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TV5MONDE, 01 Avr. 2026 Burundi : violent incendie et explosions dans un dépôt d'armes à Bujumbura, un bilan humain très lourd La capitale économique du Burundi, Bujumbura, a été secouée par l'explosion du principal dépôt d'armes du pays, au Camp Musaga. L'incendie a ravagé l'arsenal, provoquant des dégâts massifs dans ce quartier peuplé. Si aucun bilan officiel n'est communiqué, des sources militaires craignent des dizaines de morts.
Un violent incendie a ravagé dans la soirée du mardi 31 mars, vers 18h20, le principal dépôt d'armes et de munitions de l'armée burundaise, provoquant une série d'explosions qui ont semé la terreur dans plusieurs quartiers de Bujumbura, la capitale économique du Burundi, pendant des heures. Le bilan humain s'annonce extrêmement lourd, même si les autorités refusent pour l'heure de communiquer le moindre chiffre officiel. Le porte-parole de l'armée, le général Gaspard Baratuza, a indiqué dans un message écrit qu'il s'agissait "d'un grave accident électrique dans le magasin des munitions de l'armée à Musaga, dans le sud de Bujumbura", selon RFI. Le président Évariste Ndayishimiye a lui aussi pris la parole, écrivant sur X : "Je tiens à vous rassurer que la situation est maîtrisée". Des sources sécuritaires contactées par l'AFP dressent pourtant un tableau catastrophique. "Il y a énormément de victimes, des dizaines et des dizaines de personnes ont été tuées, il y a des centaines voire des milliers de blessés", a déclaré un haut gradé de l'armée joint à Bujumbura, tout en reconnaissant qu'"il est impossible d'établir un bilan pour le moment". "Il y a des dizaines de morts, mais le bilan est peut-être plus lourd." Officier de police ayant participé aux opérations de lutte contre l'incendie Le sinistre a pris naissance au Camp base de Musaga, un quartier densément peuplé du sud de Bujumbura. Ce site est le principal dépôt d'armes et de munitions de l'armée burundaise, et abrite également de nombreux dépôts logistiques militaires. Sa localisation en pleine zone urbaine explique l'ampleur des dégâts causés aux habitations alentour. Le haut gradé militaire, qui a sillonné plusieurs quartiers de la ville dans la nuit, a ainsi constaté "beaucoup de dégâts matériels", précisant que "beaucoup de maisons ont été touchées par les éclats". Selon le gradé de la police, le feu aurait débuté dans une section de l'arsenal connue sous le nom de "l'Abri", où sont stockées les armes lourdes et leurs munitions. "C'est pourquoi on a entendu tout de suite de grosses explosions." Les flammes se sont ensuite rapidement propagées au reste du camp. "Les éclats ont mis le feu aux munitions et armes légères, à un grand stock de médicaments, des vivres et des milliers de matelas entreposés dans le Camp base en attendant d'être distribués dans les autres camps", a-t-il détaillé. Selon RFI, l'annonce des explosions a provoqué la panique dans la ville, dont les habitants sont traumatisés par des décennies de guerre civile. Certains ont immédiatement craint une tentative de coup d'État ou une reprise des combats. Des accidents automobiles ont été observés, des chauffeurs abandonnant leurs véhicules, tandis que les commerces baissaient leurs rideaux. Présence d'infrastructures sensibles Au moment des témoignages recueillis par l'AFP, l'incendie n'était toujours pas maîtrisé. "Les explosions ont diminué mais on en entend encore quelques-unes de temps en temps", a indiqué le haut gradé militaire, précisant que le feu se poursuivait "notamment dans des hangars et baraquements". Personne n'a pu s'approcher du principal foyer de l'incendie, qui continuait à brûler en fin de matinée ce mercredi, selon RFI. Le Camp base jouxte par ailleurs l'Institut supérieur des cadres militaires (ISCAM), où sont formés et hébergés les aspirants officiers de l'armée, et se trouve à proximité d'un autre camp militaire ainsi que de la prison centrale de Mpimba. Selon RFI, des sources concordantes font état de dizaines de morts non seulement dans le Camp base, mais également à la prison de Mpimba. La présence de ces infrastructures sensibles à proximité immédiate du sinistre ajoute encore à l'inquiétude des autorités sur place. La presse locale et les responsables des hôpitaux refusent pour l'heure de s'exprimer, dans l'attente d'une prise de parole officielle du gouvernement. |