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BBC Africa, 7 avril 2026 La RD Congo accepte d'accueillir des personnes expulsées des États-Unis La République démocratique du Congo a accepté d'accueillir les migrants expulsés des États-Unis qui ne sont pas eux-mêmes congolais, dans le cadre d'un accord entré en vigueur ce mois-ci, ont indiqué des responsables. Le ministère de la Communication a déclaré qu'un système d'accueil temporaire avait été mis en place, tandis que des structures destinées à héberger les arrivants avaient été sélectionnées dans la capitale, Kinshasa.
Un « soutien logistique et technique » sera fourni par les États-Unis, a indiqué le communiqué publié dimanche, précisant que le gouvernement congolais n'aurait aucun coût financier à supporter dans le cadre de ce dispositif. Le gouvernement n'a pas précisé combien de personnes expulsées il accepterait. Les États-Unis ont déjà envoyé des personnes expulsées vers plusieurs autres pays d'Afrique dans le cadre de la répression menée par Washington contre l'immigration. Face aux craintes que des migrants puissent être renvoyés dans leur pays d'origine – où certains redoutent d'être persécutés –, les autorités congolaises ont déclaré qu'aucun transfert de ce type n'était prévu. La décision d'accueillir ce que l'on appelle des migrants de pays tiers – c'est-à-dire ceux qui ne proviennent ni du pays d'origine ni du pays d'accueil – s'inscrit dans l'engagement de la République démocratique du Congo en faveur de la dignité humaine, de la solidarité internationale et de la protection des droits des migrants, indique le communiqué. Les autorités congolaises ont également précisé que ce dispositif ne constituait pas un « mécanisme de relocalisation permanent ni une externalisation des politiques migratoires ». La BBC a contacté le Département d'État et le Département de la Sécurité intérieure à Washington pour obtenir des commentaires, mais n'a pas encore reçu de réponse. Depuis son arrivée au pouvoir en janvier dernier, l'administration du président Donald Trump a expulsé des dizaines de personnes vers des pays tiers dans le cadre de sa politique d'immigration intransigeante. Les défenseurs des droits de l'homme ont condamné cette politique, certains remettant en cause sa légalité. La République démocratique du Congo rejoint d'autres pays du continent, notamment l'Eswatini, le Ghana et le Soudan du Sud, dans l'accueil de personnes expulsées des États-Unis. La semaine dernière, huit personnes originaires de différents pays africains ont été expulsées vers l'Ouganda. Selon un rapport minoritaire de la commission des relations étrangères du Sénat américain, l'administration Trump aurait « probablement » dépensé plus de 40 millions de dollars (30 millions de livres sterling) en expulsions vers des pays tiers jusqu'en janvier 2026, bien que le coût total soit « inconnu ». Les États-Unis ont versé « directement » plus de 32 millions de dollars à cinq pays – la Guinée équatoriale, le Rwanda, le Salvador, l'Eswatini et les Palaos –, a-t-il ajouté. Les États-Unis négocient également un accord minier avec la République démocratique du Congo afin d'accéder aux vastes réserves de métaux stratégiques de ce pays d'Afrique centrale, tels que le cobalt, le tantale, le lithium et le cuivre. Sous Trump, les États-Unis ont également facilité la conclusion d'un accord de paix entre la République démocratique du Congo et le Rwanda, bien que sa mise en œuvre reste un défi. Paul Njie, BBC Africa et Hafsa Khalil
TV5MONDE, 06 Avr. 2026 La RD Congo et les États-Unis officialisent un accord pour l'accueil de migrants expulsés par Washington, la société civile s'alarme Le gouvernement congolais a officialisé ce dimanche 5 avril un accord avec les États-Unis pour accueillir, dès ce mois d'avril, des ressortissants de pays tiers expulsés des États-Unis, sans toutefois préciser leur nombre. Entièrement financé par la partie américaine, ce dispositif présenté comme temporaire a été conclu sans consultation du Parlement ni de la population, selon la société civile. Le gouvernement congolais a officialisé un accord avec Washington pour accueillir, dès ce mois d'avril, des ressortissants de pays tiers expulsés des États-Unis, annonce l'agence de presse Reuters. Ce dispositif, présenté comme strictement temporaire, sera entièrement financé par la partie américaine, assure Kinshasa. La société civile dénonce un accord opaque, conclu sans consultation du Parlement ni de la population. Le site d'information Jeune Afrique révèle que les deux pays négocient depuis près d'un an. Deux ministres du gouvernement de Judith Suminwa Tuluka ont confirmé au magazine avoir reçu une proposition officielle de Washington "dans le cadre de leur programme visant à combattre l'immigration illégale". Un examen au cas par cas Un autre membre du gouvernement a précisé que l'accord prendrait la forme d'un mémorandum d'entente. Sollicité sur le sujet, le Département d'État a indiqué n'avoir "aucun commentaire à faire sur les détails de ses communications diplomatiques avec d'autres gouvernements", ajoutant que "la mise en œuvre des politiques d'immigration de l'administration Trump est une priorité absolue". Kinshasa garantit un examen au cas par cas, dans le respect des lois congolaises et des impératifs de sécurité nationale. Les arrivées ne seront pas automatiques. Le gouvernement a déjà désigné des sites d'accueil dans les faubourgs de Kinshasa et assure qu'il ne s'agit ni d'une relocalisation permanente, ni d'une externalisation de la politique migratoire américaine. Le nombre de personnes concernées et leur nationalité n'ont pas été précisés. "Le Congo n'est pas un dépotoir" La société civile n'est pas rassurée. Timothée Mbuya, de l'ONG Justicia ASBL, dénonce auprès de RFI une totale opacité: "Ni la population congolaise, ni les députés nationaux et les sénateurs n'ont été informés. Il n'y a pas eu non plus un débat public autour de ces accords", fustige-t-il. "Le Congo n'est pas un dépotoir pour recevoir des individus [...] Notre pays ne dispose pas suffisamment d'infrastructures", ajoute-t-il. D'autres voix soulignent que la RDC déplore déjà plus de six millions de déplacés internes. La RDC n'est pas la première à conclure ce type d'accord. Kigali a accueilli environ 250 expulsés américains en août 2025. L'Ouganda avait signé un accord similaire en juillet 2025, un premier groupe de douze personnes y est arrivé le 2 avril dernier. Washington a tissé des partenariats analogues avec le Cameroun, le Ghana, la Guinée équatoriale, le Soudan du Sud et l'Eswatini. Selon un rapport du Comité des affaires étrangères du Sénat américain publié en février 2026, le coût de ces expulsions vers des pays tiers aurait dépassé 40 millions de dollars entre janvier 2025 et janvier 2026. Kigali et Malabo auraient chacun touché 7,5 millions de dollars dans ce cadre. Cet accord s'inscrit dans une coopération plus large: les deux pays ont également conclu un accord minerais contre sécurité, et Washington a promis 900 millions de dollars à Kinshasa dans le domaine sanitaire. Par Antoine Joubeau |