| Kenya : Echange de dette contre sécurité alimentaire |
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@rib News, 10/09/2025 – Source Reuters Le Kenya prépare un échange dette contre sécurité alimentaire d'un milliard de dollars, une première mondiale Le Kenya prévoit de mettre en oeuvre un échange pionnier « dette contre sécurité alimentaire » d'un montant d'un milliard de dollars d'ici mars prochain, selon un document du ministère des Finances consulté mardi, alors que le pays cherche des solutions innovantes pour alléger le poids de sa dette. Ce dispositif s'inspirerait du modèle des échanges « dette contre nature » réalisés ces dernières années par plusieurs pays, qui bénéficient de taux d'intérêt réduits en échange de mesures de protection de l'environnement.
Selon des experts financiers, un échange dette contre sécurité alimentaire permettrait à un pays de remplacer sa dette existante, souvent coûteuse, par un financement à moindre coût, à condition que les économies réalisées soient consacrées à des programmes visant à renforcer la sécurité alimentaire. Les responsables du ministère des Finances n'ont pas pu être joints pour commenter, mais le ministre des Finances, John Mbadi, avait déclaré plus tôt cette année à une chaîne de télévision locale que le gouvernement était en discussions avancées sur un échange impliquant la participation du Programme alimentaire mondial. Le gouvernement du président William Ruto consacre environ un tiers de ses recettes aux paiements d'intérêts sur la dette, soit l'un des ratios les plus élevés au monde, et cherche activement à réduire ses dépenses liées à l'endettement. Les accords d'échange de dette axés sur des bénéfices sociaux ou environnementaux deviennent un outil de financement de plus en plus prisé dans les régions les plus pauvres. Ces dernières années, des pays comme l'Équateur, le Belize et le Gabon ont conclu des accords « dette contre nature ». La Côte d'Ivoire a franchi une nouvelle étape en décembre dernier en réalisant le premier échange « dette contre éducation » d'envergure, avec le soutien d'une « garantie de crédit » de la Banque mondiale. Ces garanties servent à convaincre les créanciers de réduire le coût des emprunts. Le Kenya, première économie d'Afrique de l'Est, affichait une dette publique totale équivalente à 67,8 % de son PIB à la fin juin, selon le document du ministère des Finances intitulé « plan annuel d'emprunt ». Le gouvernement prévoit également d'emprunter 500 millions de dollars via des obligations liées à la durabilité d'ici mars 2026, un prêt de la Banque mondiale de 757 millions de dollars d'ici mars prochain, et un autre prêt de 457 millions de dollars en juin, selon ce même document. Le Kenya cherche également à réduire le coût de sa dette en recourant à la titrisation et en convertissant un prêt ferroviaire de 5 milliards de dollars en devise chinoise, a-t-il récemment indiqué. Source Reuters - Traduit par Zonebourse
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