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@rib News, 29/04/2026 Une date indélébile Le 29 avril n'est pas une simple date dans le calendrier burundais. Elle marque le début d'une période sombre de l'histoire contemporaine du pays, un tournant où le silence et la douleur ont longtemps masqué une réalité insoutenable. En 2021, la Commission Vérité et Réconciliation (CVR) du Burundi a officiellement qualifié ces massacres de « Génocide contre les Bahutu du Burundi ». Ciblage sélectif : Une tragédie systématique
Tout a commencé fin avril 1972, notamment dans le sud à Rumonge, suite à une insurrection locale, dans le sud du pays (Rumonge et Nyanza-Lac). La répression qui s'ensuivit, orchestrée par le régime du président Michel Micombero (dominé par la minorité tutsi), fut d'une brutalité extrême et systématique, qui s'étend rapidement à tout le pays. Contrairement à l'insurrection initiale, la répression a visé spécifiquement les élites Hutu : intellectuels, cadres administratifs, fonctionnaires, enseignants, ecclésiastiques, commerçants, mais aussi des milliers d’étudiants, d'élèves et de collégiens, simplement pour ce qu'ils étaient. L'exil massif des Burundais suite aux événements de 1972, l'Ikiza, a engendré l'une des situations de réfugiés les plus prolongées de l'histoire africaine. Environ 300 000 personnes, majoritairement hutu, ont fui le pays entre avril et septembre 1972, vers la Tanzanie,- comme estination principale où plus de 200 000 Burundais ont vécu dans des camps comme Ulyankulu, Katumba et Mishamo pendant des décennies -, le Rwanda (environ 6 000 réfugiés initialement), le Zaïre (actuelle RDC) et plus tard des destinations plus lointaines comme Madagascar ou le Canada. Bilan humain :: On estime qu'entre 200 000 et 300 000 personnes, majoritairement Hutu, ont péri en seulement quelques mois. Conséquences sociales : Des centaines de milliers de veuves et d'orphelins ont été laissés pour compte, et une grande partie de la population a été contrainte à l'exil. Un appel à la reconnaissance internationale Cinquante-quatre ans plus tard, le cri pour la justice reste vif. Le gouvernement burundais a récemment exhorté les Nations Unies à reconnaître officiellement ces massacres comme un génocide au niveau international. Pour les survivants, "briser le silence" est une étape indispensable vers une réconciliation durable et une paix véritable. Se souvenir pour se reconstruire Commémorer le 29 avril, c'est refuser l'oubli. C'est rendre leur dignité aux victimes anonymes des charniers et soutenir les générations actuelles dans leur quête de vérité. En Belgique, au Canada et partout dans le monde, la diaspora se recueille aujourd'hui pour que plus jamais l'identité ne soit un arrêt de mort. |