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La Croix, 26 février 2026 Meurtre de trois religieuses au Burundi : un ex-membre de la police secrète arrêté en Italie Guillaume Harushimana, ancien membre de la police secrète burundaise, a été arrêté en Italie dans l’enquête sur le meurtre de trois religieuses italiennes tuées en 2014, a annoncé jeudi 26 février le parquet de Parme. Il aurait fourni les clés de leur appartement aux assassins, sur ordre du général Nshimirimana.
Un ancien membre de la police secrète burundaise a été arrêté en Italie après une enquête sur le meurtre de trois religieuses italiennes en 2014 au Burundi, a annoncé jeudi 26 février le parquet de Parme dans un communiqué. Deux sœurs, âgées de 83 et 75 ans, avaient été tuées le 7 septembre 2014, frappées par des objets puis égorgées, tandis que la troisième, âgée de 79 ans, avait été tuée le lendemain, décapitée, la tête posée à côté du corps. L’enquête, deux fois classée faute d’éléments permettant de la poursuivre, a été relancée en 2024 après la publication d’un livre, une enquête d’une journaliste italienne sur ce triple meurtre. Le Burundais arrêté, Guillaume Harushimana, âgé d’une cinquantaine d’années, était « le collaborateur » du général Adolphe Nshimirimana, ancien chef de la police secrète, lui-même assassiné en 2015, selon le communiqué. Il est soupçonné d’avoir été l’intermédiaire entre le général et les meurtriers et d’avoir fourni à ces derniers les clés de l’appartement dans lequel vivaient les trois sœurs. Selon la justice italienne, le général aurait ordonné le meurtre de ces trois religieuses car elles « refusaient de collaborer » pour aider les milices burundaises présentes dans la République démocratique du Congo (RDC), pays voisin. Il y aurait eu aussi un motif de caractère « ésotérique » et religieux, le général ayant exigé que ces religieuses soient tuées d’une manière qui serait de bon augure pour sa candidature à la présidence du pays, ce qui expliquerait la sauvagerie des meurtres, selon le parquet. Présence policière massive La justice burundaise avait arrêté un jeune homme dans le quartier de Kamenge, dans le nord de Bujumbura, où se trouvait le couvent des sœurs, peu après les faits. Celui-ci, qui passe pour un « déséquilibré », était accusé d’être le seul responsable de ce triple meurtre et a été écroué. Cette thèse n’avait guère convaincu au Burundi, en raison notamment d’une présence massive de policiers sur les lieux du crime lors de l’assassinat de la troisième religieuse, tuée plusieurs heures après les deux premières. Cet élément a par ailleurs été souligné également par le parquet de Parme qui y voit une preuve supplémentaire de la participation de la police secrète à ce meurtre. Le général Adolphe Nshimirimana, alors chef du Service national de renseignement (SNR), était l’un des principaux dignitaires sécuritaires du régime de Pierre Nkurunziza, et un membre éminent de la rébellion hutue du CNDD-FDD durant la guerre civile burundaise, formation au pouvoir depuis 2005. La Croix (avec AFP) |