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APAnews, 31 mars 2026 APA-Kigali (Rwanda) | Une nouvelle sortie du Rwanda, lundi 30 mars, ravive les tensions avec le Burundi autour de la procédure ayant conduit à l’absence de soutien continental à la candidature de l’ancien président sénégalais Macky Sall à l’ONU. La controverse autour de la candidature de l’ancien président sénégalais Macky Sall au poste de secrétaire général de l’ONU a connu un nouveau développement lundi 30 mars, avec une prise de position appuyée du Rwanda, relançant les tensions diplomatiques au sein de l’Union africaine (UA).
Dans cette nouvelle sortie, le ministre rwandais des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe, a réitéré ses critiques sur la procédure ayant conduit à la tentative d’endossement de la candidature, finalement mise en échec par la rupture du silence par une vingtaine de pays, dont le Rwanda. Le chef de la diplomatie rwandaise a, dans un nouveau post sur X consulté par APA, insisté sur le respect du cadre juridique régissant les candidatures africaines au sein du système international, rappelant que « l’Union africaine est régie par l’État de droit » et que toute candidature doit suivre une procédure codifiée. Dans une mise au point détaillée, il a évoqué les fondements historiques et réglementaires du mécanisme, notamment la résolution adoptée en 1985 par l’Organisation de l’unité africaine (OUA) et les règles établies en 2006 avec la création du Comité ministériel sur les candidatures au sein du système international. Selon lui, deux principes ont été ignorés : l’examen préalable des candidatures par le Comité ministériel et la décision du Conseil exécutif, qui doit intervenir par consensus ou à défaut par une majorité qualifiée des deux tiers. « Toute décision unilatérale […] sans passer par ce mécanisme est irrégulière », a-t-il affirmé, dénonçant également le recours à une procédure de silence de 24 heures pour une décision de cette nature. Cette position intervient après une réponse du représentant du Burundi auprès de l’UA, Willy Nyamitwe, qui avait défendu, samedi 22 mars, la régularité du processus. Le diplomate burundais avait qualifié de « regrettables » les critiques rwandaises, estimant qu’elles « déforment les procédures établies » et « personnalisent inutilement » un mécanisme qu’il juge « routinier ». Willy Nyamitwe avait également soutenu que le recours à la procédure du silence est une pratique « bien établie » au sein de l’UA et que sa rupture par certains États ne constitue pas une crise, mais le reflet d’un fonctionnement normal de l’organisation. Il avait en outre défendu l’action du président en exercice de l’UA, Évariste Ndayishimiye, affirmant qu’il avait agi conformément à son mandat et dans le respect des règles en vigueur. Ce nouvel échange met en évidence des divergences persistantes entre États membres sur l’interprétation des procédures de l’UA, dans un contexte marqué par l’échec du consensus autour d’une candidature africaine au poste de secrétaire général des Nations Unies. AC/Sf/APA |