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RFI, 12/01/2026 Burundi : choléra, malnutrition et insécurité menacent les nombreux réfugiés fuyant l’Est de la RDC Au Burundi, l’ONU annonce la mort de 53 réfugiés congolais dont 25 seraient morts du choléra et d’autres d’anémie et de complications liées à la malnutrition, selon le HCR. Ces dernières semaines, plus de 100 000 Congolais ont fui les combats dans l’est de la République démocratique du Congo, un afflux record de réfugiés congolais arrivant au Burundi, dans un contexte humanitaire déjà tendu.
Kinshasa a dépêché, vendredi 9 janvier, une délégation à Bujumbura, avec des vivres et des biens de première nécessité. Sur place, Sjukuru Rukara, réfugié congolais, a quitté Luvungi, dans le territoire d’Uvira, début décembre. Joint par RFI, il décrit un quotidien sans eau potable ni sanitaires et une insécurité jusque sur le chemin de la rivière : « Il y a 70 % des réfugiés qui sont là depuis un mois et demi, pour certains, deux mois, mais qui n’ont pas trouvé une assistance humanitaire. Ils passent leurs nuits à l’extérieur et quand il pleut, c’est vraiment un problème très grave. Nous avons un accès difficile aux toilettes, un accès difficile à l’eau potable et c’est ce qui cause des morts provoquées par la diarrhée, les maladies d’origine hydrique ou encore le choléra. » « Certaines personnes, dit-il encore, meurent aussi à cause de l’insécurité. Il arrive que des réfugiés quittent leur lieu d’accueil pour aller à la rivière, pour chercher de l’eau et se retrouvent face à des personnes non identifiées, des personnes de mauvais cœur. Parfois, on retrouve des corps compte tenu de cette insécurité. La vie que nous menons aujourd’hui est vraiment très difficile, critique comme ce n’est pas possible, oui. » Réfugiés au Burundi : «Avant que les Congolais ne puissent regagner la RDC, il y a un minimum de préalables» Les autorités congolaises sont au chevet des réfugiés ayant fui les combats entre l’armée congolaise et les rebelles de l'AFC/M23 soutenus par l’armée rwandaise : ils sont plus de 250 000 au Burundi et plus de 100 000 en Tanzanie, selon Kinshasa. À la tête de la mission, la ministre des Affaires sociales, actions humaines et de la solidarité nationale, Ève Bazaiba, qui a bouclé l’étape du Burundi le 11 janvier 2026, après avoir sillonné les camps des réfugiés, l’un d'eux se situant près de la frontière où environ 70 000 personnes ont trouvé refuge. Les besoins sont immenses. Kinshasa dit avoir apporté le nécessaire pour des besoins urgents quand le HCR a lancé des appels pour plus de 30 millions de dollars US. « La RDC avait déjà, dans un premier temps, donné de l’aide et, nous aussi, nous avons apporté de l'aide humanitaire, constituer des abris, amené de la nourriture, des habits, affirme la ministre, jointe par notre correspondant à Kinshasa, Pascal Mulegwa. On a envisagé aussi un accompagnement psychosocial et psychothérapeutique parce qu’il y a aussi des cas de violences sexuelles et de choléra ainsi que de rougeole ». Interrogé sur le fait que la frontière entre le Congo et le Burundi reste fermée côté burundais, à Uvira, Ève Bazaiba rappelle : « Ce n'est pas de gaieté de cœur que les Congolais ont quitté Uvira, parce que, justement, il y a eu des bombardements de l'armée rwandaise et des gens ont perdu la vie. Il y en a qui sont venus blessés, il y en a qui sont morts d'épuisement. Avant que les Congolais ne puissent regagner (la RDC), il y a un minimum de préalables en termes de sécurité et de paix. » Elle assure : « Au moment opportun, lorsque nous, Congolais, nous estimerons que la situation est propice au retour de nos compatriotes en sécurité, nous collaborerons avec le gouvernement burundais, avec le HCR qui s'emploie à les identifier, pour que ce retour soit de manière volontaire et ordonné. » La ministre congolaise, accompagnée du ministre délégué en charge de la Francophonie et de la diaspora, est arrivée en Tanzanie où elle doit rencontrer ce 12 janvier des réfugiés à Kigoma. |