi depuis l'est de la République démocratique du Congo (RD Congo), au moins huit personnes sont mortes du choléra. Ils ont fui après une nouvelle percée du groupe armé M23, soutenu par le Rwanda selon l'ONU et vivent dans des conditions sanitaires minimes dans les camps de déplacés.
Au moins huit personnes sont mortes du choléra parmi les plus de 80.000 personnes ayant fui au Burundi, dernière percée du groupe armé M23, soutenu par le Rwanda, dans l'est de la République démocratique du Congo, a-t-on appris mercredi 24 décembre de source humanitaire. Après s'être emparé des grandes villes congolaises de Goma en janvier puis de Bukavu en février, le M23 a lancé début décembre une nouvelle offensive dans la province du Sud-Kivu, le long de la frontière burundaise. Une situation alors que le Rwanda et la RDC signaient à Washington un accord de paix sous l'égide du président Donald Trump. Le groupe armé a pris le 10 décembre le contrôle d'Uvira, ville de centaines de milliers d'habitants permettant de contrôler la frontière terrestre avec le Burundi, allié militaire de Kinshasa. Sous pression américaine, le M23 a affirmé se retirer d'Uvira. Mais certains de ses policiers et agents de renseignement y étaient encore déployés jeudi, selon des sources locales et sécuritaires. Alors que l'ONU a lancé la semaine dernière un appel de fonds d'urgence pour permettre l'accueil digne de personnes ayant fui la RD Congo, une source humanitaire a également fait état de 150 cas confirmés de choléra. "La situation est catastrophique" "La situation est catastrophique (...) car on est face à des dizaines de milliers de réfugiés qui manquent cruellement de tout: nourriture, abris, eau, médicaments, tout depuis leur arrivée au Burundi", a affirmé cet humanitaire, qui a requis l'anonymat auprès de l'AFP car les autorités burundaises tiennent selon lui à garder ces chiffres secrets. Dans les camps de réfugiés, "on est accueilli par une puanteur innommable, dans le chaos car certains viennent de passer des jours sous le soleil et la pluie, avec une aide quasi inexistante", a-t-il poursuivi. Il a enjoint la communauté international à "réagir" sinon "ces sites et camps de réfugiés vont devenir des mouroirs". Lundi 22 décembre, Médecins sans frontières, dans un communiqué, faisait état d'un taux de 42% de positivité pour les tests de paludisme que l'ONG avait réalisés les jours précédents. "Nous voyons des gens dans dans un état de stress, de désespoir et de grande fatigue", décrit Zakari Moluh, le coordinateur de MSF pour un site du nord-est du Burundi, faisant également état de 14 cas confirmés de choléra et de suspicion de rougeole. L'ONU dénombre 500.000 déplacés du fait de l'offensive du M23, dont 200.000 originaires de la région d'Uvira. Les 300.000 autres viennent de la région de Fizi, située à une centaine de kilomètres au sud d'Uvira. Par TV5MONDE avec AFP |