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APAnews, 17 mars 2026 APA-Kampala (Ouganda) | Robert Kyagulanyi Ssentamu, connu sous le nom de Bobi Wine, principal opposant au président ougandais Yoweri Museveni, au pouvoir depuis plusieurs décennies, a quitté l’Ouganda après avoir été contraint de se cacher pendant plus de deux mois. Dans un message publié lundi sur son compte X, l’opposant ougandais, Robert Kyagulanyi dit Bobi Wine, a évoqué des préoccupations pour sa sécurité personnelle comme principale raison de son départ. Il a précisé que, malgré les recherches menées par les forces de sécurité, la population locale l’avait protégé.
« Il est absurde que l’appareil sécuritaire ougandais ait dépensé des milliards de shillings, argent du contribuable, pour me traquer sans succès, alors que j’ai été protégé contre les ordres du fils de Museveni », a déclaré Kyagulanyi. Il a également dénoncé les perquisitions menées à son domicile et chez ses proches. « Il y a deux jours, ils ont pris d’assaut la maison de mon assistant Sharif Najja. Ne nous trouvant ni l’un ni l’autre, ils ont arrêté sa femme, qui reste portée disparue », a-t-il ajouté. Kyagulanyi a par ailleurs affirmé que neuf policiers affectés à sa protection pendant la campagne présidentielle avaient été arrêtés et révoqués pour avoir refusé de l’espionner. « Ils ont été détenus puis renvoyés de la police avec déshonneur, apparemment pour avoir refusé de m’espionner ou de m’empêcher de quitter ma maison, alors que leur mission officielle s’était terminée le 15 janvier », a-t-il expliqué. Lors de l’élection présidentielle de 2026, Kyagulanyi est arrivé deuxième avec 2 millions 741 238 voix (24,75%) contre 7 millions 946 772 voix (71,65%) pour le président sortant. Son parti, la Plateforme d’unité nationale (NUP), continue de dénoncer des fraudes électorales et accuse le gouvernement de le cibler. Selon lui, des perquisitions ont eu lieu peu après les élections. « Ils ont perquisitionné mon domicile le 16 janvier. Quelques jours plus tard, ils sont revenus, ont agressé ma femme et ma famille, vandalisé notre maison et volé des biens. Notre maison reste occupée et encerclée. C’est pourquoi je me cache et quitte le pays pour l’instant », a-t-il déclaré. Kyagulanyi a insisté sur le fait que son départ ne constituait pas une capitulation, mais faisait partie d’une stratégie visant à promouvoir le changement politique. Il prévoit de s’adresser à la communauté internationale pour faire pression en vue de sanctions contre le gouvernement de Museveni et ses alliés présumés. MG/as/fss/te/Sf/APA |