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@rib News, 29/04/2026 Le 29 avril 1972 marque l'une des pages les plus sombres de l'histoire du Burundi. Cette nuit-là, l'assassinat du roi Ntare V au camp commando de Gitega ne fut pas seulement un régicide : il fut, selon les conclusions récentes de la Commission Vérité et Réconciliation (CVR), l'acte inaugural du génocide contre les Hutu perpétré par le régime de Michel Micombero.
Une ascension fulgurante et fragile
Né Charles Ndizeye en 1947, le futur Ntare V accède au trône dans un climat de chaos politique. En juillet 1966, alors qu'il n'a que 18 ans, il dépose son père, le roi Mwambutsa IV, resté en Europe après une tentative de coup d'État manquée l'année précédente. Son règne sera l'un des plus brefs de l'histoire burundaise : à peine quatre mois. Tentant de stabiliser la monarchie, il nomme le capitaine Michel Micombero au poste de Premier ministre, ignorant que ce dernier prépare déjà la fin de la dynastie des Ganwa. La chute, l'exil et le piège du retour Le 28 novembre 1966, profitant d'un voyage officiel du jeune Roi à Kinshasa, Michel Micombero orchestre un coup d'État militaire, proclame la République et s'autoproclame Président. Commence alors pour Ntare V un exil de six ans en Europe. Son destin bascule en mars 1972 lorsqu'il est attiré en Ouganda, puis extradé vers le Burundi par le président Idi Amin Dada sous la promesse — non tenue — d'une amnistie de la part de Micombero. Dès son arrivée, il est placé en résidence surveillée à Gitega, dans le palais de son enfance transformé en prison. Le 29 avril 1972 : L'assassinat comme signal Le soir du 29 avril 1972, alors qu'une insurrection hutu éclate dans le sud du pays (Rumonge, Nyanza-Lac), le sort du Roi est scellé. Vers 23h15, Ntare V est conduit au camp commando de Gitega où il est sauvagement exécuté. Selon les rapports de la CVR, il aurait été abattu de trois balles au front par le capitaine Onesphore Ntabiraho, sous les ordres directs de Micombero. Son corps, jeté dans une fosse commune anonyme, n'a jamais été officiellement retrouvé. Un lien historique indélébile : Le début de l'Ikiza Cet assassinat ne fut pas un acte isolé. La CVR confirme aujourd'hui que le meurtre de Ntare V constitue le premier acte du génocide commis contre les Hutu en 1972-1973. Le régime Micombero a utilisé la mort du dernier monarque et l'insurrection hutu comme prétexte pour lancer une épuration systématique des élites, des étudiants et des populations hutu, faisant entre 100 000 et 300 000 victimes. En éliminant Ntare V, Micombero supprimait le dernier symbole d'unité nationale, ouvrant la voie à des décennies de pouvoir mono-ethnique et de traumatismes mémoriels qui hantent encore le Burundi aujourd'hui. Le Mystère des Restes Royaux Cinquante ans plus tard, la localisation du corps de Ntare V reste une plaie ouverte. Malgré les fouilles de la CVR à Gitega et l'aide d'experts internationaux, le charnier royal demeure introuvable, empêchant toute réhabilitation solennelle de cette figure centrale de l'histoire burundaise. Par KJC |