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APAnews, 29 janvier 2026 APA-Kampala (Ouganda) | La répression contre l’opposition ougandaise s’est intensifiée depuis l’élection présidentielle du 15 janvier, selon un rapport publié jeudi par Human Rights Watch (HRW). Arrestations massives, détentions arbitraires et harcèlement des familles de militants ont été recensés, en particulier contre le principal parti d’opposition, la Plateforme d’unité nationale (NUP), dirigée par Robert Kyagulanyi, alias Bobi Wine.
Depuis le scrutin présidentiel du 15 janvier, au moins 118 sympathisants de la NUP sont poursuivis pour des infractions liées aux élections, notamment attroupement illégal et complot. HRW signale également la disparition de deux dirigeants du parti. Le leader de la NUP, Bobi Wine, toujours en fuite, dénonce le harcèlement constant dont sa famille est victime. Selon lui, son épouse Barbara Kyagulanyi aurait été maltraitée par des agents de sécurité lors d’une descente à leur domicile de Kampala. L’armée assiège par ailleurs la résidence de Kyagulanyi, interdisant tout accès. Bobi Wine, principal challenger du président sortant Yoweri Museveni, a recueilli 24,72 % des voix contre 71,65 % pour le président de 81 ans. Il a rejeté les résultats, les qualifiant de frauduleux. HRW rapporte que le 16 janvier, Kyagulanyi a fui son domicile après l’intervention de soldats qui ont coupé l’électricité et désactivé les caméras de surveillance. Barbara Kyagulanyi a déclaré avoir été saisie par les cheveux, ses vêtements déchirés et contrainte d’ouvrir son téléphone, ce qu’elle a refusé. Par ailleurs, le fils du président Museveni, Muhoozi Kainerugaba, chef de l’armée ougandaise, a menacé publiquement de tuer Kyagulanyi, se vantant d’avoir déjà éliminé 22 « terroristes » du NUP, tout en niant toute agression contre l’épouse du leader de l’opposition. Plusieurs dirigeants du NUP ont également été arrêtés ces dernières semaines. Jolly Jackline Tukamushaba, vice-présidente pour l’Ouganda occidental, a été interpellée dans sa chambre d’hôtel avec sa fille par sept hommes armés en uniforme militaire. Lina Zedriga Waru, vice-présidente pour l’Ouganda du Nord, a été emmenée par huit soldats depuis son domicile. Son fils a confirmé avoir vu les images de vidéosurveillance. À la Haute cour de Kampala, l’armée a nié la détenir et l’affaire a été ajournée au 28 janvier. Des rassemblements de l’opposition ont été perturbés violemment, des sympathisants et journalistes arrêtés, et au moins dix ONG suspendues pour des motifs flous. Deux jours avant l’élection, une coupure générale d’Internet a limité l’accès à l’information, restreignant la couverture médiatique et la communication des partis d’opposition. « La répression de l’opposition, une pratique courante en Ouganda, a atteint un niveau alarmant », a déclaré Ashwanee Budoo-Scholtz, directrice adjointe de la division Afrique de HRW. Elle exhorte le gouvernement à « cesser de réprimer la dissidence et à garantir la sécurité des personnes ayant des opinions divergentes ». WN/as/fss/ac/Sf/APA |