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@rib News, 13/03/2026 DE L’IDEOLOGIE. RETOUR SUR LES ENJEUX D’UNE NOTION EN DISPERSION SEMANTIQUE Par Dr NDAYONGEJE Lazare « La lutte idéologique, dans les conditions idéologiques d’une société donnée… est la tâche primordiale du parti… La révolution, « changer le monde », après tout, il faut en avoir envie ». Georges Labica, Le paradigme du Grand–Hornu. Essai sur l’idéologie, Montreuil, éditions PEC-La Brèche, 1987. p.136.
Introduction Pari risqué que celui de parler d’idéologie, notion apparemment vagabonde et sans attache disciplinaire, souvent déclarée hors d’usage et toujours sujet de querelles. La sociologue Colette Moreux parle même de « concept honteux ». Concept polémique surtout, volontiers prêté aux autres que l’on combat et généralement récusé. Mais aussi longtemps relégué au second rang dans la tradition marxiste jusqu’à ce qu’Antonio Gramsci et, à sa suite, Louis Althusser, montrent que l’idéologie est plus qu’un effet d’« action en retour » : une force soudant le bloc historique (Gramsci) et un facteur de production et de reproduction des rapports de production, véhiculé par des appareils idéologiques d’Etat (Althusser). Notre propos s’inscrira principalement dans les trajets marxistes pour demander à nouveau ce qu’est l’idéologie (I), revisiter deux domaines de l’idéologie que sont la religion et l’économie politique, à travers le concept de fétichisme (II) et, enfin, interroger, avec Gramsci et Althusser, l’existence concrète des idéologies et leur fonction matérielle (III). Nous portons une conviction en quête de légitimation, qui dit que les paroles bruyantes qui saturent notre espace-monde, sont généralement piégées et porteuses d’une volonté de domination. Faire à nouveau de l’idéologie un lieu d’insistance, c’est appeler le regard vers ce dont nous avons certainement encore besoin : nous réveiller et nous mettre vraiment à la recherche du monde, de notre monde, malgré les « marchands de sommeil » (Alain). Lire l'intégralité de l'Analyse (PDF) |