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@rib News, 07/05/2026 – Source Reuters RDC : Félix Tshisekedi n'exclut pas un troisième mandat et un report du scrutin, l'opposition s'insurge Le président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, s'est dit ouvert à l'idée de briguer un troisième mandat, provoquant la colère de l'opposition qui l'accuse de vouloir s'affranchir des limites constitutionnelles pour se maintenir au pouvoir.
M. Tshisekedi a également déclaré que les affrontements dans l'est du pays pourraient rendre impossible la tenue de la prochaine élection présidentielle dans les délais impartis en 2028. Cette perspective d'un glissement du calendrier électoral pourrait s'avérer tout aussi clivante pour cette nation riche en minerais, marquée par des décennies de conflits. La RDC avait déjà traversé une crise politique prolongée sous l'ancien président Joseph Kabila, après que celui-ci eut reporté les élections au-delà du terme de son mandat en 2016, déclenchant des manifestations meurtrières et une condamnation internationale. L'OPPOSITION MET EN GARDE CONTRE UN 'GLISSEMENT' "Je n'ai pas demandé de troisième mandat, mais si le peuple veut un troisième mandat, j'accepterai", a déclaré M. Tshisekedi lors d'une conférence de presse mercredi soir, répondant à une question sur les récentes propositions de ses alliés visant à réviser la Constitution. La Constitution congolaise limite actuellement le nombre de mandats présidentiels à deux. Le chef de l'Etat a précisé que tout changement nécessiterait une révision constitutionnelle approuvée par référendum. Les figures de l'opposition ont fustigé ces déclarations, estimant qu'elles pourraient plonger le pays dans une nouvelle tourmente politique. "La RDC ne peut pas entrer dans un nouveau cycle de tensions institutionnelles et de personnalisation du pouvoir. Tous les démocrates doivent se dresser contre ce glissement", a écrit l'ancien candidat à la présidentielle Delly Sesanga sur X à l'issue de la conférence de presse. Félix Tshisekedi, fils de l'opposant historique Etienne Tshisekedi, a été réélu en décembre 2023 pour un second mandat. Il avait évoqué pour la première fois l'idée de réviser la loi fondamentale fin 2024, arguant que la charte actuelle avait été largement rédigée par des experts juridiques étrangers et nécessitait une mise à jour. Les appels à une révision constitutionnelle se sont intensifiés ces dernières semaines. En avril, André Mbata, secrétaire permanent de la coalition de l'Union Sacrée, a invité les partis politiques, la société civile, les organisations religieuses, les syndicats et les experts juridiques à soumettre des propositions. M. Mbata a précisé qu'une commission technique serait mise en place après le 20 mai pour examiner les contributions avant de soumettre des recommandations au président. LA GUERRE POURRAIT IMPACTER L'ECHEANCE ELECTORALE Le débat sur une éventuelle révision constitutionnelle s'inscrit dans un contexte d'insécurité persistante dans l'est, où la coalition AFC/M23, un groupe rebelle soutenu par le Rwanda, contrôle de vastes pans de territoire. Le Rwanda a toujours nié les accusations des Nations Unies et des gouvernements occidentaux selon lesquelles il soutiendrait les insurgés. Les combats se sont poursuivis malgré les efforts de médiation menés, entre autres, par les Etats-Unis. "Si cette guerre ne peut pas être terminée, nous ne pourrons malheureusement pas organiser d'élections en 2028", a déclaré M. Tshisekedi. "On ne peut pas organiser d'élections quand des parties du pays sont occupées." Source Reuters - Traduit par Zonebourse
APAnews, 07 mai 2026 RDC : Tshisekedi n’exclut pas un troisième mandat APA-Kinshasa (RDC) 07 mai 2026 | Le président congolais Félix Tshisekedi a ouvert la porte, mercredi à Kinshasa, à un éventuel troisième mandat via référendum constitutionnel, tout en conditionnant la tenue des élections présidentielles de 2028 à la résolution du conflit armé dans l’est du pays. Félix Tshisekedi n’écarte plus un troisième mandat. Lors d’une conférence de presse tenue mercredi à Kinshasa en marge de la Journée internationale de la liberté de la presse, le chef de l’État congolais a déclaré : « Je n’ai pas sollicité de troisième mandat, mais si le peuple le souhaite, j’accepterai. » Une sortie qui intervient dans un contexte politique tendu, alors que la majorité présidentielle prépare activement le terrain d’une révision constitutionnelle. Le 30 avril dernier, le député Paul-Gaspard Ngondankoy a défendu devant l’Assemblée nationale une proposition de loi de 93 articles visant à encadrer l’organisation d’un référendum, avec à la clé un mécanisme de changement constitutionnel via une Assemblée constituante. Ce texte avait été déposé dès décembre 2024. La guerre comme argument Élu en 2018 puis réélu en 2023, Tshisekedi arrivera au terme de son second, et constitutionnellement dernier, mandat en 2028. Mais le président a également posé une condition à la tenue du prochain scrutin présidentiel. « Si on ne peut pas terminer cette guerre, malheureusement, on ne pourra pas organiser les élections en 2028 », a-t-il averti, évoquant l’exemple de l’Ukraine. Il a précisé que le scrutin ne saurait être organisé sans la participation du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, deux provinces orientales sous emprise du M23 soutenu par le Rwanda. Sur les slogans de ses partisans favorables au maintien au pouvoir, Tshisekedi a relativisé : « Mes partisans, c’est tout à fait normal qu’ils vantent et qu’ils amènent leurs arguments avec des slogans. Ne prenons pas ça en compte. C’est vraiment de l’ordre du débat. » Opposition et Église vent debout Ces déclarations ont immédiatement suscité des réactions. Le cardinal Fridolin Ambongo a dénoncé le projet de révision constitutionnelle, estimant qu’il détourne l’attention des crises que traverse le pays. L’opposant Delly Sessanga a quant à lui accusé le pouvoir d’instrumentaliser la guerre pour geler la vie démocratique, rappelant que Tshisekedi lui-même avait, en 2016, combattu dans la rue le « glissement électoral » orchestré par son prédécesseur Joseph Kabila. Face aux critiques, le président s’est défendu. « Je ne veux pas m’accrocher au pouvoir, mais je veux servir mon pays », a-t-il affirmé, se présentant comme le garant de la stabilité et de la dignité de la RDC. AC/Sf/APA |