L'Afrique du Sud rouvre l'enquête sur la mort de Steve Biko, 48 ans après les faits
Afrique

@rib News, 14/09/2025 – Source Reuters

L'Afrique du Sud rouvre l'enquête sur la mort de Steve Biko, leader anti-apartheid, 48 ans après les faits

 Un tribunal sud-africain a rouvert l'enquête sur la mort du leader anti-apartheid Steve Biko, exactement 48 ans après son décès des suites de blessures cérébrales alors qu'il était détenu par la police. Cette affaire, qui avait bouleversé le monde, avait contribué à accentuer la pression pour mettre fin au régime de la minorité blanche.

La démarche, soutenue par les représentants légaux de la famille Biko, vise à déterminer si la mort de Steve Biko implique un acte criminel, a annoncé vendredi le National Prosecuting Authority (NPA) sud-africain.

Steve Biko, fondateur du Mouvement de la Conscience Noire, est décédé en détention le 12 septembre 1977, apparemment à la suite de tortures infligées par des membres de la Special Branch du régime d'apartheid, une entité policière chargée du renseignement.

Aucun des responsables n'a jamais été poursuivi. L'enquête menée en 1977 avait conclu que Biko était mort des suites de blessures subies lors d'une prétendue altercation avec des policiers, sans qu'aucune responsabilité pénale ne soit retenue.

En 1999, la Commission vérité et réconciliation d'Afrique du Sud avait décidé de ne pas accorder l'amnistie aux policiers impliqués, dont deux sont toujours en vie, selon le NPA.

« Le NPA et ses partenaires poursuivront leurs efforts pour traiter les atrocités du passé et aider à apporter une forme de clôture à la famille Biko ainsi qu'à la société dans son ensemble », indique le communiqué.

Trois décennies après la fin du régime de la minorité blanche, l'Afrique du Sud est encore confrontée à des crimes non résolus commis sous l'apartheid.

Plus tôt cette année, le président sud-africain Cyril Ramaphosa a mis en place une commission judiciaire chargée d'établir si des tentatives ont été faites pour empêcher l'enquête ou la poursuite des crimes de l'ère de l'apartheid, à la suite d'une plainte déposée par les familles des victimes.

Le NPA a précisé que l'enquête rouverte a été ajournée au 12 novembre pour une gestion de dossier devant la Haute Cour d'Afrique du Sud, division du Cap-Oriental.

Source Reuters - Traduit par Zonebourse