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APAnews, 26 février 2026 APA-Dodoma (Tanzanie) | L’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) s’inquiète de l’accélération des rapatriements de Burundais depuis la Tanzanie. Alors que plus de 140 000 réfugiés étaient encore recensés fin 2025, des milliers affirment craindre pour leur sécurité en cas de retour au Burundi.
L’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a exprimé son inquiétude face aux informations faisant état de retours forcés de réfugiés burundais depuis la Tanzanie vers le Burundi. Fin novembre 2025, plus de 140 000 réfugiés burundais vivaient encore en Tanzanie, dont près de 17 000 affirment ne pas pouvoir rentrer en raison de risques sécuritaires ou de persécutions politiques. Parmi eux figurent des membres de l’opposition et d’anciens militaires. Selon Bahia Egeh, représentante du HCR en Tanzanie, les réfugiés font état de pressions et de mesures coercitives. L’agence onusienne rappelle que le droit international interdit tout renvoi vers un pays où la vie ou la liberté des personnes seraient menacées. Dans la région de Kigoma, les camps de Nduta et Nyarugusu accueillent toujours des milliers de réfugiés. La fermeture annoncée de Nduta en mars a entraîné des mouvements vers Nyarugusu, déjà confronté à des conditions de vie difficiles, aggravées par la baisse des financements. Depuis la relance des opérations fin 2025, un objectif de 3 000 retours hebdomadaires a été fixé dans le cadre d’un accord tripartite entre le HCR et les gouvernements burundais et tanzanien. Au cours des deux premiers mois de 2026, plus de 28 000 réfugiés sont rentrés, portant à plus de 180 000 le nombre total de retours depuis 2017. Toutefois, le HCR dénonce la démolition d’abris dans certains camps et des cas présumés de mauvais traitements, insistant sur le fait que les retours doivent rester volontaires, sûrs et dignes. Les réfugiés burundais ont fui la guerre civile des années 1990 puis la crise politique de 2015. Un accord tripartite signé en 2017 entre l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés, la Tanzanie et le Burundi encadre des rapatriements volontaires, aujourd’hui au cœur des inquiétudes en raison de leur accélération. DM/ac/Sf/APA |