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APAnews, 04 mai 2026 APA-Kampala (Ouganda) 04 mai 2026 | À Kampala, en Ouganda, les dernières pistes concernant Joseph Kony, ancien dirigeant rebelle ougandais, se sont considérablement refroidies ces dernières années. Ses poursuivants, eux, restent dans l’incertitude totale quant à son sort.
Recherché par la Cour pénale internationale (CPI) pour des crimes ayant causé la mort de dizaines de milliers de personnes en Afrique de l’Est et centrale, Joseph Kony a longtemps réussi à échapper à toute arrestation. Il a notamment pu se dissimuler pendant des années dans les vastes zones forestières de la région. Depuis environ deux ans, aucune information fiable n’a confirmé sa localisation. Seules des rumeurs circulent encore. Les plus récentes évoquent un homme toujours vivant, mais affaibli et vivant dans des conditions difficiles. Atteint de diabète chronique, celui qui commandait autrefois une force rebelle importante ne disposerait plus aujourd’hui que d’une centaine de combattants, selon certaines estimations. Autrefois considéré comme l’un des principaux instigateurs de violences en Afrique de l’Est et centrale, il est désormais surtout connu comme l’un des fugitifs les plus recherchés et les plus insaisissables au monde. Il fait toujours l’objet de multiples accusations de crimes contre l’humanité liés aux atrocités commises en Ouganda, mais aussi au Soudan et en République centrafricaine (RCA). La dernière indication de sa présence remonterait à 2024, lorsqu’il aurait été aperçu dans une zone forestière isolée, à la frontière entre la RCA, la République démocratique du Congo (RDC) et le Soudan. Des rapports l’avaient également situé dans un campement proche d’un village centrafricain, avant qu’il ne disparaisse à nouveau à la suite d’affrontements entre groupes armés. En septembre dernier, la CPI a tenu une audience exceptionnelle visant à confirmer les charges retenues contre lui pour crimes contre l’humanité en tant que chef de l’Armée de résistance du Seigneur. Il s’agissait d’une première procédure de ce type menée en son absence. Les crimes reprochés à son mouvement entre 2002 et 2005 incluent enlèvements, violences sexuelles, meurtres, mutilations, enrôlement d’enfants soldats et déplacements massifs de populations. Ancien enfant de chœur, Kony avait rejoint en 1986 une rébellion acholie inspirée du mouvement spirituel d’Alice Lakwena contre le gouvernement de Yoweri Museveni. Il s’en est ensuite proclamé chef l’année suivante. Dans les années 1990, il aurait bénéficié du soutien du Soudan, en représailles au soutien supposé de l’Ouganda à des groupes rebelles soudanais. Cette alliance lui a permis de renforcer son mouvement, mais les exactions commises contre les civils ont rapidement attiré l’attention internationale. Les violences attribuées à la LRA ont provoqué le déplacement de plus de deux millions de personnes et l’enlèvement de dizaines de milliers d’enfants, dont environ 24 000 auraient été enrôlés de force. Malgré des tentatives de négociation, notamment un accord de paix signé en 2008 qu’il n’a jamais pleinement respecté, les combats ont continué par intermittence. Au fil du temps, la pression militaire et les nombreuses défections ont fortement affaibli la LRA. Le groupe, autrefois redouté, s’est progressivement réduit, tandis que Kony se serait replié dans des zones reculées de forêts difficiles d’accès en Afrique centrale. Même si sa capture n’a toujours pas eu lieu, de nombreux observateurs estiment que son réseau est aujourd’hui trop affaibli pour survivre longtemps, laissant penser que son arrestation n’est peut-être plus qu’une question de temps. WN/as/fss/te/Sf/APA |