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Deutsche Welle, 06/01/2026 Un rapport alerte sur la hausse des violences sexistes au Burundi et appelle à agir d’urgence contre les féminicides, infanticides et l’impunité persistante. et de l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), publié courant décembre 2025, dénonce la hausse des violations graves des droits humains, au Burundi - "dont 70 % de violences basées sur le genre visant les femmes et les enfants". Ces organisations appellent à agir d'urgence contre les violences sexuelles, contre les féminicides, les infanticides, et aussi contre l'impunité persistante.
Parce que la normalisation de la violence empêche de se protéger, une association au Burundi agit aussi au quotidien pour tenter de déconstruire les croyances culturelles qui légitiment les violences conjugales ou basées sur le genre. Diane Nshimirimana travaille comme assistante-psychologue au sein de l'association, Solidarité des femmes pour le bien-être social et le progrès. Diane Nshimirimana : Pour déconstruire la perception selon laquelle les violences conjugales que les femmes prennent comme normal, la SFBSP organise des séances de sensibilisation communautaire sur les formes de violences basées sur le genre et leurs conséquences. Cela permet à certaines femmes de reconnaître des violences et de savoir qu'elles subissent des violences dans leur foyer. Ces femmes réalisent qu'elles ne doivent plus rester dans ces violences, et elles sollicitent des centres ou des structures qui peuvent les prendre en charge, y compris notre organisation qui a créé des maisons d'écoute et d'orientation qui sont dans les différentes zones d'intervention. Dans ces centres, les femmes reçoivent des assistances juridiques, psychosociales et aussi des assistances médicales à travers les référencements vers les centres spécialisés. DW : Quelles sont les stratégies concrètes que vous utilisez pour identifier, protéger et soutenir les femmes victimes des violences, surtout lorsqu'elles hésitent à dénoncer ? Diane Nshimirimana : La SFBSP organise des formations sur la prévention des violences basées sur le genre auprès des agents de santé communautaires, auprès des leaders communautaires, auprès des femmes leaders, auprès des leaders religieux. Ces bénéficiaires organisent à leur tour, dans leurs communautés des séances de sensibilisation. Et c'est eux-mêmes qui identifient les victimes des violences basées sur le genre et les réfèrent ici ou ailleurs dans les centres spécialisés pour la prise en charge holistique. DW : Pendant les seize jours d'activisme contre les violences faites aux femmes, quel message souhaitez-vous faire passer aux femmes qui hésitent encore à dénoncer les violences dont elles sont victimes ? Diane Nshimirimana : Un message clé que je peux donner c’est qu’aucune violence n'est normale dans cette campagne de seize jours d'activisme pour la lutte contre les violences basées sur le genre. Dénoncer l'auteur, c'est se protéger et protéger les autres. |