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Africa Radio, 14/04/2026 Burundi : la peine de la journaliste Sandra Muhoza réduite en appel, RSF soulagée Condamnée initialement à quatre ans de prison, la journaliste burundaise Sandra Muhoza a vu, lundi 13 avril, sa peine ramenée à six mois en appel. Une décision saluée avec prudence par Reporters sans frontières, qui dénonce une détention injustifiée.
Une condamnation largement revue à la baisse La justice burundaise a fortement réduit la peine de la journaliste Sandra Muhoza, 44 ans, en appel. Initialement condamnée à quatre ans de prison, elle a finalement écopé de six mois pour “aversion raciale”, après avoir été relaxée du chef d’“atteinte à l’intégrité du territoire”. Journaliste du média en ligne La Nova Burundi, elle avait déjà passé près de deux ans en détention avant d’être libérée provisoirement en mars dernier. Une affaire controversée Les faits reprochés reposaient sur des propos échangés dans un groupe privé de journalistes via messagerie. Selon ses avocats, ces accusations étaient infondées, notamment en ce qui concerne l’atteinte à l’intégrité du territoire. D’après Reporters sans frontières (RSF), il lui était notamment reproché d’avoir évoqué une supposée distribution d’armes par les autorités à des membres du parti au pouvoir. RSF dénonce une atteinte à la liberté de la presse L’ONG Reporters sans frontières s’est dite “soulagée” de cette décision, estimant toutefois que la journaliste avait déjà “payé trop cher le prix de son journalisme”. Elle appelle les autorités burundaises à ne pas répéter ce type de poursuites, dénonçant des atteintes régulières à la liberté d’informer dans le pays. Deux ans de détention pour six mois de peine Pour ses proches, cette décision laisse un goût amer. Sandra Muhoza a en effet passé près de deux ans en prison pour une condamnation finale de six mois. “Ici, il n’y aura pas de compensation”, regrette l’un d’eux, dénonçant une justice à sens unique dans un contexte politique tendu. Une presse sous pression au Burundi Le Burundi reste classé 125e sur 180 pays dans le classement 2025 de la liberté de la presse établi par RSF. Depuis la crise politique de 2015, marquée par la candidature controversée de Pierre Nkurunziza à un troisième mandat, le paysage médiatique s’est profondément dégradé. Si l’arrivée au pouvoir du président Evariste Ndayishimiye a suscité quelques espoirs d’ouverture, les autorités continuent d’exercer un contrôle étroit sur les médias, selon les organisations de défense de la presse. Par La Rédaction Africa Radio avec AFP |