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APAnews, 17 février 2026 APA-Le Caire (Egypte) | Le Caire propose un mécanisme de financement pour un barrage au Kenya et appelle à un consensus régional sur la gestion des eaux du Nil. L’Égypte a proposé de financer la construction d’un barrage au Kenya, tout en réaffirmant la nécessité d’un retour à une coopération inclusive entre les États du bassin du Nil. L’annonce a été faite lundi par le ministre égyptien des Affaires étrangères, Badr Abdelatty, à l’issue d’entretiens à Nairobi avec le Premier ministre et chef de la diplomatie kényane, Musalia Mudavadi.
Selon la diplomatie égyptienne, Le Caire a proposé que Nairobi bénéficie d’un mécanisme de financement dédié aux projets du bassin du Nil méridional. M. Abdelatty a également suggéré la mise en place d’une ligne maritime commune reliant les ports égyptiens de la mer Rouge aux ports kényans de l’océan Indien afin de stimuler les échanges commerciaux et l’exploitation des ressources naturelles. Ces propositions s’inscrivent dans le cadre du partenariat stratégique établi entre les deux pays en janvier 2025 et doivent être examinées lors de la huitième session de la Commission mixte, que l’Égypte accueillera plus tard cette année. Sur la question sensible de la sécurité hydrique, le ministre égyptien a plaidé pour un retour à une approche fondée sur le consensus et le droit international au sein de l’Initiative du bassin du Nil. Il a insisté sur le rejet des mesures unilatérales et sur la nécessité de garantir des bénéfices mutuels pour l’ensemble des États riverains. Cette position s’inscrit dans la ligne constante du Caire, qui considère la stabilité des mécanismes de concertation comme essentielle à la préservation de ses intérêts hydriques stratégiques. M. Mudavadi a salué l’engagement de l’Égypte en faveur du dialogue et de la coopération régionale, évoquant notamment les consultations ministérielles récentes, dont une réunion tenue au Burundi. Les deux parties ont également discuté de la sécurité régionale, notamment dans la région des Grands Lacs et dans la Corne de l’Afrique, réaffirmant leur soutien à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de la Somalie et du Soudan. Au-delà de la dimension hydrique, Le Caire a exprimé sa volonté d’accroître ses investissements au Kenya dans des secteurs tels que l’agriculture, l’industrie pharmaceutique, l’énergie, la construction et les technologies de l’information. Cette diversification économique accompagne une stratégie diplomatique visant à consolider les alliances africaines de l’Égypte, dans un contexte où la gestion du Nil demeure un enjeu central et structurant de sa politique extérieure. MK/Sf/APA |