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@rib News, 11/03/2026 – Source AFP L'ancien tout-puissant Premier ministre burundais, le général Alain-Guillaume Bunyoni, condamné en 2023 à la prison à perpétuité notamment pour complot contre le chef de l'Etat, a été libéré provisoirement mercredi pour raisons médicales, a-t-on appris de source judiciaire et auprès de ses proches.
Alain-Guillaume Bunyoni, nommé Premier ministre en juin 2020 par le président Evariste Ndayishimiye, avait été démis de ses fonctions en septembre 2022, quelques jours après que le chef de l'Etat eut dénoncé des velléités de "coup d'Etat".
Avant même d'être nommé Premier ministre, le général Bunyoni, jusque là plus haut gradé de la police et ministre de la Sécurité publique, était considéré comme le véritable numéro 2 du régime et le chef de file des durs parmi les généraux œuvrant dans les coulisses du pouvoir, déjà sous la présidence de Pierre Nkurunziza, prédécesseur de M. Ndayishimiye. Fin 2023, M. Bunyoni a été jugé coupable d'avoir voulu renverser le gouvernement et d'avoir menacé la vie d'Evariste Ndayishimiye, ainsi que d'enrichissement illégal et de déstabilisation de l'économie. Selon une source judiciaire ayant requis l'anonymat, il était hospitalisé depuis octobre 2025 à l'hôpital régional de Gitega (centre), la capitale administrative du Burundi, et a bénéficié d'une liberté provisoire "pour raisons médicales". "Une ambulance l'a amené directement à son domicile à Bujumbura où il est arrivé à la mi-journée", a précisé cette source à l'AFP. "Il est avec sa famille et a commencé à être soigné", a confirmé à l'AFP un de ses proches, ajoutant: "son état est plus que préoccupant." Diabétique, le général a vu son état s’aggraver en prison où il a été pendant longtemps privé de soins adéquats, selon des sources pénitentiaires. Il souffrait de pertes de motricité et de la parole, avaient déploré fin 2025 des proches et des organisations de défense des droits de l'Homme. Plusieurs généraux issus du parti au pouvoir CNDD-FDD avaient exigé sa libération auprès du président Ndayishimiye qui s’est "résolu à le libérer pour ressouder son camp", a expliqué à l'AFP l'un de ceux-ci, sous couvert d'anonymat. D'autres prisonniers, dont le colonel Michel Kazungu, condamné à la prison à perpétuité pour une tentative de coup d’Etat en mai 2015 contre le président Pierre Nkurunziza, depuis décédé, ont également bénéficié mercredi d'une liberté provisoire pour raisons médicales. Evariste Ndayishimiye a succédé en juin 2020 à Pierre Nkurunziza, décédé après avoir dirigé d'une main de fer le Burundi durant 15 ans. Depuis son accession à la présidence, le régime oscille entre signes d'ouverture et ferme contrôle du pouvoir, marqué par des atteintes aux droits de l'Homme, dénoncées par des ONG et l'ONU. |